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« “Gustavo Gutiérrez a ouvert un chemin nouveau
et prometteur à la pensée théologique”. “Il a
découvert une nouvelle manière de faire de la
théologie”. Ces mots du théologien Leonardo Boff
sonnent juste. La théologie, en Amérique latine
et dans les Caraïbes, avait pour caractéristique
de répéter ou synthétiser des pensées
étrangères. Gutiérrez crée, à la fin des années
60, une méthode théologique à partir de et pour
l’Amérique latine pauvre et opprimée. Il a donné
à cette réflexion de la foi, qui part du revers
de l’histoire, le nom de
théologie de la libération.
Gustavo Gutiérrez est le premier
Latino-Américain à se situer sur un pied
d’égalité avec les grands créateurs au sein de
l’histoire de la théologie. » C’est par ces
phrases que l’auteur de cette interview,
Angel Dario Carrero ofm, poète, journaliste
et théologien portoricain, présente Gustavo
Guttiérez.
Quand commencez-vous à assumer, comme point de
départ de la théologie, la réalité de la
violence et de la pauvreté en Amérique Latine et
aux Caraïbes ?
J’ai commencé à travailler en mars 64. Il y eut
une réunion organisée par Ivan Illich. Je
l’avais connu quand j’étais encore à Porto Rico
en 60. Ce fut Ivan qui invita à une réunion à
Petropolis [Brésil] pour que nous disions
comment nous voyions le travail de la théologie
en Amérique Latine.
Et quel a été votre apport ?
J’ai parlé de la théologie comme d’une réflexion
sur la pastorale et sur la vie chrétienne. C’est
ce que j’ai formulé plus tard comme réflexion
critique sur la praxis à la lumière de la foi.
La première chose qui apparaît, n’est-ce pas
l’établissement d’une méthode qui part de la vie
réelle pour la transfigurer à la lumière de la
Parole et ouvrir des chemins concrets de
libération ?
C’est cela. J’ai passé pratiquement toutes mes
études de théologie en étant extrêmement
préoccupé par la question de la méthode. D’où la
phrase : « Notre méthodologie est notre
spiritualité. »
Le thème de la proximité avec les pauvres n’est
pas nouveau, mais est nouvelle la recherche des
causes de la pauvreté et la lutte contre la
pauvreté comme faisant partie de l’identité
chrétienne. Quand commence cette transition ?
On m’a invité à parler de la pauvreté à Montréal
en 67. Je voulais prendre de la distance
vis-à-vis de Voillaume, l’auteur de Au cœur
des masses, parce que, lui, évitait toute
perspective trop sociale au sujet de la
pauvreté ; mais la vérité est que l’on ne peut
éviter le fait social. J’ai parlé de trois
notions bibliques sur la pauvreté : la première,
la pauvreté réelle ou matérielle, toujours vue
comme un mal. La seconde est la pauvreté
spirituelle, comme synonyme de l’esprit
d’enfance spirituelle. La pauvreté spirituelle
consiste à remettre ma vie entre les mains de
Dieu. Le détachement des biens est la
conséquence de la pauvreté spirituelle. Et la
3ème dimension est la solidarité avec les
pauvres contre la pauvreté. Voillaume parlait de
la nécessité d’être pauvre. Très bien. Mais dans
quel but ? Quel sens cela a-t-il ? Ce n’est pas
uniquement pour ma propre sanctification. Il
fallait réfléchir à ce que cela signifie pour
l’autre.
Un autre élément important de cette
architectonique initiale ?
Une préoccupation : comment annoncer l’Évangile
aujourd’hui ? La théologie est faite pour
annoncer l’Évangile au service de l’Église, de
la communauté. Tant de facultés pensent à la
théologie comme une métaphysique religieuse, non
comme l’annonce historique de libération.
Quand commence à être appelé « théologie de la
libération » ce nouveau mode de penser la foi à
partir de la perspective du pauvre et de
l’exclu ?
Cela doit être le 22 juillet 1968 à Chimbote
(Pérou). On m’a demandé de parler de « théologie
du développement » et je m’y suis refusé. Je
leur ai dit que je parlerai de théologie de la
libération, ce qui était plus approprié à notre
contexte. Autre chose qui était à la mode,
c’était la « théologie de la révolution », avec
laquelle j’ai pris aussi mes distances. Le
danger de cette dernière était de prétendre
christianiser un fait politique.
A la différence d’autres, vous n’avez jamais été
d’accord avec des partis ou des groupes comme la
Démocratie chrétienne ni avec Chrétiens pour le
Socialisme, malgré l’accent que vous mettiez sur
la dimension politique de la foi. Pourquoi ?
Je n’ai jamais aimé qu’on utilise le mot
« chrétien » comme un adjectif. Le mot
« chrétien » est un substantif. J’ai toujours
dit : « Je suis chrétien pour le Christ non pour
le socialisme. » Que comme chrétien quelqu’un
prenne une option pour le socialisme, c’est
autre chose, mais je ne peux déduire le
socialisme d’un cheminement à travers la Bible.
De la Bible, je déduis l’option pour la justice,
l’option pour le pauvre. Les gens qui ne
comprennent pas cela disent : « Hé, mais toi tu
refuses la politique, tu es du côté adverse. »
Je réponds que je crois aussi à l’autonomie du
social et du politique.
Quand naît l’idée de faire le livre
Théologie de la libération, perspectives qui
deviendra le texte fondamental de la théologie
latino-américaine contemporaine ?
En réalité, je n’ai pas pensé écrire un livre en
tant que tel. Je travaille sur les thèmes qui
m’intéressent et peu à peu le livre prend forme.
Au début de 1969, peu après Medellin, une
commission œcuménique sur les thèmes du
développement m’invita à Genève. J’ai alors
retravaillé le rapport que j’avais fait à
Chimbote et c’est ainsi que j’ai continué à
l’étoffer.
Avez-vous eu une offre concrète d’une maison
d’édition ?
Non, mais Miguel d’Escoto, de Maryknoll, qui
venait de fonder Orbis Books est passé. Il a vu
le livre et m’a dit : « Je le publie. » Ce fut
le premier livre publié par cette maison
d’édition. Il l’a fait traduire et l’a publié en
1973 ; cela a été le livre le plus vendu de
cette maison. Ensuite, est passé l’éditeur de
Sigueme d’Espagne, et il a fait pareil. Il y en
eut un autre qui s’est intéressé : Gibellini.
L’édition italienne est même antérieure à
l’espagnole. Maintenant le livre est traduit en
10 ou 12 langues, en vietnamien aussi et en
japonais.
Quelle est la principale opposition qui frappe
le livre ?
Je dirais que plus qu’au livre, c’était à la
théologie de la libération que l’on s’opposait.
Il y avait beaucoup de gens qui écrivaient ; on
critiquait la perspective marxiste de l’analyse
de la société, mais je ne me sentais pas visé.
Cependant, l’opposition la plus forte que nous
avons eue n’a pas été au sein de l’Église, mais
dans quelques composantes de la société civile,
dans les pouvoirs établis, économiques,
militaires, politiques.
La discussion ouverte est signe d’une théologie
qui dit quelque chose à l’homme et à la femme
d’aujourd’hui, qui génère un dialogue critique,
non seulement à l’intérieur de l’Église, mais
aussi avec la société.
Une bonne partie des réactions provient de
l’accueil que le livre reçut. Si j’étais resté
dans un milieu d’intellectuels, il n’aurait pas
eu cet impact. Il y eut un accueil de la base,
avec même des expressions qui ne m’ont pas
convenu, mais qui naissent de la bonne volonté,
du style « J’appartiens à la théologie de la
libération », mais la théologie de la libération
n’était et n’est pas un club auquel on
s’inscrit, ni un parti. Ils se proclamaient
membres et après ils disaient ce qu’ils
voulaient et cela ne correspondait pas toujours
à ce que je pensais. Ce sont des choses
inévitables.
Mais il faut nécessairement trouver des défauts
à une théologie venue du Sud.
Un journaliste états-unien me demanda : « Que
pense la théologie de la libération de tel
problème mondial ? » Je luis répondis : « Vous
croyez que c’est un parti politique et que j’en
suis le secrétaire général ? Eh bien non ! »
J’ajoutai : « Parions que vous ne demandez pas à
Metz (Jean-Baptiste) ce que pense la théologie
politique européenne de ce problème mondial. Pas
à lui, mais à notre théologie, oui. » « Bien
sûr, parce que la première est une vraie
théologie, parce que Metz est Allemand. »
Certaines personnes réagissaient de cette
manière parce qu’elles pensent que ce qui vient
d’Amérique Latine a forcément de grands défauts.
Il faut donc qu’elles en trouvent quelque part.
Si c’est latino-américain, il doit y avoir
quelque prise de position bizarre. Ce qu’elles
veulent, c’est chosifier la théologie.
Si on se laisse seulement guider par ce qui est
écrit dans la presse, il semble bien que vous
ayez été condamné par l’Église. Et ce n’est pas
certain.
C’est curieux. Dans mon cas, il n’y a jamais eu
condamnation, pas même un procès, mais bien ce
qui est appelé dialogue, des questions
auxquelles j’ai toujours été disposé à répondre.
Ce type de dialogue vous paraît-il valable ?
Depuis toujours, je crois que la théologie se
fait à l’intérieur de l’Église. Dans l’Église,
il y a des charismes divers. A celui qui écrit
de la théologie, on peut demander de rendre
compte de sa foi, comme nous rendons compte de
notre espérance. A ce niveau de questions, il
n’y a pas lieu de s’estimer offensé.
Combien de temps dura le dialogue ?
Il a débuté en 1983 et il s’est terminé de
plusieurs manières, mais avec un papier
officiel, cela fait 5 ans. Pendant longtemps,
tout est resté en silence. Il n’y a rien eu
contre moi.
Que dit le texte officiel ?
L’expression est que « tout s’est terminé de
manière satisfaisante ».
Avez-vous plusieurs fois rencontré en tête à
tête le Cardinal Joseph Ratzinger ?
Oui, la plupart du temps, je n’ai pas été
convoqué, c’est moi qui ai pris l’initiative.
Ratzinger est un homme intelligent, poli et,
tout en gardant sa propre mentalité, qui a
évolué et compris beaucoup de choses. Une fois,
à Rome, il m’a dit avoir lu mon livre sur Job.
(C’est moi qui lui envoyais mes livres. J’ai
toujours pensé que la distance crée des
fantasmes.) Il m’a dit qu’il l’avait aimé et que
nous, les théologiens du Sud, nous avions de la
poésie, que la théologie européenne était plus
froide.
Votre manière de procéder a toujours été peu
conflictuelle, profondément ancrée dans le
dialogue et dépourvue de dramatisation. Certains
croient qu’elle correspond à votre personnalité,
mais je crois qu’il y a là quelque chose de
profondément ecclésial.
Exact. Tout cela vient de ce que le monde qui
parle le plus à ma vie n’est pas le monde
intellectuel. Ce n’est pas la défense de mes
idées parce que ce sont mes idées. Je suis
intéressé par la vie de l’Église, l’annonce de
l’Évangile et la vie des conférences
épiscopales.
La théologie porte la marque de son temps. Nous
entrons visiblement dans une autre période où
l’on ne ressent pas la même urgence et où
s’ouvrent d’autres routes à la foi.
Jusqu’à 40 ans, je n’ai jamais parlé de la
théologie de la libération et je crois que
j’étais un vrai chrétien. Ainsi donc je serai
chrétien après la théologie de la libération.
Quand on me dit que maintenant la théologie de
la libération est morte, je réponds : « eh bien,
je n’ai pas été invité à l’enterrement, pourtant
je crois que j’avais quelque droit. » Après
j’ajoute : « Voyez-vous, je crois que oui, elle
va mourir ». Par mourir, j’entends le fait
qu’elle n’ait plus la même urgence
qu’auparavant. Cela me paraît normal, ce fut un
apport à l’Église à un moment donné.
Je crois que vous prenez bien soin de ne pas
transformer la théologie en une idole, en une
idéologie sur la défensive.
Il ne faut pas faire d’une théologie une
nouvelle religion. C’est la tendance de la
société civile. Certains pensent que la
théologie de la libération est une sorte de
christianisme différent, le mien. Et même ils
disent cela comme un éloge, non comme une
critique. Ils ne croient pas au christianisme,
mais à la théologie de la libération, ils y
croient. Eh bien, je regrette, l’important c’est
le christianisme, pas la théologie de la
libération. La théologie de la libération ne se
comprend qu’au sein du christianisme.
Ne croyez-vous pas qu’avant on parlait de
pluralisme théologique, mais en réalité un
pluralisme limité, c’est-à-dire dans une
tournure d’esprit exclusivement européenne ?
Oui, et encore maintenant, dans le monde
universitaire théologique, on parle de nous
comme de théologie contextuelle, un mode de
pensée qui reste en étroite relation avec la
réalité. Quand on me dit cela, je leur rétorque
pour les déranger : « oh, vous avez une bien
mauvaise idée de la théologie européenne. Vous
êtes en train de me dire qu’elle n’est pas
contextuelle, que c’est une théologie qui n’a
pas de lien avec la réalité. Une théologie qui
plane. Je ne crois pas cela. »
Avez-vous dû lutter contre une certaine
propension à la supériorité ?
Beaucoup. Appeler contextuelle une théologie et
non contextuelle l’autre est un exemple. Tout
mode de pensée correspond à un contexte. Plus
qu’un refus de la théologie de la libération, il
s’agit d’une communication avec un échelon
inférieur, comme si nous étions quelque chose de
subalterne. Il y a beaucoup de choses dans ce
style. On acceptait les idées, mais on
critiquait la théologie de la libération.
Qu’est-ce que cela signifie ?
Nous étions habitués à ce que la théologie
dialogue seulement avec la philosophie et non
avec les sciences sociales. C’est une nouveauté
qui a été difficilement acceptée au début.
C’est curieux, parce qu’aujourd’hui les sciences
sociales sont en plein au coeur de la théologie.
Cette critique envers la théologie de la
libération est maintenant dépassée. Et tout cela
se produit, pourtant nous n’avons jamais dit que
les sciences sociales remplaçaient la
philosophie dans la théologie, nous ne faisions
qu’ouvrir l’éventail des lumières et des
disciplines pour travailler le mystère chrétien.
En outre, toute théologie véritablement
créatrice génère des résistances. C’est
l’épreuve du feu de sa valeur.
C’est évident. Voyez la réaction face au
dialogue de Teilhard de Chardin avec les
sciences naturelles. Et l’exemple classique de
Saint Thomas d’Aquin. (Je parle là d’un géant
face à notre théologie naine comme l’est la
théologie de la libération). A Thomas d’Aquin on
opposa des résistances énormes, il fut condamné
par l’Université de Paris et il fallut des
siècles pour qu’il pût être reconnu. Il a
introduit une philosophie qui venait d’un païen,
il l’a repensée, reprise, mélangée.
Croyez-vous que nous sommes maintenant à un
moment nouveau et meilleur ?
La chose la plus dure et la plus polémique fait
partie du passé. Elle doit subsister pour les
historiens. Et c’est très bien de dire qu’elle
est dépassée. Si quelque chose est réellement
mort c’est cette polémique. Je crois qu’il est
vraiment temps de baisser le ton.
Il y a un texte dans lequel vous menez une
réflexion sur le contexte actuel de la
mondialisation et de la postmodernité et sur les
défis qu’il pose à la théologie. Je me réfère à
l’essai « Où dormiront les pauvres ? ». Vous
commencez à y faire une critique de la tentation
de faire de la théologie elle-même une idole.
Quand je fais un absolu de quelque chose qui ne
soit pas Dieu, je tombe dans l’idolâtrie. J’ai
entendu dire : « théologie de la libération ou
rien ». Je n’ai jamais dit : « si vous voulez
comprendre le Christ, lisez la théologie de la
libération ». Maintenant, si quelqu’un me
demande si je crois qu’en faisant des lectures
sur la théologie de la libération il va
comprendre quelque chose d’important du
christianisme, je réponds oui. C’est provocateur
de le dire, mais la justice aussi peut devenir
une idole. J’ai vu des pauvres maltraités par
des personnes qui se croient beaucoup plus
intelligentes qu’eux politiquement. Je reste
très marqué par une réflexion de Pascal que j’ai
lue à 15 ans : « l’abus de la vérité est pire
que le mensonge ». On peut posséder la vérité et
en abuser. La personne est toujours plus
importante.
Votre réflexion la plus récente a mis en garde
aussi contre la tentation de faire du pauvre
lui-même une idole.
Cela vient du romantisme de quelques-uns. Il y a
des gens qui me disent : « J’ai tout appris du
pauvre, le pauvre est si bon ». Parfois je leur
dis en plaisantant : « vous croyez que tous les
pauvres sont bons et généreux, eh bien, je ne
vous conseille pas de venir dans mon quartier à
deux heures du matin parce que vous vous
retrouveriez comme à votre naissance, seulement
un peu plus vieux ». C’est une manière de faire
comprendre que l’option ne se prend pas parce
que le pauvre serait bon, mais parce que Dieu
est bon. Si le pauvre n’est pas bon, l’option
reste la même. Beaucoup de gens furent déçus par
leur engagement parce qu’ils croyaient que le
pauvre était bon. S’ils s’étaient lancés parce
que Dieu est bon, ils seraient encore engagés.
De fait, dans un de vos articles intitulé
« Saint Jean de la Croix en Amérique Latine »,
vous notez que ce qui pourrait nous aider à
éviter le chemin de l’idolâtrie (il ne suffit
pas de parler de libération pour libèrer),
serait de nous ouvrir à la dimension la plus
mystique de la foi.
Ce que possède la mystique, c’est la capacité de
nous aider à épurer la notion de Dieu. Si nous
voyons l’image de saint Jean de la Croix, il y a
un moment, à mi-pente de la montagne, où il dit
qu’à partir de là il n’y a plus de chemin. C’est
cela la mystique. Un cheminement vers le
Seigneur. Continuer à faire de Lui, plus on
avance dans la vie, notre unique absolu. Sans
cette dimension mystique, il n’y a pas de
véritable engagement avec les pauvres.
Cependant, il faut changer la notion de
mystique. Ce n’est pas comme on dit ici ou là :
sortir de ce monde. Il ne s’agit pas de
transmettre un message, mais de « transmettre ce
qu’on a contemplé » A cela il faut ajouter
l’intuition de Nadal : « être contemplatifs dans
l’action ».
Ce qui parfois est proclamé comme mystique, y
compris chez d’importants théologiens ou
savants, garde encore d’excessives réminiscences
néoplatoniciennes qui nient le corps de
l’histoire.
La mystique ne consiste pas à se désintéresser
de ce monde. Il y a encore des gens qui jugent
très mystique quelqu’un qui n’a pas les pieds
sur terre. Si le pauvre ne compte pas pour lui,
je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’une
expérience mystique. C’est important qu’une
mystique, la petite Thérèse de Lisieux, soit
patronne des missions.
Progressivement, il semble que vous ayez insisté
de plus en plus sur la poésie comme le meilleur
langage pour parler de Dieu. Est-ce vrai ?
La poésie est le meilleur langage de l’amour. Et
Dieu est amour. Le meilleur langage pour parler
de Dieu est la poésie. Un langage profond qui
voit le monde et voit la relation à l’autre à
partir d’une dimension et d’une profondeur que
le concept n’offre pas. Même si nous n’écrivons
pas de poésie, la théologie elle-même doit
toujours être une lettre d’amour à Dieu, à
l’Église et au peuple que nous servons.
Traduction de Sylvette Liens pour
Dial
Source (en espagnol) :
La Revista du journal
El Nuevo Dia, 22 juin 2008
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