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Le baiser de Pierre et Paul, fragment d'une fresque du Mont Athos, évoque pour nous ce moment où les deux apôtres se sont affrontés dans la ville d'Antioche (Galates 2, 11-14). Du côté de Pierre, fidélité frileuse aux coutumes juives, attachement compulsif aux traditions. Du côté de Paul, conscience aiguë de la nouveauté de l'évangile, souci de ne pas écraser les nouveaux convertis de contraintes culturelles et religieuses inutiles, conviction que juifs et païens sont égaux devant le Seigneur. Mais au-delà du conflit, il y eut l'accord profond entre les deux apôtres, tous les deux témoins du Christ ressuscité. Le conflit, on le sait, a débouché sur l'écoute et la réconciliation. D'où le baiser entre Pierre et Paul. Culture et foi ! N'y a-t-il pas conflit encore aujourd'hui entre le poids trop lourd de traditions mal démêlées et la pureté de l'évangile? Sait-on voir les apports positifs de chaque culture? Sait-on découvrir le meilleur de notre culture? Sait-on y voir l'action de l'Esprit? Les affrontements sont inévitables. Mais ne faut-il pas garder l'espoir d'atteindre, un jour, la nécessaire unité dans le respect des différences et des libertés, qui sont richesses. N'est-ce pas le sens du baiser de Pierre et de Paul?
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