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« Être un lieu de questionnement
critique des systèmes qui enferment et oppriment
(dont et surtout le système ecclésial). »
Telle était la première des
propositions des orientations et du plan d'action
du Réseau Culture et Foi (RCF) pour les années
2002-2004. Proposition pour le moins décapante et
inusitée. Les discours ecclésiaux ont plutôt
tendance â questionner certains systèmes
oppresseurs qui se trouvent toujours « dans le
monde ». Si parfois l'appareil ecclésial pèse, on
limite la critique au privé pour proposer une
espérance qui risque d'être fuite en avant.
Cependant, le RCF a l'avantage d'asseoir son
radicalisme sur des analyses articulées de la
situation actuelle.
Résumons-en à grands traits les
principaux éléments formulés par certains de ses
membres élus :
-
Refus
d'une Église « vouée à l'âge d'or » comme aussi
refus du « suicide institutionnel que représente
la disparition de l'héritage chrétien chez les
catholiques francophones du Québec ».
-
Prise de conscience de
l'autoritarisme centralisateur de Rome et de son
caractère plus que jamais clérical.
-
Refus de condamner la culture
ambiante plutôt que de s'en inspirer dans
l'expression de la foi.
-
Constat de la difficulté de
trouver une parole libre chez les évêques comme
chez les agents qui en dépendent.
-
Besoin de lieux de parole libres.
Revendiquer le
sensus fidelium
Car il y a des groupes de
chrétiennes et de chrétiens qui revendiquent le
sensus fidelium et la possibilité de prendre
part aux orientations de leurs communautés comme
de l'Église universelle. Ils font la promotion
d'une théologie dialoguale, symétrique de
l'inculturation où l'Église ne se borne pas à
convertir la culture de l'autre mais se laisse
aussi questionner voire transformer par celle-ci.
En corollaire : besoin de surveiller de près la
production du discours officiel de l'Église
institution comme ses décisions politiques. Les
membres du RCF prennent l'Église assez au sérieux
pour en suivre l'évolution concrète (encycliques,
synode, nomination d'évêque, etc.). Ce qui est
loin d'être toujours le cas pour la majorité des
croyants et croyantes, voire des théologiens et
théologiennes.
Un réseau qui réagit, forme et
informe
En termes concrets, cela se traduit
par un style d'intervention particulier. Il s'agit
d'un réseau et non d'un mouvement. Au plan
international, alliances avec d'autres groupes,
comme We Are Church ou Les réseaux du parvis. Ici,
le RCF collabore avec un grand nombre de
groupes alternatifs, jusqu'à héberger sur son site
web les pages d'un autre mouvement. Au début, le
RCF rêvait d'être constitué d'une série de petits
groupes qui s'organiseraient dans chacune des
régions du Québec. C'est l'instance nationale qui
propose des activités de formation, d'information
et d'intervention politique, voire des
célébrations liturgiques : journées annuelles sur
des questions théologiques de l'heure, pétitions
pour réagir à une position du Saint-Siège ou
encore au discours d'un évêque. À quoi s'ajoute la
publication régulière d'un bulletin et surtout un
site web exemplaire.
Vous
voulez connaître la pensée de théologiens et de
théologiennes critiques, trouver le texte d'une
encyclique qui vous rend mal à l'aise ou faire une
relecture du dernier synode, consultez le site
www.culture-et-foi.com et vous risquez d'y
trouver votre profit.
(Ce
texte de notre ami Michel-M. Campbell, professeur
à la Faculté de théologie et de science des
religions de l’Université de Montréal, est paru
dans le nouveau Journal web
Sentiersdefoi.info, en date du 9 novembre
2005)
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