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Le Groupe du manifeste d'Ottawa réagit à la
publication de l'Exhortation apostolique
post-synodale sur l'Eucharistie.
L'Exhortation apostolique post-synodale sur l'Eucharistie de
Benoît XVI sème la déception et la tristesse
chez les catholiques au Canada. Dans cette
Exhortation adressée à l'Église universelle,
rien n'indique que l'on s'apprête au Vatican, à
reconsidérer la discipline du célibat
obligatoire pour les prêtres et la règle de
l'exclusion des femmes. Ce qui veut dire que de
plus en plus d'églises vont fermer et que de
plus en plus de communautés chrétiennes seront
privées de prêtres.
Ce document se veut un résumé
des échanges et
des conclusions du Synode
des évêques tenu à Rome en octobre 2005. Le pape
rappelle la place et l'importance de
l'Eucharistie dans la vie des communautés
chrétiennes. Après avoir réaffirmé « qu'aucune
communauté chrétienne ne peut s'édifier si elle
n'a pas sa racine et son centre dans la
célébration eucharistique » et que « la
diminution du nombre des prêtres […] rend
parfois impossible la célébration de la messe
dominicale en certains lieux », la porte n'en
demeure pas moins fermée à l'ordination d'hommes
mariés et à l'évidence à celle de l'ordination
des femmes. On n'y trouve pas davantage
d'ouverture à la réintégration des milliers de
prêtres mariés qui se déclarent prêts à servir.
Au contraire, insistant sur le célibat
obligatoire, le pape écrit : « J'en confirme
donc le caractère obligatoire pour la tradition
latine. » Comme si la règle du célibat était
plus importante que la célébration de la messe
du dimanche dans nos paroisses.
Pourtant de nombreux évêques catholiques, à travers le monde,
sensibles aux besoins des communautés
chrétiennes dans leur pays et aux attentes
clairement exprimées par les fidèles ont demandé
que soient reconsidérées ces règles. Les évêques
du Canada entre autres sont intervenus avec
insistance. Tant dans le cadre du synode que
lors de leurs visites ad limina, ils ont exposé,
avec lucidité et honnêteté, la situation de
l'Église canadienne au-delà des différences
régionales.
Évoquant la situation des communautés locales, le discours
des évêques a été unanime : « Le nombre de
personnes engagées en pastorale – et
particulièrement des prêtres – est en constante
diminution et la moyenne d'âge est de plus en
plus élevée. » Le résultat est désastreux : de
plus en plus de chrétiens se sentent abandonnés,
sans pasteurs; de plus en plus de paroisses
n'ont plus la messe le dimanche. De plus en plus
de prêtres âgés de plus de 60 ans sont
responsables de deux, trois et quatre paroisses.
On se souviendra que déjà en 1970, dans le cadre
du premier synode international tenu à Rome, les
évêques du Canada s'étaient déclarés favorables
à l'ordination d'hommes mariés.
Malheureusement, ces interventions des évêques se sont
heurtées à une fin de non-recevoir de la part de
Rome. On aurait pu espérer que le Synode des
évêques d'octobre 2005 débloque la situation
désastreuse qui afflige la plupart des pays
d'Europe et d'Amérique. Rien n'a bougé. Et
l'Exhortation de Benoît XVI emprunte la même
voie. La réponse apportée par l'Exhortation se
résume à deux choses : prier pour les vocations
et procéder à la réorganisation des paroisses,
ce qui veut dire, en pratique, les fermer les
unes après les autres, comme si la preuve
n'était pas faite que cette approche débouche
sur la détérioration constante de la situation.
D'où la grande déception qui ne manquera, une
fois de plus, de dévaster des milliers de
catholiques et sans doute de nombreux évêques.
Face à l'attitude inflexible de Rome, une question se pose.
Les évêques auront-ils le courage d'être fidèles
à leurs convictions et de poser des gestes
concrets? Une autre sorte d'Église est possible.
Vont-ils s'employer à la construire? Dans
l'immédiat, il faut identifier, en lien étroit
avec les communautés locales, les personnes,
hommes ou femmes, susceptibles d'assumer la
tâche de pasteur. Assuré d'une formation
résolument axée sur l'Évangile, il restera à les
ordonner. Enfin, ne pourrait-on pas espérer un
Motu Proprio du pape qui libérerait l'action
pastorale des évêques leur permettant de
répondre à la situation dramatique vécue
présentement dans l'Église catholique?
Les chrétiens ont le droit d'espérer que l'Église canadienne
prenne le virage qui s'impose. Les évêques ne
peuvent pas accepter de présider à la mort de
nos communautés les unes après les autres. Ils
n'ont pas le droit de laisser tomber les
communautés chrétiennes en espérant un
changement qui s'est déjà trop fait attendre.
Bref, les évêques doivent maintenant poser les
gestes lucides et courageux qui s'imposent, non
pas en opposition à Rome, mais en réponse aux
besoins pressants de l'heure, sachant que
derrière eux se trouvent des milliers de fidèles
qui les soutiennent.
Guy
Morrissette
Pour « Le Groupe du Manifeste d'Ottawa »
Guy Morrissette
1694 Sunview
Orléans (Ontario) K1C 7M8
(613) 824-7788
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