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Sur la levée des
excommunications :
« Dans l’homélie que j’ai
prononcée à l’occasion de l’inauguration
solennelle de mon pontificat, je disais que le
devoir explicite du Pasteur est d’appeler à
l’unité, et, commentant les paroles évangéliques
relative à la pêche miraculeuse, j’ai dit : «Et,
malgré cette quantité, le filet ne s’était pas
déchiré » et je poursuivais, après, avec ces
paroles évangéliques : « Hélas, Seigneur
bien-aimé, aujourd’hui le filet s’est déchiré,
aurions-nous envie de dire avec tristesse ». Et
je continuais : « Mais non – nous ne devons pas
être tristes ! Réjouissons-nous de ta promesse,
qui ne déçoit pas, et faisons tout ce qui est
possible pour parcourir la route vers l’unité
que tu as promise. Ne permets pas que ton filet
se déchire et aide-nous à être des serviteurs de
l’unité ! »
C’est justement pour accomplir ce
service de l’unité, qui qualifie de manière
spécifique mon ministère de Successeur de
Pierre, que j’ai décidé il y a quelques jours de
concéder la levée de l’excommunication encourue
par les quatre évêques ordonnés en 1988 par Mgr
Lefebvre sans mandat pontifical. J’ai accompli
cet acte de miséricorde paternelle parce que ces
évêques m’ont manifesté à plusieurs reprises la
vive souffrance pour la situation dans laquelle
ils se trouvaient. J’espère que mon geste sera
suivi de leur part d’un engagement à accomplir
les pas successifs, nécessaires pour réaliser la
pleine communion avec l’Eglise, témoignant ainsi
une vraie fidélité et une reconnaissance
véritable du magistère et de l’autorité du pape
et du Concile Vatican II.
Sur la Shoah :
Dans ces jours où nous nous
souvenons de la Shoah, il me revient en mémoire
les images que j’ai enregistrées au cours de mes
visites à Auschwitz, un de ces camps dans
lesquels s’est déroulé le massacre atroce de
millions de juifs, de victimes innocentes d’une
haine raciale et religieuse aveugle. Alors que
je renouvelle avec affection ma solidarité
pleine et indiscutable avec nos frères
destinataires de la première Alliance, j’espère
que la mémoire de la Shoah pourra entraîner
l’humanité à réfléchir sur le pouvoir
imprévisible du mal quand il conquiert le cœur
de l’homme. Que la Shoah soit pour tous un
avertissement contre l’oubli, contre la négation
ou le réductionnisme; parce que la violence
faite contre un seul être humain est violence
contre tous. Aucun homme n’est une île, a dit un
poète célèbre. Que la Shoah enseigne
spécialement aussi bien aux anciennes qu’aux
nouvelles générations que seul le chemin
difficile de l’écoute et du dialogue, de l’amour
et du pardon, conduit les peuples, les cultures
et les religion du monde à l’objectif souhaité
de la fraternité et de la paix dans la vérité.
Que jamais plus la violence n’humilie la dignité
de l’homme ! »
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