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Le
premier décembre 2004 marquait la 17e
Journée mondiale sur le sida. À cette
occasion, l’organisme Catholics
for a Free Choice par le truchement de son programme
Condoms4Life (Condoms pour
la vie) a décerné son prix Bon Pasteur à
des évêques catholiques de quatre pays différents
qui ont appuyé l’utilisation de condoms dans
certaines circonstances.
Selon Frances Kissling, présidente de Catholics
For A Free Choice , l’Église catholique au
cours de cette année a exercé une influence et positive
et négative sur la pandémie du sida et sur la
promotion d’une politique de prévention de cette
maladie. Elle ajoute que son organisme est
heureux de décerner ses prix aux évêques qui ont
démontré compassion et un bon sens de la justice
lorsque confrontés au sida. Par le fait même,
Condoms4Life veut aussi attirer l’attention
sur ces évêques qui, par leurs actions, mettent la
vie des sidéens en danger.
De
la totalité des centres actifs dans le traitement
du sida, 26,7% sont administrés par l’Église
catholique, ce qui en fait un joueur majeur dans
ce domaine. Toutefois, les personnes qui
s’adressent aux centres gérés par l’Église
catholique risquent de ne pas recevoir une
information adéquate sur l’utilisation de condoms
comme moyen préventif. Le programme
Condoms4Life a donc décidé d’octroyer des prix
à des évêques qui ont eu l’audace de se prononcer
publiquement pour l’utilisation de condoms comme
moyen préventif contre la dissémination du virus.
Les
Bons Pasteurs.
Cette année, Condoms4Life a décerné son
prix de Bon Pasteur à La Commission pour la
santé de la Conférence des évêques catholiques de
l’Inde. Depuis le mois de septembre dernier
et cela malgré l’opposition de Rome, l’Église de
l’Inde développe une politique sur la prévention
du sida qui comprend un volant d’information sur
les condoms. Il n’est pas question de promouvoir
l’utilisation de condoms, dit James Veliath,
coordonnateur du programme dans le Nord du pays
pour la Conférence épiscopale. Mais l’information
serait disponible à tous et toutes. Selon Veliath,
lorsqu’un couple manifeste le désir d’utiliser des
condoms, on leur conseillerait d’en parler à leur
pasteur et ensuite de se laisser guider par leur
conscience. Condoms4Life souligne le
courage des onze évêques qui ont élaboré cette
politique.
Les
évêques de l’Inde ne sont pas seuls dans la
recherche d’une solution de bon sens dans cette
affaire. En janvier dernier, lors d’une émission
de télévision, le cardinal Godfried Danneels
de Belgique a adopté une position très nuancée sur
la prévention du sida. Réaffirmant la position de
l’Église sur l’abstinence, le cardinal ajoute que
les condoms devraient être utilisés par les
personnes à risque. Selon le cardinal « si une
personne porteuse du VIH manifeste le désir
d’avoir des relations sexuelles avec son ou sa
partenaire, elle devrait utiliser le condom. Du
point de vue moral, l’utilisation d’un condom dans
cette situation est tout à fait différente de son
utilisation dans le seul but de réduire le nombre
de naissances. »
C’est Mgr Kevin Dowling de Rustenburg
en Afrique du sud
qui fut le troisième récipiendaire du titre de Bon
Pasteur. Devant un auditoire de 200 étudiants du
Boston College au Massachusetts il
affirmait que l’abstinence avant le mariage et la
relation avec son unique partenaire était la voie
à suivre pour mener une bonne vie et éviter les
infections. Cependant, l’Église et ses ministres
devraient offrir toutes les options relatives aux
relations sexuelles, l’une étant l’utilisation de
condoms, non pas pour éviter les naissances mais
pour combattre la prolifération du virus de la
mort. Selon lui, si l’Église permet l’utilisation
de moyens contraceptifs par voie orale pour
contrôler les menstruations elle devrait
autoriser l’utilisation de condoms pour fin
médicale, c’est-à-dire pour arrêter la pandémie du
virus du sida. Ce principe devrait à tout le
moins être sujet de discussion dans l’Église.
Finalement, le titre de Bon Pasteur fut décerné au
Cardinal Cormac Murphy-O’Connor de
Westminster en Angleterre. Lors d’une entrevue
qu’il accordait au journal The Independent
de Londres, le cardinal appuyait publiquement la
position prise par le cardinal Danneels. Comme ce
dernier, le cardinal Murphy-O’Connor affirme que,
si objectivement l’usage du condom est un mal, il
existe des situations où son utilisation devrait
être permise, par exemple lorsqu’existe un réel
danger qu’une relation sexuelle mène à la mort.
On ne devrait toutefois pas faire une loi
universelle basée sur ce cas particulier.
Condoms4Life
applaudit aussi le CAFOD (Catholic Agency for
Overseas Development) d’avoir développé une
stratégie globale imbue de compassion visant le
contrôle du sida.
Les Brebis Perdues
Par
ailleurs, Condoms4Life a décerné le titre
de Brebis Perdues au cardinal Alfonso Lopez
Trujillo, président du Conseil épiscopal sur la
famille, parce qu’il met en doute l’efficacité du
condom dans la prévention du sida. Pour les mêmes
raisons, le même titre est aussi décerné aux
évêques de Croatie. Enfin, le cardinal Emmanuel
Wamala de Kampala devient lui aussi une Brebis
Perdue pour l’appui qu’il a donné à une femme qui
s’est soumise sans protection à des relations
sexuelles avec son partenaire porteur du virus. À
la BBC, il a affirmé que l’usage du condom était
un mal et qu’elle avait donc pris la bonne
décision.
Chaque récipiendaire du titre de Bon Pasteur
recevra une plaque indiquant sa contribution à la
prévention du sida et Condoms4Life versera,
au nom de l’évêque, un don de 500 $ à un
organisme œuvrant dans le domaine de la prévention
du sida.
Condoms4Life
versera aussi un octroi au nom des Brebis Perdues à des
organismes qui luttent activement pour la
prévention du sida par tous les moyens, incluant
l’usage de condoms.
(Traduction et résumé:
Jean Trudeau)
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