CITÉ
DU VATICAN, vendredi 25 mai 2001 (ZENIT.org)
– Comment peut-on améliorer les relations des
évêques entre eux et des évêques avec le pape?
Cette question a été au coeur des débats du
consistoire extraordinaire des cardinaux qui vient
de se dérouler à Rome du 21 au 24 mai.
En termes théologiques, il s'agit du thème de la
«collégialité»: le pape qui gouverne l'Eglise
catholique en communion avec les évêques du
monde entier.
Au moins huit des soixante cardinaux ayant pris la
parole, ont abordé le thème de la collégialité.
Jean-Paul II avait d'ailleurs mis cette question
à l'ordre du jour des discussions du consistoire.
Dans sa lettre apostolique Novo millennio ineunte
(n. 44), il explique: «Le nouveau siècle devra
nous voir engagés plus que jamais à valoriser et
à développer les domaines et les moyens qui,
selon les grandes orientations du Concile Vatican
II, servent à assurer et à garantir la
communion. Comment ne pas penser, avant tout, à
ces services spécifiques de la communion que sont
le ministère pétrinien et, en étroite relation
avec lui, la collégialité épiscopale? Il s'agit
de réalités qui ont leur fondement et leur
consistance dans le dessein même du Christ sur l'Église,
mais qui, en raison de cela, ont continuellement
besoin d'une vérification qui en assure
l'authentique inspiration évangélique.»
Dans sa lettre, le Saint Père reconnaît qu'«on
a fait beaucoup aussi depuis le Concile Vatican II
en ce qui concerne la réforme de la Curie
romaine, l'organisation des Synodes, le
fonctionnement des Conférences épiscopales».
Mais il conclut qu'il «reste certainement
beaucoup à faire pour exprimer au mieux les
potentialités de ces instruments de la communion,
particulièrement nécessaires aujourd'hui où il
est indispensable de répondre avec rapidité et
efficacité aux problèmes que l'Église doit
affronter au milieu des changements si rapides de
notre temps».
L'un des premiers cardinaux à aborder le sujet a
été le cardinal de Westminster, en Angleterre,
Cormac Murphy-O'Connor, qui a demandé «un examen
sérieux de la méthode de travail des Synodes».
«Jamais Pierre sans les onze, mais jamais les
onze sans Pierre», a-t-il déclaré.
Le cardinal syrien Ignace Moussa I Daoud, préfet
de la Congrégation pour les Eglises Orientales, a
demandé «que l'on prenne davantage en considération
la fonction des Synodes orientaux dans la
nomination des évêques».
Le cardinal Achille Silvestrini, ancien préfet de
la Congrégation pour les Eglises Orientales, a
fait remarquer que parfois, les Synodes sont «des
monologues sans débat ni réponse».
Mais celui qui a donné le plus d'importance à
cette question est sans doute le cardinal Godfried
Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, qui a
organisé une conférence de presse mercredi
dernier. Le primat de Belgique a proposé d'offrir
à l'évêque de Rome une consultation plus fréquente
des évêques qui sont «sur le terrain». Le
cardinal propose que les évêques se réunissent
en synodes, mais que les synodes soient organisés
différemment.
«Tel qu'il est organisé, le Synode ne favorise
pas le développement d'une authentique culture du
débat au sein du <collège> des évêques réuni
autour du pape», a expliqué le cardinal hier,
dans un entretien au quotidien italien Il
Corriere della Sera. «Dans la salle du
Synode, il n'y a pas de véritable discussion. On
assiste d'abord à une longue série
d'interventions libres, dans lesquelles on parle
de tout pendant deux semaines. On manque ensuite
de temps pour concentrer son attention sur les
points spécifiques et pour tirer des conclusions
efficaces. On écrit quelque chose en une nuit et
on laisse tout entre les mains du pape.»
Le cardinal Bernard Francis Law, archevêque de
Chicago, a présenté une proposition très concrète
à l'assemblée du consistoire. Il a proposé
l'organisation de «Synodes annuels sans thème»,
plus brefs, avec un échange libre sur les
questions actuelles.
Au cours de l'homélie qu'il a prononcé lors de
la messe de clôture du consistoire, hier matin,
Jean-Paul II a fait des suggestions intéressantes
dans ce sens.
«La nature missionnaire de l'Eglise, qui part du
Christ, trouve un soutien dans la collégialité
épiscopale et a été encouragée par le
Successeur de Pierre, dont le ministère vise à
promouvoir la communion dans l'Eglise,
garantissant l'unité dans le Christ de tous les
fidèles.»
Un thème qui sera abordé en octobre prochain,
lors du Synode qui aura précisément pour thème
la figure de l'évêque. «Le consistoire a
longuement réfléchi à certains de ces problèmes,
en offrant des analyses profondes et en proposant
des solutions. Certaines de ces questions seront
reprises au cours du prochain Synode des évêques,
qui s'est révélé un instrument valide et
efficace de la collégialité des évêques, au
service des Eglises locales», a déclaré
Jean-Paul II.
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