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Pénurie des prêtres  au Québec :
drame ou chance pour l’Église?
Un mini-colloque à la paroisse Sainte-Bernadette (Trois-Rivières)

 

 


La paroisse Sainte-Bernadette est une paroisse vivante, préoccupée de créer des partages communautaires : partage eucharistique, partage de la table, partage de prises de paroles, souvent à partir de l’apport de personnes-ressources. Convaincus de l’action de l’Esprit dans l’assemblée des croyants, on y affronte les problèmes les plus graves, avec grande liberté de réflexion et d’expression pour tous.

Le 27 janvier 2008, la communauté chrétienne était invitée à la messe-partage de 11h, au dîner communautaire, à un mini-colloque l’après-midi sur la pénurie de prêtres au Québec.
 

LA PROBLÉMATIQUE

Un groupe de paroissiens de notre communauté, comme nos évêques d’ailleurs, se sont demandé ce qui adviendra dans quelques années lorsque même le petit nombre de prêtres actuels ne suffira plus à la tâche. Quand les ressources locales ne suffisent plus on se tourne spontanément vers l’extérieur. C’est ce que plusieurs de nos évêques s’apprêtent à faire. Ils parlent de faire venir au Québec des prêtres de l’étranger comme réponse à la pénurie des prêtres chez nous. Actuellement le nombre de ces prêtres étrangers est restreint, moins de cinquante. Mais l’orientation est donnée et cela nous inquiète.

Nous devons être clairs : nous  ne nous opposons pas à la venue de prêtres d’autres cultures mais le but ne doit pas être d’en faire la solution à la diminution des prêtres au Québec. Nous n’encourageons pas la venue de  prêtres étrangers, s’ils sont au Québec comme des suppléants permanents.

Nous ne sommes pas favorables aux prêtres étrangers comme suppléants permanents, parce que c’est une solution de facilité à la pénurie des prêtres de chez-nous. Quoi de plus aisé, en effet, que de remplir le poste laissé vacant par le départ de prêtres québécois grâce au «repêchage» de prêtres d’ailleurs? N’y aurait-il pas d’autres solutions? Car en fait,  pour la hiérarchie, c’est  le choix d’une fuite en avant par préoccupation de la tradition plutôt que  d’un coup de barre salutaire et innovateur.

Quelle est votre opinion sur le sujet? Devant la diminution rapide des prêtres dans tous les diocèses, y compris le nôtre, comme réagissez-vous? Comment voyez-vous le modèle d’une communauté vivante et le rôle du prêtre et du laïc dans cette communauté? Le Feuillet  de dimanche prochain vous donnera quelques pistes de réflexion en vue de nous préparer à un échange le dimanche 27 janvier en après-midi qui aura comme thème : pénurie des prêtres au Québec est-ce un drame ou une chance pour l’Église?

Nous pensons qu’il y a d’autres choix que celui de l’immigration de prêtres pour répondre au problème urgent du déficit sacerdotal. Le premier choix, comme tant de fidèles le pensent, c’est l’ordination d’hommes mariés. Il n’y a aucun fondement théologique au refus de Rome d’interdire l’ordination presbytérale aux hommes mariés. Comme chacun sait l’Église orthodoxe et l’Église catholique orientale ont leurs prêtres mariés.

Le deuxième choix, en lien avec le premier, c’est la « réactivation » des prêtres laïcisés qui se sont mariés en Église et qui souhaitent reprendre leur ministère ordonné. Pourvu, bien sûr, qu’ils se soient toujours impliqués dans l’Église.

Il y a un troisième choix, très important, celui de l’accès des femmes à la prêtrise. Surtout pas à cause de la pénurie de  prêtres mais dans la perspective de l’égale dignité de l’homme et de la femme. Car même s’il ne manquait pas de prêtres, l’accession des femmes au sacerdoce devrait faire l’objet d’un débat officiel dans l’Église catholique.

Plus largement, nous proposons qu’une réflexion franche et ouverte à tous les fidèles, soit faite en Église sur le service presbytéral de demain, dans la prière à l’Esprit Saint, afin qu’il nous inspire de dire et de faire ce qu’il désire pour son Église. À cette condition, l’histoire dira peut être que la pénurie de prêtres dans l’Église de notre temps a été pour elle une chance.

Cette situation n’est pas récente. Il y a quelques années, au Congrès des ministères de l’Assemblée des Évêques du Québec en août 2001 , Roland Leclerc, prêtre  de notre diocèse,  disait  : «Je ne crois pas au prêtre de Pologne ( ou d’ailleurs, ajoutons-nous ) télé porté pour être pasteur d’une communauté chrétienne à Trois-Rivières. Chaque communauté mérite ses ministres et aussi un « chef de communauté », y compris laïc, y compris homme ou femme. » La table est mise pour notre échange de dimanche prochain le 27 janvier alors que nous réfléchirons en communauté  à l’avenir de l’Église du Québec.
 

Robert Hotte, diacre 

LES QUESTIONS À DISCUTER EN ÉQUIPES :

  1. Quelle est votre opinion sur le sujet?

  2. Devant la diminution rapide des prêtres dans tous les diocèses, y compris le nôtre, comment réagissez-vous?

  3. Mise en situation : Imaginons que du soir au lendemain, il y a une majorité de prêtres étrangers qui remplacent les prêtres de nos    paroisses. Quels avantages et inconvénients y voyez-vous?

  4. Comment voyez-vous le modèle d’une communauté vivante et le rôle du prêtre et du laïc dans cette communauté?

  5. Que pensez-vous des alternatives qui vous ont été proposées en introduction à ce mini colloque par Robert?

  • Ordination d’hommes mariés

  • Réactivation des prêtres laïcisés mariés

  • Ordination des femmes

  1. Comme suite à ces propositions, de quelle manière pensez-vous que réagiront les gens de votre entourage?

 

 

 

 

 

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