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La levée de l’excommunication sanctionnant
depuis vingt ans quatre évêques de la Fraternité
sacerdotale Saint-Pïe-X a déclenché en Allemagne
et dans le monde entier de nombreuses réactions
au sein et en dehors de l’Église, dont nous
avons pu dresser un rapport détaillé pendant
notre Assemblée générale au printemps en 2009.
Il s’en est dégagé le renforcement de quelques
convictions auxquelles nous attribuons une
importance particulière.
1. La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X s’est
elle-même séparée de l’Église catholique. Il
n’est pas permis aux évêques et aux prêtres qui
appartiennent à cette Fraternité, même après la
levée de l’excommunication des évêques, de
célébrer la Sainte Messe ou d’administrer
d’autres sacrements. Et les ordinations sacrées
annoncées pour cette année par la Fraternité
sacerdotale constituent une grave contravention
aux règlements et au droit de l’Église. Nous
demanderons au Siège Apostolique de nous
expliquer dans de brefs délais quelles seraient
les sanctions juridiques encourues par un évêque
qui administre ces ordinations. En outre les
responsables engagés dans la Curie devraient
rapidement procéder à des améliorations dans le
domaine de leur harmonisation interne et de la
communication avec les conférences épiscopales.
Ce qui est spécialement nécessaire dans des
situations de conflit.
2. La Fraternité Saint-Pie-X ne se trouve pas
en communion avec l’Église catholique, du fait
qu’elle s’est située en dehors de la tradition
catholique et qu’elle a dénoncé son union avec
le Pape. Il est de la responsabilité encourue
par la Fraternité Saint-Pie-X de dépasser ce
schisme et de rétablir par un processus de
réintégration l’unité avec le Pape et avec la
doctrine de l’Église. En lui tendant la main par
la levée de l’excommunication frappant les
évêques, le Saint Père, le Pape Benoît XVI, a
fait un geste en sa faveur. Il appartient au
Siège Apostolique d’élucider si la Fraternité
sacerdotale est prête à approuver et adopter
sans équivoque les convictions reposant sur la
foi de l’Église entière et spécialement sur la
doctrine des papes et des conciles. Les
documents du Concile de Vatican II sont une
partie incontournable de la tradition
catholique, sans oublier les textes sur la
liberté religieuse et les rapports avec les
religions non chrétiennes, sur l’œcuménisme et
sur l’Église dans le monde de ce temps, de même
que les énoncés traitant de la collégialité des
évêques dans leurs rapports avec l’autorité
pontificale.
3. Nous regrettons que l’incertitude soit dans
ce contexte apparue sur l’orientation suivie par
l’Église. C’est ce que nous avons appris par des
conversations et des messages reçus par écrit.
De nombreux évêques se sont déjà prononcés à ce
sujet à une occasion antérieure. Ce sont les
critères théologiques et pastoraux, et
spécialement ceux du Concile de Vatican II, qui
constituent le fondement qui s’impose
naturellement à nos efforts en vue d’un sursaut
spirituel de l’Église en Allemagne et d’un
nouveau renforcement apporté par la Parole et
par l’engagement à la réponse que donne la foi
aux questions religieuses de notre temps. Nous
espérons que les semaines passées auront suscité
un nouvel intérêt pour le dynamisme et les
orientations du Concile de Vatican II. C’est là
une chance dont nous voulons profiter.
4.
Ce qui nous afflige particulièrement, ce sont le
négationnisme de l’un des évêques appartenant à
la Fraternité Saint-Pie-X ainsi que des
courants antisémites que présente la Fraternité.
Jusqu’ici on n’a pu constater que les personnes
concernées aient manifesté sérieusement, comme
le Siège Apostolique l’avait exigé très tôt
déjà, leur désaccord avec de telles attitudes
inacceptables. Le Pape Benoît XVI a souligné
sans équivoque à plusieurs reprises que l’Église
catholique rejette l’antijudaïsme et
l’antisémitisme. Nous sommes heureux que le
Saint Père ait pu, également, dans les semaines
passées, poursuivre le dialogue avec des
personnalités éminentes du monde juif. En
Allemagne ont eu lieu quelque rencontres
significatives avec des représentants de la
communauté juive, qui ont fourni l’occasion de
parler ouvertement de soucis et de craintes et
d’approfondir une solidarité réciproque. Nous en
sommes très reconnaissants et nous poursuivrons
ces efforts.
5. Malheureusement on a entendu ces dernières
semaines au sujet des événements actuels des
propos qui ont présenté la situation sous un
jour caricatural et polémique. Au sein de
l’Église également des voix et des activités se
sont manifestées, dépourvues de charité,
totalement partiales ou même pleines de
suffisance, qui ont porté atteinte à l’unité.
Nous déplorons ce style qui affecte nos
rapports. Et surtout nous refusons toute
tentative qui met en doute la considération et
l’intégrité dont jouit le Pape, qui nie la
constitution de l’Église catholique et qui
provoque une scission.
Qu’il y ait à l’avenir une communion totale de
la Fraternité sacerdotale au sein de l’Église
catholique, ce n’est pas encore clairement
établi. Bien des éléments semblent jusqu’ici s’y
opposer nettement. Mais ce qui nous anime en
premier, ce n’est pas cette question, mais c’est
le souci de renforcer et de rénover la vie de
l’Église et d’en témoigner sous les formes
multiples de notre service concret. Dans ces
efforts nous travaillons en commun avec les
prêtres et les diacres, les collaboratrices et
les collaborateurs engagés dans le service de
l’Église, et avec tous les fidèles qui, sous les
formes les plus diverses, mettent leurs forces
et leurs capacités à sa disposition. L’Église
puise sa vie dans la solidarité de ces
engagements et de ces dons, afin de répondre à
la mission du Seigneur de Pâques. C’est en Lui
que nous mettons unanimement notre confiance et
c’est Sa bénédiction que nous demandons.
Hambourg, 5 mars 2009
(Traduit de l’allemand par Jean Courtois, Lyon).
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