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25 janvier : un anniversaire qui interpelle…
Philippe Crabbé, Léo Dorais
(Réseau Culture et Foi Ouataouais-des-deux-Rives)

 

 


Il y a 50 ans, le 25 janvier, le Pape Jean XXIII convoquait le vingt-et-unième Concile œcuménique de l’Église catholique, le Concile Vatican II.

 

Moins de trois mois après son élection, à la fin de la semaine de l'Unité des Chrétiens, Jean XXIII, « pape de transition », annonçait son intention de convoquer le Concile pour promouvoir le développement de la foi catholique, pour assurer le renouveau moral de la vie chrétienne et pour adapter l'Église aux besoins du temps présent, non pour formuler quelque dogme ou combattre quelque hérésie.

Que reste-t-il de l’œuvre de ce Concile, dans lequel la génération des plus de 65 ans, qui a vécu l’expérience du Concile et l’enthousiasme qu’il a généré, avait mis tant d’espoir? Force est de constater qu’à part des changements dans les rites – tels l’adoption de la langue parlée par les fidèles, peu a changé dans l’Église catholique depuis 50 ans. Vatican II nous avait promis une Église de baptisés à part entière, responsables devant leur propre conscience, et non plus une Église exclusivement dominée par le clergé. La sagesse de ce Peuple de Dieu serait reconnue et consultée. Vatican II nous avait promis une Église plurielle et enseignante qui adapterait la Parole aux diverses cultures. Le poids de l’organisation ecclésiale, devenue archaïque, nous a fait conserver une Église fortement hiérarchique, uniforme et normative, davantage club  d’orthodoxie qu’institution enseignante et missionnaire, capable d’adaptation à l’expérience humaine et de collaboration au-delà des distinctions entre organisations religieuses.

Il est temps de considérer des solutions imaginatives à l’espèce en voie de  disparition qu’est devenu le clergé, en ouvrant la porte à l'ordination d'hommes mariés et de femmes.  Les laïques ont quelque chose à dire à leurs pasteurs qui résistent trop peu à la tentation de s'enfermer dans leurs certitudes. Une communauté alimentée par l’enseignement de la Parole, l’Eucharistie et l’expérience de la communion plutôt que par des rites passe par des engagements envers les pauvres et la justice sociale, la protection de l’environnement, et surtout l’amour du prochain, les plus sûrs garants de la paix mondiale. Les chrétiens de toute nuance, qu’ils soient conservateurs ou artisans du changement, partagent cette orientation commune et devraient avoir l’occasion de se l’exprimer mutuellement dans des célébrations suscitées par notre Église, motivant à la transformation du monde. Conservatisme et Église catholique ne sont pas synonymes!

Nous souhaitons que l’occasion du 50ème anniversaire de la convocation du Concile Vatican II soit un temps fort pour remettre le Concile au cœur d’une transformation en profondeur de notre Église locale. Nombreux jeunes de moins de quarante ans ne connaissent pas l’évènement marquant qu’a constitué pour l’Église catholique le Concile Vatican II.  Il est essentiel qu’ils soient formés à devenir parties prenantes à son enseignement et à sa mise en œuvre, qui mérite d’être essayée pour la transformation le monde.

 

 

 

 

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