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Il y a 50 ans, le 25 janvier, le Pape Jean XXIII
convoquait le vingt-et-unième Concile œcuménique
de l’Église catholique, le Concile Vatican II.
Moins
de trois mois après son élection, à la fin de la
semaine de l'Unité des Chrétiens, Jean XXIII,
« pape de transition », annonçait son intention
de convoquer le Concile pour promouvoir le
développement de la foi catholique, pour assurer
le renouveau moral de la vie chrétienne et pour
adapter l'Église aux besoins du temps présent,
non pour formuler quelque dogme ou combattre
quelque hérésie.
Que
reste-t-il de l’œuvre de ce Concile, dans lequel
la génération
des plus de 65
ans, qui a vécu l’expérience du Concile et
l’enthousiasme qu’il a généré, avait mis tant
d’espoir? Force est de constater qu’à part des
changements dans les rites – tels l’adoption de
la langue parlée par les fidèles, peu a changé
dans l’Église catholique depuis 50 ans. Vatican
II nous avait promis une Église de baptisés à
part entière, responsables devant leur propre
conscience, et non plus une Église exclusivement
dominée par le clergé. La sagesse de ce Peuple
de Dieu serait reconnue et consultée.
Vatican II nous avait promis une Église
plurielle et enseignante qui adapterait la
Parole aux diverses cultures. Le poids de
l’organisation ecclésiale, devenue archaïque,
nous a fait conserver une Église fortement
hiérarchique, uniforme et normative, davantage
club d’orthodoxie qu’institution enseignante et
missionnaire, capable d’adaptation à
l’expérience humaine et de collaboration au-delà
des distinctions entre organisations
religieuses.
Il est temps de considérer des solutions
imaginatives à l’espèce en voie de disparition
qu’est devenu le clergé,
en ouvrant la porte à l'ordination d'hommes
mariés et de femmes.
Les laïques ont
quelque chose à dire à leurs pasteurs qui
résistent trop peu à la tentation de s'enfermer
dans leurs certitudes.
Une communauté alimentée par l’enseignement de
la Parole, l’Eucharistie et l’expérience de la
communion plutôt que par des rites passe par des
engagements envers les pauvres et la justice
sociale, la protection de l’environnement, et
surtout l’amour du prochain, les plus sûrs
garants de la paix mondiale. Les chrétiens de
toute nuance, qu’ils soient conservateurs ou
artisans du changement, partagent cette
orientation commune et devraient avoir
l’occasion de se l’exprimer mutuellement dans
des célébrations suscitées par notre Église,
motivant à la transformation du monde.
Conservatisme et Église catholique ne sont pas
synonymes!
Nous souhaitons que l’occasion du 50ème
anniversaire de la convocation du Concile
Vatican II soit un temps fort pour remettre le
Concile au cœur d’une transformation en
profondeur de notre Église locale. Nombreux
jeunes de moins de quarante ans ne connaissent
pas l’évènement marquant qu’a constitué pour
l’Église catholique le Concile Vatican II. Il
est essentiel qu’ils soient formés à devenir
parties prenantes à son enseignement et à sa
mise en œuvre, qui mérite d’être essayée pour la
transformation le monde.
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