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Les faits
Ces derniers
temps, la situation de l’Église en Autriche
devient de plus en plus explosive. Sous la
poussée restauratrice du pape Wojtila (épaulé
par le Card. Ratzinger), on a imposé des évêques
qui sont davantage au service de Rome que des
troupeaux qui leur étaient confiés. Pour citer
des noms : Mgr Eder à Salzbourg « persona non
grata » au Chapitre Métropolitain. Mgr Krenn, un
ultraconservateur et un carriériste d’abord
auxiliaire à Vienne et ensuite ordinaire de St.-Pölten,
forcé à démissionner à cause de scandales
sexuels dans son séminaire. Enfin Mgr Groer,
devenu ensuite cardinal, accusé publiquement de
pédophilie du temps où il était « préfet
spirituel » au séminaire diocésain. Il n’a
jamais voulu prendre position sur les
accusations portées contre lui et a été forcé à
la démission pour « raisons de santé ».
Les
conséquences.
Depuis ces
faits jusqu’à aujourd'hui, on compte que tous
les ans environ 30.000 catholiques quittent
officiellement l’Église. Dans ce climat
surchauffé est née en Autriche une initiative
qui aura une résonance dans toute l’Europe,
c’est le mouvement Nous Sommes Église. Il
est comme un grand espoir de réforme de
l’appareil ecclésial, une invitation à un vrai
dialogue. De Rome cependant ne viennent que de
vagues promesses et un silence embarrassé.
Les
réactions.
Elles sont
diverses mais insistantes au niveau diocésain.
Le Card. Schönborn de Vienne se réfugie dans le
slogan : « Ce qui doit valoir pour toute
l’Église ne peut pas être décidé par un diocèse
mais par toute l’Église ». Mais comment faire
prendre cette décision au Pape ? C’est ce que se
sont demandé les membres de l’Initiative des
Curés de paroisse, confrontés qu’ils sont
avec les problèmes de tous les jours. En 2007,
le pape est venu en visite pastorale pour trois
jours en Autriche. Les curés ont demandé une
audience, mais le pape n’a pas trouvé le temps
de l’accorder. C’est seulement plus tard (en
novembre 08) après bien des pressions qu’une
délégation sera reçue à Rome par un représentant
de la Congrégation du Clergé.
« L'Initiative des Laïcs » 2009.
C'est l’affaire
Lefebvre et la révocation de l’excommunication
d’un « négationniste ». En Autriche à Linz, un
siège épiscopal est vacant. L’épiscopat présente
à Rome via le Nonce un trio de candidats. Rome
par contre propose un curé M. Wagner. Irritation
à Vienne, révolte à Linz où les doyens sont
prêts à donner leur démission. Envol pour Rome
de quatre évêques. Sauvetage in extremis. Le
curé Wagner renonce (doit renoncer) à la
consécration. Tout ce qu’on sait de lui, c’est
qu’il prétend que les livres de H.Potter ont une
influence diabolique et que si l’ouragan « Catherina »
s’est acharné sur la Nouvelle-Orléans dans les
Caraïbes, c’est parce qu’il y a là des cliniques
qui pratiquent l’avortement...
Mais alors que
le clergé avait obtenu bien peu de choses, on
voit un groupe de laïcs et de politiciens – le
Concile sollicite bien la collaboration du
laïcat... – se mettre à promouvoir une
initiative laïque pour soutenir tout
autant Nous Sommes Église que les curés
de paroisse. On s’y dit préoccupé aussi par les
revers de la pastorale qui souffre du manque de
prêtres et de la fermeture de beaucoup de
paroisses en zone rurale. Et on demande le
diaconat pour les femmes qui ainsi pourraient
assurer la pastorale dans les hôpitaux et
maisons de repos. L'association compte 130
membres actifs et 12 000 sympathisants. Le
Cardinal a même présenté cette initiative à Rome
où elle a été bien accueillie ainsi qu’en dehors
des milieux ecclésiastiques.
Si au-delà des
belles paroles il ne se produit rien,
l’initiative propose d’employer des moyens plus
spectaculaires. Et si ensuite toute cette
initiative ne sert à rien de concret, il faudra
peut-être attendre « l’initiative du
Saint-Esprit »!
Traduction : P. Collet
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