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De nombreuses personnes m’avouent être très
inquiètes de ce qui se passe présentement dans
l’Église catholique. La diminution de la
pratique religieuse, le manque de prêtres, les
directives surprenantes de Rome et de certains
évêques sur des questions de pastorale, de
liturgie, d’éthique et de morale, tout ça pose
bien des questions.
Pour moi, ce qui est le plus inquiétant, c’est
la lourde couverture de silence qui étouffe les
communautés chrétiennes face à ces graves
préoccupations. Les évêques ne peuvent pas en
parler avec le pape, les prêtres se disent
incapables d’en parler avec leur évêque et peu
de chrétiens réussissent à en discuter avec
leurs pasteurs. Pourtant, ce serait tellement
plus chrétien si on pouvait se parler!
Il nous faut briser ce silence! Nous sommes tous
habités par l’Esprit Saint, nous avons tous le
même Maître, nous faisons tous partie du peuple
de Dieu! Comment se fait-il alors que c’est le
pape seul qui doive apporter toutes les
réponses aux graves questions qui préoccupent
le monde et les membres de notre église? Comme
des adultes, cessons d’avoir peur et prenons nos
responsabilités.
Pour devenir des chrétiens adultes,
rappelons-nous que le Christ a choisi des
humains pour guider son Église. Des humains, ça
peut faire des erreurs! Même ceux que le Christ
a choisis personnellement lui ont joué de
méchants tours! Tout comme Judas, même comme
Pierre, le pape et nos évêques peuvent eux aussi
se tromper. Ils l’ont prouvé souvent dans le
passé. Nous n’avons donc pas à nous surprendre
de leurs faux pas. Nous pouvons les comprendre,
les aimer, leur pardonner, mais il est aussi de
notre devoir de chercher à les ramener sur le
chemin de l’Évangile.
C’est le Christ qui est notre premier Pasteur et
notre seul Maître. Attachons-nous solidement à
son Évangile. C’est la voie du vrai bonheur, le
secret de la dignité humaine et de la vraie
liberté. La crise actuelle de l’Église est une
invitation à grandir, comme personne et comme
chrétien. Maintenant que nous savons lire,
n’acceptons plus d’être traités comme des
enfants. Suivons les pasteurs qui ressemblent au
Christ et qui vivent de sa bonne nouvelle. Jean
XXIII en a été un puissant exemple.
Enfin, pour marcher vers une foi adulte, les
disciples du Christ se rappelleront que la
dignité humaine exige que l’on agisse toujours
en accord avec sa conscience, même si on
devait aller contre une directive du pape. Cette
règle a toujours existé dans l’Église
catholique. Dieu nous a tous faits différents
les uns des autres. C’est pourquoi Il ne se
gêne pas pour traiter avec chacun de nous de
façon bien personnelle. On peut ainsi comprendre
pourquoi le Christ nous invite à ne jamais
juger notre prochain, à nous aimer les uns les
autres comme Il nous a aimés.
Avec courage, humilité, et beaucoup d’amour,
faisons de cette crise un tremplin pour un grand
renouveau de notre Église! Nous avons tellement
à offrir dans la construction d’un monde plus
juste et plus solidaire!
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