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« Au milieu
de tout cela : un peu d'humour ne nuit pas... »
C’est énorme,
c’est vrai, disproportionné avec ma chétive
personne ! Mais il faut bien que je vous
l’avoue, je ne peux pas le cacher aux amis :
j’ai excommunié Benoît XVI. Alors que lui venait
de lever l’excommunication des évêques
intégristes… !
Vous ne me
prenez pas au sérieux ? C’est pourtant vrai.
Moi-même, d’ailleurs, je ne m’en suis pas aperçu
tout de suite, je ne m’en suis aperçu qu’après
coup, car je n’ai jamais poussé très loin les
études de Droit Canonique . Que s’est-il passé ?
Fin Janvier, quand Rome a consolidé ces quatre
mitres schismatiques sans tenir grand compte de
leur refus du renouveau du dernier concile, de
la reconnaissance de la liberté religieuse, de
l’œcuménisme, de l’ouverture au monde, et j’en
passe , j’ai cessé de nommer l’évêque de Rome
dans la prière eucharistique. Notez que je n’ai
pas inventé pareil silence. Dans les Églises
anciennes – sentez comme je suis porté vers la
Tradition – quand il y avait des chamailleries,
souvent passagères, on cessait de faire mention
pendant la messe des camarades avec qui on était
en pétard.
On les nommait à nouveau quand on avait arrangé
les affaires. Donc pas de gloussements
hypocrites, de soupirs vers l’unité, mais
déclaration nette de désaccord jusqu’à ce que
tout soit clarifié.
Alors j’ai fait
pareil. Remarquez que le pape romain n’en sera
pas froissé, il ne le saura même pas… mais ça
s’est passé tout naturellement dans ma
conscience de petit prêtre qui veut rester
chrétien. Et puis, trop, c’est trop : après la
bévue de Ratisbonne, la nomination à Varsovie
d’un archevêque qui était un ancien indic da la
police communiste et qu’il a fallu démissionner
au seuil de la cathédrale, la création d’un
prieuré pour quatre prêtres intégristes à la
barbe de l’archevêque de Bordeaux, la
possibilité offerte à ces intégristes dépendant
directement de Rome d’ouvrir un séminaire (ce
qui révélait, derrière les trémolos à ‘l’unité,
une stratégie de restauration d’une Église « à
l’ancienne »), voilà qu’on faisait des avances
aux disciples de Mgr Lefebvre !
Est-ce que je
lèverai un jour l’excommunication, car j’ai
appris ces jours ci que c’était possible
unilatéralement ? Pas sûr, car il faudrait des
signes de repentance, quelques amorces d’une
fidélité en actes aux prises de conscience et
aux ouvertures de Vatican II.
Pourvu que je
ne me fasse pas traiter de schismatique…Mais
peut-être qu’à ce moment là, on s’occupera de
moi, on m’encouragera à célébrer la messe dans
la langue de ma vie, avec les gens, sans leur
tourner le dos, peut-être aussi qu’on sera
soucieux de leur liberté de conscience, qu’on
partagera davantage leurs attentes et leurs
luttes, quelles que soient leur religion, leurs
convictions et les couleurs de leurs âmes. En se
tournant résolument vers l’avenir ! Avec
quelqu’un qui semble un peu oublié à Ecône et
qui ne parlait pas latin : Jésus.
Jonas, 9 février
2009
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