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Un document historique cosigné par des
représentants de l’Église catholique, du Conseil
œcuménique et de l’Alliance évangélique
recommande des règles éthiques pour la mission.
La plupart des Églises mettent en avant le devoir
évangélique de témoigner et de proclamer la
Parole de Dieu. Mais, à l’évidence, elles n’ont
pas les mêmes pratiques, notamment en matière
d’évangélisation.
Des campagnes d’annonce de la foi parfois perçues
comme offensantes, par exemple dans des pays
majoritairement musulmans, ainsi que le manque
de respect des différences culturelles risquent
souvent de conduire à des contre-témoignages.
Y a-t-il
des règles communes entre chrétiens ?
Pour la première fois, un document représentatif
des grands courants du christianisme tente d’y
répondre. Intitulé « Témoignage
chrétien dans un monde multireligieux :
recommandations pour un code de conduite »,
il a été élaboré et signé par le Conseil
pontifical pour le dialogue interreligieux (PCDI),
le Conseil œcuménique des Églises (COE) et
l’Alliance évangélique mondiale.
Y ont participé le cardinal Jean-Louis Tauran
pour le PCDI, Olav Fykse Tveit, secrétaire
général du COE et Geoff Tunnicliffe, son
homologue pour les évangéliques.
Lors de
sa présentation
à Genève le 28 juin, il a été promu
comme un « texte historique ». Ce serait la première fois depuis la
Réforme au XVIe siècle que des chrétiens
adoptent un document conjoint dont l’objectif
est de faire des recommandations à tous leurs
membres. Théoriquement, les trois organisations
signataires représentent
90 % des
chrétiens dans le monde.
BIEN COMMUN
Que dit-il ? Tout en insistant sur le caractère
essentiel de la proclamation de la Parole et du
témoignage « pour chaque chrétien », il exhorte
à une
meilleure compréhension des
« principes de l’Évangile », dont le respect et
l’amour pour chaque être humain, quelle que soit
sa religion et sa croyance.
Les chrétiens sont invités à mieux comprendre les
croyances et les pratiques qui ne sont pas les
leurs (Principe 10). Parmi les recommandations,
on lit ceci : « Les chrétiens doivent éviter de
présenter sous un faux jour les croyances et les
pratiques de personnes d’autres religions. »
(Recommandation 3). Est également soulignée la
nécessité d’œuvrer pour la liberté religieuse et
le bien commun.
De nombreux commentateurs ont mis en avant la
dénonciation du
prosélytisme.
En réalité, ce terme ne figure pas dans le
texte. On ne trouve même pas le mot
« évangélisation ». En lisant le texte, on
comprend que ce qui pose problème aux yeux des
auteurs, ce n’est pas l’annonce de la foi, ni le
témoignage du Christ, mais tout acte ou
expression qui risque de semer le trouble dans
les relations humaines (Lire
l'analyse du Vatican).
Il a fallu cinq ans pour élaborer ce document.
L’exercice est très délicat en soi. Les
catholiques, les luthéro-réformés, les
orthodoxes et les évangéliques charismatiques
n’ont
guère l’habitude de travailler ensemble,
en particulier sur la question du témoignage
chrétien.
INTERRELIGIEUX
Mais le plus « politique », c’est le fait que les
auteurs expliquent qu’ils ont travaillé dans un
« esprit de coopération œcuménique ». Ils
mentionnent plusieurs fois leur souhait de
s’engager dans le
dialogue
interreligieux. Ils recommandent
même de « s’engager dans le plaidoyer
interreligieux » afin de promouvoir la justice
et le bien commun.
Tout cela peut paraître banal,
mais du côté catholique et surtout chez les
évangéliques, la reconnaissance d’autres
religions, ou même d’autres christianismes, ne
va pas toujours de soi.
Comme l’a souligné le secrétaire général de
l’Alliance évangélique, Geoff Tunnicliffe, ce
document est pour cette raison-là « une
réalisation majeure ». Les Églises membres
des différentes organisations sont maintenant
invitées à ériger leurs propres règles en
fonction de ce code de conduite général.
Témoignage chrétien, 7 juillet 2011
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