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Je retiens de ce Congrès
plusieurs idées pour une nouvelle façon de voir
les vocations en Église. Il y a bien sûr
les façons traditionnelles de s'intéresser aux
vocations. La prière en est une et elle
faisait partie des activités du Congrès.
Nous avons vécu au début de chaque journée un
moment intense de réflexion accompagnée d'un témoignage
et de prières pour les vocations. Ces invocations
exprimées en français, anglais et espagnol nous
permettaient de prendre conscience du thème du
Congrès: «Vocation: Don de Dieu».
Des personnes ont rappelé que la famille demeure le lieu
privilégié pour l'éclosion de vocations en Église.
Les communautés de chrétiens et chrétiennes
devraient aussi être une terre féconde. À
propos du vécu des communautés en Église, les
intervenants américains ont presque tous fait
allusion au problème de la pédophilie dans
l'Église des États-Unis. Il me semble évident
que ces représentants étaient blessés par ce
scandale et l'un d'eux affirmait: «C'est le temps
d'être humble, de prier et convertir nos cœurs.» Je pense que c'est aussi le temps de tout mettre en œuvre
pour éviter de tels abus.
Des approches nouvelles ont aussi été suggérées.
Les idées que j'exprime ici viennent surtout de
la conférence de Gilles Routhier en toute fin de
Congrès. Il faudrait que chaque Église
diocésaine se donne une image de son projet
missionnaire. En effet, il n'y a de ministère
ordonné qu'en fonction de la Mission de l'Église.
Nous devrions être amenés à réaliser qu'il
n'existe pas de vocation qui soit une expérience
personnelle. Il faudrait se rendre compte
que l'on n'accède pas au ministère ordonné par
une candidature mais par un appel. Cet appel
rencontre souvent une objection dès le départ :
«Pas moi, Seigneur, prends en un autre». Cette réaction
fait partie d'une démarche normale dans l'appel.
Il faudrait aussi éviter de centrer le presbytérat
sur le sacerdoce du Christ mais le centrer plutôt
sur la Mission de l'Église.
Rappelons-nous
aussi que les appels de Dieu se situent dans un
contexte historique et la Bible nous en est témoin.
Donc un appel bien au-delà de l'individuel et
cela est très important dans un envoi.
Comment cela va-t-il se faire? Je retiens l'idée
que ce ne sera pas dans une nouvelle dévotion
mariale mais dans une façon mariale de cheminer
c'est-à-dire accepté «d'être engendré d'en
haut». Dans ces voies nouvelles préconisées, il
faudra absolument passer d'une Église de
maintenance à une Église missionnaire. Le
Congrès, en plénière, a ouvert l'avenir à une
voie nouvelle prophétique: l'Église doit avoir
une option préférentielle pour les jeunes.
Ce Congrès se situait dans une continuité de l'Église
traditionnelle. Et malgré toutes les ouvertures
exprimées dans un esprit de renouveau, je demeure
sur mon appétit en ce qui regarde les approches
nouvelles. Je nomme cela les approches «oubliées».
Dans l'Instrumentum Laboris je relève la phrase
suivante: «...la pénurie de vocations ecclésiales
n'est que trop évidente si l'on considère les
places qui attendent les aspirants à la prêtrise...»
Or la pénurie de presbytres dans notre Église ne
date pas d'hier. Gilles Routhier dans sa conférence
parle d'indices qui remontent aux années
1943-45.
Lors de ma recherche universitaire j'ai découvert que cette
pénurie de vocations au presbytérat avait amené
des prêtres à cette époque à favoriser
le rétablissement du diaconat permanent pour
suppléer à ce manque. Or nous savons tous,
aujourd'hui, que le diaconat permanent ne
solutionnera pas cette crise des vocations presbytérales.
Pourquoi alors ne pas poser les vraies questions
en ce qui concerne l'accès des hommes mariés au
presbytérat? Je me demande aussi pourquoi ne pas
mettre en «discussion ouverte» la possibilité
de l'accès des femmes au diaconat et au presbytérat?
Pourra-t-on longtemps encore enfermer l'Esprit
Saint dans nos conceptions de ce que doit être le
ministère ordonné dans l'Église?
Nos frères et sœurs de l'Église anglicane ont eu cette
audace de faire confiance à Dieu dans l'appel au
ministère ordonné. Pourquoi pas nous? Nous
devons nous poser ces questions dans la recherche
d'une solution à la pénurie des vocations au
service de la Mission de l'Église. En tout cas,
moi, je me les pose depuis un bon bout de temps.
Bien sûr, pour le Congrès sur les vocations, on
avait annoncé dès le départ que le célibat
obligatoire et l'ordination des femmes ne seraient
pas au programme. Mais s'il faut prier pour les
vocations, il faut aussi repenser la discipline
touchant le célibat obligatoire et la place des
femmes dans cette Église.
En ce qui concerne les textes du Congrès, je vous rappelle
l'adresse du site où ils paraîtront ( www.vocations2002.org
) en vous signalant que juin 2002 a été donné
comme limite probable de la fin de ce site. Bonne
lecture aux intéressés!
(Ces
réflexions sont la conclusion d'un texte paru
dans
Le Diaconal, mai 2002)
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