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Quelques réflexions suite au 3e Congrès continental des vocations
(Montréal, 18 au 21 avril 2002)
Robert Hotte


Je retiens de ce Congrès plusieurs idées pour une nouvelle façon de voir les vocations en Église.  Il y a bien sûr les façons traditionnelles de s'intéresser aux vocations.  La prière en est une et elle faisait partie des activités du Congrès.  Nous avons vécu au début de chaque journée un moment intense de réflexion accompagnée d'un témoignage et de prières pour les vocations. Ces invocations exprimées en français, anglais et espagnol nous permettaient de prendre conscience du thème du Congrès: «Vocation: Don de Dieu».

Des personnes ont rappelé que la famille demeure le lieu privilégié pour l'éclosion de vocations en Église.  Les communautés de chrétiens et chrétiennes devraient aussi être une terre féconde.  À propos du vécu des communautés en Église, les intervenants américains ont presque tous fait allusion au  problème de la pédophilie dans l'Église des États-Unis.  Il me semble évident que ces représentants étaient blessés par ce scandale et l'un d'eux affirmait: «C'est le temps d'être humble, de prier et convertir nos cœurs.»  Je pense que c'est aussi le temps de tout mettre en œuvre pour éviter de tels abus.

Des approches nouvelles ont aussi été suggérées.  Les idées que j'exprime ici viennent surtout de la conférence de Gilles Routhier en toute fin de Congrès.  Il faudrait que chaque Église diocésaine se donne une image de son projet missionnaire. En effet, il n'y a de ministère ordonné qu'en fonction de la Mission de l'Église. Nous devrions être amenés à réaliser qu'il n'existe pas de vocation qui soit une expérience personnelle.  Il faudrait se rendre compte que l'on n'accède pas au ministère ordonné par une candidature mais par un appel.  Cet appel rencontre souvent une objection dès le départ : «Pas moi, Seigneur, prends en un autre». Cette réaction fait partie d'une démarche normale dans l'appel.  Il faudrait aussi éviter de centrer le presbytérat sur le sacerdoce du Christ mais le centrer plutôt sur la Mission de l'Église.

Rappelons-nous aussi que les appels de Dieu se situent dans un contexte historique et la Bible nous en est témoin. Donc un appel bien au-delà de l'individuel et cela est très important dans un envoi.   Comment cela va-t-il se faire? Je retiens l'idée que ce ne sera pas dans une nouvelle dévotion mariale mais dans une façon mariale de cheminer c'est-à-dire accepté «d'être engendré d'en haut». Dans ces voies nouvelles préconisées, il faudra absolument passer d'une Église de maintenance à une Église missionnaire.  Le Congrès, en plénière, a ouvert l'avenir à une voie nouvelle prophétique: l'Église doit avoir une option préférentielle pour les jeunes.

Ce Congrès se situait dans une continuité de l'Église traditionnelle. Et malgré toutes les ouvertures exprimées dans un esprit de renouveau, je demeure sur mon appétit en ce qui regarde les approches nouvelles. Je nomme cela les approches «oubliées».  Dans l'Instrumentum Laboris je relève la phrase suivante:  «...la pénurie de vocations ecclésiales n'est que trop évidente si l'on considère les places qui attendent les aspirants à la prêtrise...» Or la pénurie de presbytres dans notre Église ne date pas d'hier. Gilles Routhier dans sa conférence parle d'indices qui remontent aux années  1943-45. 

Lors de ma recherche universitaire j'ai découvert que cette pénurie de vocations au presbytérat avait amené des prêtres  à cette époque à favoriser le rétablissement du diaconat permanent pour suppléer à ce manque. Or nous savons tous, aujourd'hui, que le diaconat permanent ne solutionnera pas cette crise des vocations presbytérales. Pourquoi alors ne pas poser les vraies questions en ce qui concerne l'accès des hommes mariés au presbytérat? Je me demande aussi pourquoi ne pas mettre en «discussion ouverte» la possibilité de l'accès des femmes au diaconat et au presbytérat?  Pourra-t-on longtemps encore enfermer l'Esprit Saint dans nos conceptions de ce que doit être le ministère ordonné dans l'Église?

Nos frères et sœurs de l'Église anglicane ont eu cette audace de faire confiance à Dieu dans l'appel au ministère ordonné.  Pourquoi pas nous? Nous devons nous poser ces questions dans la recherche d'une solution à la pénurie des vocations au service de la Mission de l'Église. En tout cas, moi, je me les pose depuis un bon bout de temps.  Bien sûr, pour le Congrès sur les vocations, on avait annoncé dès le départ que le célibat obligatoire et l'ordination des femmes ne seraient pas au programme. Mais s'il faut prier pour les vocations, il faut aussi repenser la discipline touchant le célibat obligatoire et la place des femmes dans cette Église.

En ce qui concerne les textes du Congrès, je vous rappelle l'adresse du site où ils paraîtront ( www.vocations2002.org ) en vous signalant que juin 2002 a été donné comme limite probable de la fin de ce site. Bonne lecture aux intéressés!

(Ces réflexions sont la conclusion d'un texte paru dans
Le Diaconal, mai 2002)

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