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Bravo Benoît XVI !
Hyacinthe Vulliez

 

 

 

Gérard Bessière l'a excommunié avec le sourire. Non sans malice! A l'inverse, je suis fortement tenté de le féliciter, la moutarde au nez. Cela étonnera, et peut-être même scandalisera, des lectrices et des lecteurs des Cahiers du libre avenir et JONAS. Mais,  avant de m'excommunier, je les prie de bien vouloir me lire jusqu'au bout.

Pourquoi donc féliciter Benoît XVI ?

C'est très simple. Pas d'emberlificotages à la manière de ceux que l'affaire met fort mal à l'aise parce qu'ils craignent de faire bon usage de leur liberté. En levant l'excommunication des quatre évêques de l'Association saint Pie X, le Souverain Pontife désavoue son prédécesseur. Les raisons de la décision de Jean-Paul II demeurent pourtant pleinement, ces évêques restant sur les mêmes positions doctrinales qui les ont fait condamner. Ils ne cessent de réaffirmer leur négationnisme de Vatican II comme celui de la Shoah. Ce faisant, il fait descendre le Pape, de quelques marches au moins, du trône pontifical. Il désacralise, il décrédibilise, il discrédite le Pouvoir romain dont il est le détenteur. Il contribue à faire oublier l'infaillibilité selon Vatican I et, indirectement, sans le vouloir, il valorise les orientations données par Vatican II.

À ramener l'Instance suprême de l'Eglise catholique au niveau des autres hiérarchies religieuses, il offre, involontairement bien entendu! une chance pour un dialogue en vérité entre des "Eglises soeurs" et pour des dialogues tous azimuts. Opération salutaire s'il est! Au service du passage de la suffisance à l'humilité. Dès lors, pourquoi ne pas féliciter Benoît XVI? L'histoire nous apprend que les hommes, les institutions et les sociétés avancent souvent en vertu du principe de contradiction.

L'initiative a provoqué des remous surtout en France mais aussi en Allemagne, en Suisse, un peu partout. Elle a dressé des levées de boucliers de la part de chrétiens déçus ou choqués. Elle a jeté les hiérarchies, et d'autres, dans un malaise difficile à gérer. Un exemple, parmi des dizaines et des centaines, celui de l'éditorial du journal La Croix du 26 janvier.Son auteur y pratique un équilibrisme vertigineux. Il s'y livre à des gesticulations, des contorsions et  des pirouettes du plus pur style. Il y brasse une sauce épaisse et douteuse d'équivoques et d'ambiguïtés. Tout cela, teinté d'embarras, relève d'une  faiblesse évidente et d'une gêne qui ne l'est pas moins.

Puis on s'est volontiers polarisé sur le négationnisme de Mgr Williamson. Belle aubaine pour se dédouaner et s'alléger les épaules. En effet, cette fixation a eu et a pour regrettable conséquence de faire passer aux oubliettes une théologie qui cultive la fermeture identitaire et nourrit l'antisémitisme. On en a tiré, on en tire insidieusement profit pour mettre à l'ombre le débat religieux ou, si l'on veut, le choc idéologique entre ceux qui prennent le parti de Vatican II et ceux qui le nient.

Aura-t-on l'audace de tirer de ces événements des conclusions qui pourraient garantir à la foi et aux Eglises un avenir différent? Des conclusions qui donneraient à espérer? Aura-t-on l'audace de miser vraiment sur le message du Nazaréen sans se livrer à des interprétations BCBG? En se laissant simplement entraîner dans le courant de la Source.


Jonas, 11 février 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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