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En juin, un
groupe de prêtres mené par le P. Helmut Schüller,
ancien vicaire général de l'archidiocèse de
Vienne, publiait un texte (Pfarrer
Initiative) dont Témoignage
Chrétien a
publié la traduction
française.
Le refus
romain de s'atteler à une réforme de l'Église
rendue depuis longtemps indispensable et
l'inaction de nos évêques nous autorisent, et
même nous poussent, à suivre notre conscience et
à agir de nous-mêmes :
Nous,
prêtres, voulons poser des jalons pour
l'avenir :
1° Nous exprimerons lors de chaque culte une prière pour la réforme de
l'Église. Nous prenons au sérieux la parole
biblique : demandez, et vous recevrez. Devant
Dieu, c'est la liberté de parole qui prévaut.
2° Nous ne refuserons pas l'eucharistie aux croyants de bonne volonté. Cela
vaut spécialement pour les divorcés-remariés,
pour les membres des autres Églises chrétiennes
et dans certains cas aussi pour ceux qui ont
officiellement quitté l'Église [1].
3°
Nous éviterons autant que possible de célébrer plusieurs fois les
dimanches et les jours de fête, ou d'engager des
prêtres mobiles ou inconnus des communautés où
ils viennent célébrer. Mieux vaut des
célébrations organisées sur place par les
communautés elles-mêmes que des tournées
liturgiques.
4° Nous considérerons comme « eucharistie sans prêtre » et désignerons
comme telles les célébrations de la parole avec
distribution de la communion. Nous remplirons
ainsi le devoir dominical dans une période
pauvre en prêtres.
5° Nous ne prendrons pas en compte l'interdiction de prêcher qui a été
faite aux laïcs formés et aux professeurs de
religion [2].
C'est justement dans les temps difficiles
qu'il est indispensable d'annoncer la parole de
Dieu
6° Nous nous engagerons pour que chaque paroisse ait un responsable :
homme, femme, marié ou non, à temps plein ou
non. Nous appelons à revoir l'image du prêtre
plutôt que de fusionner les paroisses.
7° C'est pourquoi nous saisirons toute occasion de nous exprimer
publiquement en faveur de l'ordination des
femmes et des hommes mariés. Nous souhaitons
d'avance bienvenue à ces collègues dans le
ministère.
Par ailleurs,
nous nous déclarons solidaires avec ces autres
collègues qui, en raison de leur mariage, n'ont
plus le droit d'exercer leur sacerdoce, mais
aussi avec ceux qui continuent leur ministère
tout en entretenant une liaison avec une autre
personne. Ces deux groupes suivent leur
conscience, tout comme nous qui nous exprimons
ici. Nous les considérons comme nos frères, tout
comme le pape et les évêques.
Nous n'avons
qu'un maître, et, entre chrétien(ne)s, nous
devrions tous nous appeler frères et soeurs
[3]. C'est
pour cela que nous voulons nous lever, pour cela
que nous voulons nous engager, pour cela que
nous voulons prier. Amen.
Dimanche de la Trinité, 19 juin, 2011
Notes de TC
[1] « Ausgetretene »
: i-e ceux qui ont déclaré aux autorités
civiles ne plus faire partie de l'Église
catholique. Cette déclaration se fait auprès
de l'administration fiscale.
[2] En
Allemagne et en Autriche, il existe des
professeurs de religion, qui enseigne dans
le cadre de l'école laïque.
[3] Le
texte allemand comprend un petit
développement sur le mot « Mitbruder »
utilisé dans les milieux religieux à la
place de « Bruder » pour parler des clercs.
Les deux mots veulent dire « frère », mais
n'ont pas la même connotation.
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