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Vienne, le 5 septembre 2007
Très Saint Père,
Des prêtres en charge de
paroisses dans tous les diocèses d’Autriche se
sont réunis il y a un an pour s’engager en
faveur de la survie de paroisses aux dimensions
humaines et pour hâter la mise au point et la
solution de questions qui nous concernent et
nous oppressent, tout autant que nos
collaboratrices et nos collaborateurs, dans nos
tâches de pasteurs au service des paroisses.
Comme notre demande en faveur d’un entretien
personnel sur nos préoccupations n’a pu nous
être accordée lors de votre visite en Autriche,
nous vous transmettons par la présente, sur la
recommandation du Cardinal Christophe Schönborn,
archevêque de Vienne, un résumé de ces causes et
de ces soucis qui nous tiennent à cœur, avec
l’espoir qu’une autre occasion nous permettra
de nous en entretenir avec Vous.
Comme nous l’avons signalé en
introduction, notre souci premier porte sur le
fait qu’en raison de la pénurie de prêtres un
nombre croissant de paroisses est privé
localement de curé et que des prêtres sont
chargés de plus en plus fréquemment de plusieurs
paroisses. Ce qui signifie concrètement une
distorsion croissante des rapports entre la vie
quotidienne des communautés paroissiales et les
signes sacramentaux de notre foi, spécialement
la célébration de l’Eucharistie. En outre le
contact entre les prêtres et les hommes se
relâche de plus en plus; et cela à une époque, à
laquelle le contact entre les personnes compte
plus que jamais. Mais les communautés locales
perdent également les liens qui les unissent et
leur identité. Nous pensons que le souci de
maintenir en vie des communautés paroissiales
locales aux dimensions humaines doit prévaloir
sur la tradition des siècles derniers réservant
exclusivement au sacrement de l’ordre des hommes
prêts au célibat et nous nous prononçons en
faveur d’une ouverture à la prêtrise offerte à
des hommes mariés qui ont fourni les preuves
d’une vie dans la foi. De plus un certain nombre
d’entre nous considère que le temps est venu
d’envisager l’accès des femmes aux ministères
sacrés.
Un autre souci qui nous tient à
cœur est le développement de la participation
aux responsabilités et aux décisions accordée
aux baptisés et aux confirmés dans l’Église.
Nous constatons avec inquiétude certains signes
attestant un recul par rapport aux pas franchis
jusqu’ici dans ce domaine dans l’esprit et dans
la continuité du Concile de Vatican II et nous
regretterions qu’une intégration et une
participation plus fortes des laïcs soient
connsidérées comme une concurrence à la position
du prêtre et soient reléguées au second plan.
Les expériences que nous avons faites dans notre
collaboration avec les laïcs nous montrent jour
après jour à quel point leurs charismes sont
importants pour la vie des communautés et de
l’Église entière.
Notre souci porte également sur
les questions pastorales concernant le droit
ecclésial en matière de mariage et de sacrement.
Et spécialement à propos de notre comportement
face aux divorcés qui vivent ensuite une seconde
union selon les règles imposées par un mariage
civil, et qui sont en même temps animés d’une
grande responsabilité chrétienne vis-à-vis de
leur partenaire et de leurs enfants.Que puisse
leur être offert un chemin les menant à la
réconciliation avec l’Église et la réintégration
dans la communion par les sacrements, c’est là
une cause qui nous tient profondément à cœur au
titre de pasteurs qui les accompagnent.
En outre la situation du
sacrement de pénitence nous cause de graves
soucis. Beaucoup de gens ont pris leurs
distances avec la confession auriculaire et sont
néanmoins à la recherche de chemins les menant à
se réconcilier avec Dieu, avec les autres hommes
et avec eux-mêmes. La régression radicale des
confessions n’a, d’après notre expérience,
rigoureusement rien à voir avec une disparition
progressive et générale du sens du péché dans
notre société. Ce sont, de notre point de vue,
de nouvelles formes qui sont nécessaires à la
célébration sacramentelle de la réconciliation.
Dans un certain nombre de paroisses se sont
développés en ce sens des approches qui méritent
d’être remarquées.
Pour terminer nous constatons que
des pas décisifs menant à une unité des Églises
chrétiennes qui inclut la communion à la table
du Seigneur sont d’une urgence pressante. C’est
précisément au niveau des communautés
paroissiales que se sont développées en bien des
endroits une solidarité cordiale et une
collaboration aux multiples formes avec des
chrétiennes et des chrétiens appartenant à des
communautés d’autres Églises. Et nous ressentons
d’autant plus douloureusement le maintien de la
séparation entre les Églises et le scandale de
la division concernant le signe de notre unité
qui n’est autre que le Christ.
Jusqu’à aujourd’hui ce sont plus
de trois cents prêtres et diacres qui ont rallié
l’ INITIATIVE CURÉS EN CHARGE DE PAROISSES. Ce
qui nous unit, c’est l’amour de l’Église et de
notre vocation spirituelle, mais aussi notre
souci profond concernant les chemins sur
lesquels devra s’engager notre Eglise à
l’avenir. Nous considérons qu’un échange ouvert
et franc sur les sujets mentionnés s’impose dans
l’urgence à tous les niveaux, depuis celui des
paroisses jusqu’à celui de l’Église universelle
et nous espérons que Vous-même nous y
encouragerez et nous précéderez sur cette voie.
En Vous remerciant de l’attention
que Vous apporterez à ces causes qui nous
tiennent à cœur et en Vous priant de nous
accorder la possibilité de nous en entretenir
avec Vous, nous Vous adressons – en union de
prières avec Vous pour un renouveau de l’Église
– les salutations des membres de l’INITIATIVE
CURÉS EN CHARGE DE PAROISSES et de ceux qui la
soutiennent.
Pour le Bureau de l’INITIATIVE
CURÉS EN CHARGE DE PAROISSES (Marschallplatz 6
A-1120 WIEN)
Helmut Schüller.
Le 9 mai 2008 le cardinal Tarcisius Bertone,
secrétaire d’État, envoyait une réponse
détaillée par l’intermédiaire du cardinal
Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, qui
avait remis la lettre d’INITIATIVE CURÉS EN
CHARGE DE PAROISSES au pape Benoît XVI à
l’occasion de sa visite en Autriche. Voici
l’appréciation de cette réponse par les
destinaires dans une lettre à leurs membres,
amis donateurs et sympathisants :
Depuis quelques mois nous ne vous
avons pas donné de nouvelles. En effet la Lettre
No 3 prévue pour le printemps dernier a dû être
quelque peu retardée en raison du manque de
temps. Ce sont avant tout les délais imposés
pour les rencontres avec les évêques diocésains
et leur réalisation qui nous ont pris du temps.
Mais signalons tout d’abord que – comme vous
l’avez appris entre temps – nous avons reçu de
Rome une réponse à la lettre adressée au pape
Benoît XVI en septembre 2007. Le cardinal
Bertone, secrétaire d’Etat, nous a transmis en
mai, par l’intermédiaire du cardinal Schönborn,
une lettre avec des prises de position
détaillées sur les causes exposées dans notre
courrier et avec un recueil de déclarations du
pape lors de rencontres avec des prêtres
italiens (Vous trouverez le texte de cette
réponse sur notre page d’accueil
www.pfarrer-initiative.at
Le cardinal Schönborn l’a publiée de sa propre
initiative dans le procès-verbal de la réunion
du Conseil presbytéral de Vienne). De notre côté
nous avons également publié une déclaration
officielle attestant que nous étions heureux de
la réponse et du ton courtois et soucieux
d’objectivité qui y est adopté ainsi que des
efforts déployés pour donner une réponse
détaillée à nos requêtes Mais nous avons
déclaré aussi que les réponses à nos demandes
laissaient beaucoup de questions ouvertes et en
soulevaient de nouvelles, que nous voulons
approfondir dans nos Eglises locales comme à
Rome.
Rappelons que ce regroupement de
prêtres et diacres d’Autriche est très actif.
Non seulement ils rencontrent tous les évêques
d’Autriche qui acceptent leur invitation, mais
ils ont l’intention d’envoyer des représentants
à Rome en novembre pour y rechercher le contact
avec des responsables et des collaborateurs des
dicastères et des services du Vatican. Dans leur
Lettre No 3, ils évaluent leurs rencontres avec
les évêques:
Les entretiens qui ont eu lieu
jusqu’ici, comme il fallait s’y attendre, n’ont
pas permis de dépasser les points de vue déjà
connus, mais ils se sont néanmoins déroulés dans
un climat de grande franchise. Dans l’ensemble
on a pu déceler que les évêques –peut-être à
l’exception de Klaus Küng – ne sont pas très
loin de notre appréciation de la situation, mais
qu’ils considèrent nos vues comme «irréalistes»,
et cela spécialement en référence à «Rome», mais
apparemment aussi en raison des points de vue
variés représentés dans la Conférence
épiscopale. On partage notre souci concernant
l’avenir de la pastorale en paroisse. Mais en
même temps dominent le sentiment d’avoir «les
mains liées» ainsi qu’une étrange passivité...
Traduction des textes allemands :
Jean Courtois
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