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La mort du système financier dévoile l’état comateux de notre civilisation
Marius Morin

 

 


Le système financier est mort et pue depuis le mois de juillet 2007, selon Lyndon LaRouche, économiste américain et Jacques Cheminade, économiste français. Tout a commencé avec les crises financières de la BNP Paribas, le 9 août 2007, suivie par la Northern Rock Bank, le 13 septembre 2007, le grand courtier Bear Stearns, le 16 mars 2008, le prix des denrées alimentaires (riz et blé) dépassant les 150%, au début de 2008 et que dire du pétrole atteignant les 147$US le baril, le 11 juillet 2008, que penser de la mise en tutelle de la Freddie Mac et la Fannie Mac par le trésor américain, le 7 septembre 2008, de la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, du rachat de Merrill Lynch par la Bank of America, le 17 septembre 2008, de la réunion infructueuse du G20 à Washington, le 15 novembre 2008, du sauvetage du Citigroup par la Fed américaine, le 23 novembre 2008, de la fraude Madoff avec ses 50 milliards de perte, le 12 décembre dernier, de la menace de la Chine de dévaluer sa propre monnaie, et que penser d’un taux d’intérêt réduit entre 0.0 et 0.25% de la part de la réserve fédérale américaine.

Le système financier mondial est mort et les banquiers centraux croient encore pouvoir réanimer ce cadavre puant en lui injectant des sommes faramineuses d’argent volé aux différents trésors publics des pays à travers le monde. Les 700 milliards débloqués par le secrétaire de la réserve fédérale américaine, Henry Paulson, ne représentent qu’une goutte d’eau dans le gouffre financier dans lequel les requins de la finance, anglais, hollandais et américains nous ont plongés. Ils se sont érigés en maîtres absolus de leurs empires financiers au-dessus des États-Nations. Exempts d’impôts et se cachant dans différents paradis fiscaux, ils n’ont de compte à rendre à personne. Malheureusement plus de 80 pays se livrent à cette pratique. Les grandes banques ont elles aussi emboîté le pas. Avec le temps, les États-Nations sont devenus leurs principaux créanciers.  Et aujourd’hui, leur bulle financière virtuelle est en train de crever partout à travers le monde. Ces requins de la finance, toujours impunis jusqu’à aujourd’hui, en érigeant un système totalitaire au-dessus de toutes les lois des États-Nations, ont le culot de demander  aux épargnants que nous sommes et aux trésors publics des différents pays de leur venir en aide et de les sauver de la faillite. Quelle fraude, quelle hypocrisie, quelle injustice, quel scandale !

Comme prêtre et ancien professeur à la retraite, je me pose la même question que mon ami José Maria Castillo, théologien d’Espagne, pourquoi le grand silence de l’Église catholique ? Pourquoi ne parle-t-elle pas ? Comment l’Église peut-elle se prononcer sur une foule de sujets comme l’avortement, l’euthanasie, le clonage, les cellules souches, alors qu’elle n’est pas une experte en biologie ? Pourquoi est-elle si frileuse quand il est question d’économie et de finances ? Pourquoi ce silence de mort devant ces riches escrocs qui crient au secours en voyant leurs milliards fondre au soleil de la logique et de la raison, pendant que les deux tiers de l’humanité sont condamnés à la misère, à la faim et à la mort à petit feu ?

Si nous continuons à exaspérer les pauvres de tous les pays, nous courons tout droit vers un fascisme à venir. Nous ne pouvons pas continuer d’affamer l’humanité indéfiniment, en enlevant aux populations leur nourriture, leurs emplois et leurs maisons. Des foules affamées vont se soulever un peu partout à travers le monde, et l’exemple de la Grèce n’est pas étranger à ce phénomène. Les États-Nations demanderont à leur propre armée de descendre dans la rue pour rétablir l’ordre. Nous serons alors confrontés à un carnage sans précédent et à une véritable crise de civilisation. Voulons-nous une humanité qui se relève et se prenne en mains ou une humanité qui marche vers son autodestruction et sa mort dans un bain de sang ?

Il n’y a pas mille et une solutions. M’inspirant du site Web de Solidarité & Progrès, j’entrevois les solutions suivantes :

1)      Que les grands États-Nations du monde comme les États-Unis, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Europe restructurent complètement le système financier mondial. Ils doivent mettre en faillite organisée toutes les banques et bourses qui se sont livrées à la spéculation et qui ont fait reposer leurs richesses sur un système monétaire virtuel. En faisant reposer l’économie sur la spéculation, ces banques et ces bourses incriminées ont détruit l’économie physique et réelle des pays et de l’humanité.

Pour y remédier, les États-Nations doivent, selon des principes judiciaires définis et reconnus, renflouer et sauver les banques et les placements (corrects) par de vrais crédits afin de protéger les épargnants, en assurant leur retraite, en maintenant leurs emplois et en leur permettant de payer leurs hypothèques et de garder leurs maisons.

2)      Les grands États-Nations doivent prendre le contrôle de la production et changer les règles du commerce international, par un commerce équitable. Réguler pour un temps jugé approprié le taux d’échange des différentes monnaies, le prix des énergies et des denrées alimentaires. Revoir le fonctionnement des Nations-Unies avec ses organismes sophistiqués, comme l’OMC, la FAO et le FMI, etc.

3)       Les États-Nations doivent recentrer l’économie sur de grands projets d’équipements et de développements d’infrastructures au service de l’homme. Les États-Nations doivent se libérer de la dictature de l’écologisme d’Al Gore, avec Son mensonge qui dérange et la fameuse taxe britannico-hollandaise sur le carbone destinée à enrichir les grandes entreprises et à freiner le développement industriel des pays du tiers-monde. En leur imposant ainsi une telle taxe, on empêche leur développement.  

Tout cela ne se réalisera pas sans une volonté ferme des État-Nations et la mise sur pied d’une Éthique planétaire au service de l’humanité. Nous sommes témoins maintenant que l’instinct du pouvoir et du profit, promu par le libre-échange ou la soi-disant loi du marché, devient rapidement sauvage, meurtrier et inhumain. Et c’est sur ce champ de bataille éthique que les religions du monde doivent monter au front. Il est urgent que nous nous mobilisions et travaillions avec les forces vives déjà en place autour de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, à l’élaboration d’une Éthique planétaire.

Et ici, l’Église catholique a un rôle primordial à jouer. Comme institution mondiale reconnue, elle est bien placée pour intervenir et apporter son expertise en humanité, dans une Éthique internationale. Il est temps que les grandes institutions religieuses s’engagent fermement auprès des pays pauvres, car sans leur collaboration et implication, il n’y aura pas d’avenir pour l’humanité.

L’année 2009 sera déterminante et s’ouvrira sur d’autres tristes records. Je souhaite que la dégringolade des bourses et l’effondrement du système monétaire international réveillent la conscience des États-Nations et des grandes religions, pour que notre civilisation soit sauvée et qu’une éthique planétaire soit implantée.

 

 

 

 

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