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Longueuil, samedi
le 4 mars 2006
Monseigneur,
Demain, jour du
Seigneur, je penserai particulièrement à vous dans
ma prière. J’imagine que vous vivez
douloureusement les nombreuses remises en question
des positions officielles de l’Église
actuellement. Je devine aussi que la prise de
position publique des dix-neuf prêtres dans La
Presse dernièrement n’est pas de tout repos pour
vous… sachez cependant que les motifs de la
lassitude d’un bon nombre de chrétiens et
chrétiennes dont je suis trouvent là un écho qui
ravive leur espérance. Pas l’espérance béate de
pouvoir ainsi tout changer mais celle qui permet
de croire que la parole est toujours vivante et
peut circuler librement dans notre Église : le
Verbe s’est fait chair ! …et que chacun peut
contribuer, de bonne foi, à faire plus de vérité
en Église dans la foulée de l’Évangile.
Monseigneur, je
rêve du jour où les évêques avant de se rendre à
Rome dans le cadre de la visite ad liminina
sauront demander à leurs ouailles : « Qu’est-ce
que vous souhaitez que je dise de votre part au
Saint-Père concernant la vie de notre Église
ici? » Est-ce impensable ? Je sais que votre
charge de travail ne vous permet pas de rencontrer
tout le monde de votre diocèse mais vous avez des
collaborateurs et collaboratrices qui pourraient
dans le cadre de la tâche pastorale pour laquelle
ils et elles sont mandatés organiser des
rencontres à ce sujet et vous en faire part… non
? Cela ne vous empêcherait pas d’avoir vos propres
options et le Pape pourrait, il me semble,
entendre les deux. S’il y a actuellement des lieux
pour exprimer cela, je vous dirai que de simples
chrétiens et chrétiennes comme moi n’y ont pas
accès.
Avant que vous
partiez pour cette visite à Rome, je tiens à vous
dire bien humblement que je partage grandement un
point de vue exprimé par la Conférence religieuse
Canadienne :
« La
critique abondante
que subit notre Église ne provient pas que
d’esprits malins, mauvais, dévastateurs. Les
prises de parole de chrétiens et chrétiennes qui
ouvertement disent leur incompréhension et leur
refus des positions officielles catholiques ne
peuvent être classées d’un revers de la main au
rang de ce que pensent et disent les gens marqués
par « l’esprit du monde » selon Saint-Paul. Il ne
s’agit pas de tout bénir, d’accepter béatement les
consensus communs comme étant la nouvelle vérité,
mais de prêter oreille au gros bon sens des
gens ordinaires qui tiennent eux aussi l’Évangile
en main. N’est-ce pas ce pilier de foi qu’on
appelle le sensus fidelium? » Voilà Monseigneur,
je compte sur vous pour prêter une oreille
compatissante et bienveillante par les temps qui
courent.
Recevez,
Monseigneur Berthelet, l’expression de mes
sentiments distingués et de ma solidarité.
Micheline
Trépanier
Une chrétienne de votre diocèse
Micheline Trépanier est membre et secrétaire du
Service de promotion humaine du diocèse de
Saint-Jean-Longueuil. Le 15 mars 2006, 24 membres
du Service se réunissaient en ateliers de 8 pour
répondre à la question suivante: Qu'est-ce que la
lecture de la lettre des dix-neuf prêtres a
suscité en moi? Dans un deuxième temps,
une discussion plus ouverte permettait
l'interaction entre les membres de l'atelier. En
fin de rencontre, très majoritairement, les
participants et participantes ont souhaité qu'un
écho des échanges arrive
à l'oreille du premier pasteur de
leur diocèse.
Ce qui fut fait avec des comptes-rendus
détaillés...
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