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Mission : nouvelles attitudes pour le nouveau millénaire
Claude Giasson

 

Dans le Maryknoll Magazine du mois de janvier 2002, Joseph Veneruso annonce une série d’articles sur ce que sera la mission au cours du nouveau millénaire. Son premier texte est prometteur, car il indique des voies bien stimulantes.

En introduction, il fait état du questionnement des missionnaires dans les dernières années du XXe siècle. D’un côté, ils sont devenus de plus en plus sensibles aux accusations d’impérialisme culturel, aux reproches d’imposer un christianisme eurocentrique aux différentes cultures. Par ailleurs, s’est développée en eux la conviction de plus en plus forte que Dieu n’attend pas leur arrivée pour agir dans les peuples non-chrétiens. L’Esprit souffle au sein des religions païennes.

Ces nouvelles perspectives ont parfois créé des situations de crises. Mais l’auteur, loin de conclure à l’inutilité de la mission, croit plutôt qu’elle est «  plus urgente que jamais ». Toutefois, il faut changer profondément les attitudes : non plus l’obsession de convertir à tout prix, mais plutôt l’effort pour découvrir ensemble la présence, l’action de Dieu qui nous précède toujours ; non plus le sentiment d’apporter nos richesses à des pauvres, mais plutôt la conviction d’être soi-même « un pauvre qui partage avec d’autres pauvres le Pain dont tous ont besoin et que tous désirent ».

Ces nouvelles attitudes apparaissent dans le bref commentaire de quatre mots-clés : d’abord la proclamation qui insiste sur le fait que l’image de Dieu est constitutive de tous les êtres humains. Le travail missionnaire est alors de révéler aux gens, par la parole et par l’action, cette présence de Dieu agissante en eux. Se convertir, et c’est vrai du missionnaire comme de son interlocuteur, c’est refléter toujours de mieux en mieux cette image, c’est devenir de plus en plus capable de la voir en soi et dans les autres.

Autre changement d’attitude, établir un véritable dialogue interreligieux qui implique un partage : en même temps que je communique aux autres ce que Dieu signifie pour moi, je les invite à partager ce qu’il signifie pour eux. « Le dialogue exige que l'on s'ouvre et qu'on se laisse transformer par la vérité des autres. » Nous sommes à nouveau dans l’échange respectueux de la vérité de chacun.

Le troisième élément, le témoignage, insiste sur la priorité de l’action au-delà de la parole. Parfois dans certains contextes, être là, partager la même vie, les mêmes misères est le plus fort des témoignages, le signe qu’il y a dans cette vie quelque chose qui justifie qu’elle soit vécue. « Pour les populations d'autres pays, le fait que les missionnaires laissent leurs familles et leurs maisons pour vivre, travailler et même mourir avec eux est souvent un témoignage suffisant. »

Enfin la promotion humaine qui cherche à libérer les personnes et les collectivités de tout esclavage quel qu’il soit : social, personnel, émotionnel, sexuel, psychologique, économique, politique. On touche ici des engagements au nom du message libérateur de l’évangile qui peuvent demander l’héroïsme de la part des missionnaires, et faire d’eux des témoins qui changent en profondeur la face de la chrétienté…

Souhaitons que les articles à venir soient conformes aux promesses de celui-ci!

 

 

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