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Dans
le Maryknoll Magazine du mois de janvier
2002, Joseph Veneruso annonce une série
d’articles sur ce que sera la mission au cours
du nouveau millénaire. Son premier texte est
prometteur, car il indique des voies bien
stimulantes.
En
introduction, il fait état du questionnement des
missionnaires dans les dernières années du XXe
siècle. D’un côté, ils sont devenus de plus
en plus sensibles aux accusations d’impérialisme
culturel, aux reproches d’imposer un
christianisme eurocentrique aux différentes
cultures. Par ailleurs, s’est développée en
eux la conviction de plus en plus forte que Dieu
n’attend pas leur arrivée pour agir dans les
peuples non-chrétiens. L’Esprit souffle au sein
des religions païennes.
Ces nouvelles perspectives ont
parfois créé des situations de crises. Mais
l’auteur, loin de conclure à l’inutilité de
la mission, croit plutôt qu’elle est « plus urgente que jamais ».
Toutefois, il faut changer profondément les
attitudes : non plus l’obsession de
convertir à tout prix, mais plutôt l’effort
pour découvrir ensemble la présence, l’action
de Dieu qui nous précède toujours ; non
plus le sentiment d’apporter nos richesses à
des pauvres, mais plutôt la conviction d’être
soi-même « un pauvre qui partage avec
d’autres pauvres le Pain dont tous ont besoin et
que tous désirent ».
Ces
nouvelles attitudes apparaissent dans le bref
commentaire de quatre mots-clés : d’abord la proclamation
qui insiste sur le fait que l’image de Dieu est
constitutive de tous les êtres humains. Le
travail missionnaire est alors de révéler aux
gens, par la parole et par l’action, cette présence
de Dieu agissante en eux. Se convertir, et c’est
vrai du missionnaire comme de son interlocuteur,
c’est refléter toujours de mieux en mieux cette
image, c’est devenir de plus en plus capable de
la voir en soi et dans les autres.
Autre
changement d’attitude, établir un véritable dialogue
interreligieux qui implique un partage :
en même temps que je communique aux autres ce que
Dieu signifie pour moi, je les invite à partager
ce qu’il signifie pour eux. « Le dialogue
exige que l'on s'ouvre et qu'on se laisse
transformer par la vérité des autres. »
Nous sommes à nouveau dans l’échange
respectueux de la vérité de chacun.
Le
troisième élément, le témoignage, insiste
sur la priorité de l’action au-delà de la
parole. Parfois dans certains contextes, être là,
partager la même vie, les mêmes misères est le plus fort des témoignages, le signe qu’il y
a dans cette vie quelque chose qui justifie
qu’elle soit vécue. « Pour les
populations d'autres pays, le fait que les
missionnaires laissent leurs familles et leurs
maisons pour vivre, travailler et même mourir
avec eux est souvent un témoignage suffisant. »
Enfin
la promotion humaine qui cherche à libérer
les personnes et les collectivités de tout
esclavage quel qu’il soit : social,
personnel, émotionnel, sexuel, psychologique, économique,
politique. On touche ici des engagements au nom du
message libérateur de l’évangile qui peuvent
demander l’héroïsme de la part des
missionnaires, et faire d’eux des témoins qui
changent en profondeur la face de la chrétienté…
Souhaitons que les articles à venir soient
conformes aux promesses de celui-ci!
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