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Paul
Collins est très connu en Australie. Prêtre,
religieux de la congrégation des Missionnaires du
Sacré-Cœur, il est diplômé de la Harvard
Divinity School et de l’Australian National
University avec l’histoire comme spécialisation.
Il a su rejoindre le grand public par ses livres,
mais surtout par ses nombreuses apparitions à la
radio.
Son franc-parler le caractérise. Il lui a valu des
admirateurs… et des opposants tenaces. Depuis
toujours il critique ouvertement le centralisme
excessif de Rome, le style monarchique de la
papauté et le travail ambigu de cet organisme romain qui a
succédé au tribunal de l’Inquisition devenu le
Saint-Office, la Congrégation pour la doctrine de
la foi.
Ses prises de position, il les exprime de façon très
claire et très articulée sans aucun ménagement
dans un petit livre d’environ deux cents pages
publié en 1997, Papal Power. À partir
d’une démarche sur l’histoire de la papauté,
il imagine des voies d’avenir pour le
renouvellement de cette institution.
Par exemple, il suggère un modèle synodal du
gouvernement de l’Église qui, selon lui, serait
plus traditionnel dans le catholicisme que la
monarchie papale actuelle. Au passage il exprime
ses difficultés avec l’infaillibilité telle
que définie par Vatican I.
Il n’est pas surprenant que la Congrégation pour la
doctrine de la foi se soit penchée sur son livre.
Le résultat : «Après 33 ans, j'ai décidé
de quitter ma vie active de prêtre et de joindre
les rangs des simples croyants … parce que je ne
puis plus, en bonne conscience, souscrire aux
directives et énoncés théologiques émanant du
Vatican et des autres organes officiels de l'Église.»
C'est ainsi que Paul Collins commence le texte
qui explique sur plusieurs pages pourquoi il
renonce à la vie sacerdotale et à la vie religieuse.
S’il quitte, nous dit-il, c'est à cause de la
tendance de plus en plus sectaire et exclusive
qu'adopte l'Église hiérarchique, tendance dont
il lui est difficile de se dissocier en demeurant
prêtre. Ce
n'est plus une Église «catholique», c'est-à-dire
universelle, ouverte, tolérante, mais une Église
qui se replie sur elle-même, élitiste et qui
cherche à exclure un grand nombre de croyants.
Une Église qui referme une à une les ouvertures
de Vatican II. Il en voit une dernière
manifestation dans le contenu et le ton de Dominus
Jesus, texte de la Congrégation pour la
doctrine de la foi signé par les cardinaux
Ratzinger et Bertone.
Son deuxième motif de quitter la prêtrise vient de
ses démêlés avec la Congrégation pour la
doctrine de la foi à partir de son livre Papal
Power. Le dialogue, si on peut parler de
dialogue est mal engagé. Ses clarifications et
explications ne sont guère retenues.
De plus, son prochain livre doit paraître
au mois de mars sous le titre From Inquisition
to Freedom.
Ce livre, qui relate les démêlés de sept
personnes, dont Hans Kűng et Balasuriya, avec
la Congrégation pour la doctrine de la foi, est
une critique très sévère de son fonctionnement.
Aucun espoir donc que ça améliore les choses en
quoi que ce soit…
Finalement, en démissionnant, Collins veut éviter que
sa congrégation soit prise entre l'écorce et
l'arbre face à la CDF, en voulant défendre un de
ses religieux.
Pour toutes ces raisons, Paul Collins s'est vu obligé
en conscience de quitter la prêtrise. Mais il n’entend pas du tout
quitter l’Église : «Finally, I want to
make it absolutely clear that my resignation does
not mean that I have any intention whatsoever of
leaving the Catholic church. I am just changing
status in the family. Catholicism is my home and I
have no intention of leaving - come what may.»
Le texte (anglais) de Collins est disponible aux
adresses suivantes:
http://arcc-catholic-rights.org/collins2001.htm
http://www.natcath.com/NCR_Online/documents/CollinsREASONS.htm
(avec d’autres documents)
Jean
Trudeau
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