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Depuis quelques mois, le monde catholique est
secoué par les nombreux cas de prêtres
pédophiles qui ont fait surface dans plusieurs
pays. À ce scandale s'ajoutent les efforts de
l'institution Église pour cacher ces crimes
(comme dans le cas des religieuses violées en
Afrique et ailleurs) et surtout l'incurie
incompréhensible des archevêques et évêques
qui ont nommé des prêtres pédophiles reconnus
à des postes successifs où ils avaient charge
d'enfants.
Après
la France, l'Irlande, l'Australie, plusieurs
diocèses des États-Unis sont touchés.
L'archidiocèse de Boston, en particulier, et son
archevêque, Mgr Law, ont fait la manchette. Plus
de quatre-vingt cas de prêtres pédophiles y sont
devenus publics, dont celui de John J. Geoghan,
accusé d'assauts sur une centaine de jeunes et
dernièrement condamné à la prison.
Sous
le choc, plusieurs croyants laïcs de Boston se
sont réunis. Ils ont créé un organisme de
réflexion et de combat, Voice of the Faithful,
avec comme moto: «Keep the Faith, Change the
Church.» Ce groupe se donne trois
buts:
1. Supporter ceux dont on a abusé dans
l'Église.
2. Supporter les prêtres intègres.
3. Élaborer des changements structuraux en
Église.
Grâce
à son
site internet, le mouvement a fait le tour
du monde. Et cette voix des laïcs réclame jusqu'au Vatican un
rôle d'intervention sur ces
problèmes qui concernent toute l'Église. Les
enfants et parents blessés par les comportements
pédophiles de certains prêtres ne sont-ils pas des
laïcs? Les coûts exorbitants que les tribunaux imposent
et vont imposer ne concernent-ils pas directement les
laïcs, eux qui sont le soutien financier de leurs
Églises? De plus la santé morale et psychologique de ses
pasteurs ne regarde-t-elle pas la communauté
chrétienne entière?
Partout
on réclame de l'Église une vraie transparence. Qu'elle
arrête de vouloir à tout prix donner l'impression d'une
sainteté parfaite, qu'elle arrête de traiter les laïcs
comme des enfants qui ne peuvent affronter les vraies
questions, les vrais problèmes. Il y a des changements
dans nos sociétés démocratiques, des prises de
responsabilité par la base, qui doivent rejoindre
l'Église institution!
Bien
timidement, un
éditorial du journal de l'archidiocèse de Boston, The
Pilot,a reconnu que ces scandales ont soulevé des
questions dans l'esprit des laïcs qui ne disparaîtront
plus. Il en énumère quatre:
1. Est-ce que le célibat devrait continuer à être la
situation imposée au clergé diocésain dans l'Église
(latine) occidentale?
2. Si le célibat était facultatif, y aurait-il moins de
scandales de ce type dans le clergé?
3. La prêtrise attire-t-elle de fait un nombre
disproportionné d'hommes avec une orientation
homosexuelle?
4. Enfin pourquoi un nombre substantiel de catholiques ne
sont pas convaincus que le sacerdoce exclusivement
réservé aux hommes soit le projet du Christ, et que ce
soit inamovible?
Ne
faudrait-il pas admettre que ces questions, bien des
membres du clergé se les posent aussi? Ne faudrait-il pas
revendiquer le droit pour les laïcs et pour le clergé de
les traiter à fond? Et ne faudrait-il pas éviter de
relier implicitement le problème de la pédophilie à
l'homosexualité?
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