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Les déclarations de
prêtres en colère se multiplient depuis quelques
mois dans le monde germanophone. En février, un
groupe de théologiens allemands appelait à
certaines réformes. Cette fois, le vent de
rébellion qui souffle en Autriche commence à
faire trembler la hiérarchie catholique.
Plus de 300 prêtres
autrichiens (sur 4000) ont signé un « Appel
à désobéissance » lancé par un groupe de
curés. Ce texte court et direct demande la fin
du célibat des prêtres, l'accession des femmes à
la prêtrise, l'inter-communion avec les
protestants et la possibilité de communier pour
les divorcés remariés. Il propose également,
afin de faire face au recul des vocations, de
permettre aux laïcs de prononcer des homélie et
de diriger des paroisses.
L'homme à la tête du
mouvement n'est pas un obscur curé. Le P. Helmut
Schüller fut vicaire général et droit bras droit
de l'archevêque de Vienne, le cardinal Christoph
Schönborn, et a dirigé la Caritas autrichienne.
Il est actuellement curé de paroisse et aumônier
d'étudiant. Pour lui, il est temps de faire
cesser l'hypocrisie générale et la tenue de
règles que nombres de prêtres, souvent sans se
cacher de leurs évêques, ne respectent pas.
Un sondage indique que 76%
des Autrichiens soutiennent les frondeurs, et
97% prédisent une vague de départ si jamais le
P. Schüller était sanctionné. « Cela ne peut
continuer, a répondu gêné le cardinal Schönborn
dans un entretien au quotidien
Der Standard. Toute entrée en dissidence
pourrait porter à conséquence. »
Plusieurs personnalités
catholique autrichiennes, le théologien Paul
Zulehner ou Martin Felhofer, abbé de Schlägl,
évoquent un schisme possible en l'absence de
réponse à ces curés en colère. Tous les
protagonistes sont conscients qu'une sanction
hiérarchique aurait des conséquences
catastrophiques dans une Église encore sous le
choc des révélations de scandales sexuels de ces
dernières années. Ils furent alors suivis de
très nombreuses défections de fidèles.
Le cardinal, lequel par le
passé avait évoqué des idées similaires avant de
se rétracter, n'est pas dans une situation
facile. Incapable de répondre sur le fond – seul
Rome peut faire évoluer la doctrine – il se
retranche derrière la sacro-sainte unité que met
à mal tout abandon du principe d'obéissance.
L'hebdomadaire catholique
anglais
The Tablet consacre son éditorial du
3 septembre à la question, en titrant « Le
moment de vérité pour l'Autriche ». Sanctionner
les rebelles reviendrait à « défendre
l'indéfendable », indique l'article qui invite
également les initiateurs, le P. Schüller et ses
amis, « à ne pas placer le cardinal dans un
situation impossible ». Pour l'éditorialiste du
Tablet, « il n'est pas juste de laisser la jeune
génération sans autre choix que de quitter l'Eglise
dans l'indifférence ou le désespoir, ou de
choisir un traditionalisme excentrique et
fastidieu ».
Même tonalité dramatisante
dans un
article du vaticaniste italien Paolo Rodari
(Il Foglio, 3 septembre) : « À l'aide, le
schisme de l'Eglise du disciple de Ratzinger est
en train d'éclater ». Lequel Ratzinger arrive le
22 septembre chez les voisins allemands et il
n'est pas impossible que la question
autrichienne s'invite dans la visite papale.
D'autant que Mgr Robert Zollitsch, président de
la Conférence épiscopale allemande, vient de
demander un changement de la discipline
romaine concernant l'accès des divorcés-remariés
à l'eucharistie.
Témoignage chrétien,
6 septembre 2011
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