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Comme partout, dès les années 60, se
constituèrent en Espagne divers groupes d’action
catholique, disait-on alors, bien décidés à
changer les choses tant au plan chrétien qu’au
plan social. Vatican II devait renforcer et
soutenir leurs intuitions. Plusieurs évêques
s’engagèrent aussi dans ce sens, mettant ainsi
en question le national-catholicisme qui
soutenait le régime du général Franco. Rappelons
la figure de Mgr Tarancon, cardinal de Madrid.
D’autres courants devaient se développer
ensuite. Citons la prise de conscience qui se
fit à l’occasion du manifeste de « NOUS SOMMES
ÉGLISE » parti d’Autriche en 1995. L’importante
association d’aide au tiers-monde OSCAR ROMERO
en est une autre …
Déjà en mai 1986, les communautés et groupes
chrétiens de Madrid se constituèrent en ÉGLISE
DE BASE. C’était une façon de s’articuler pour
l’action, la réflexion, la formation et la
prière en commun…Celle-ci regroupe, en
particulier, pas moins d’une cinquantaine de
communautés parfois fort nombreuses. Celle-ci se
liera au RÉSEAU EUROPÉEN DE L’ÉGLISE POUR LA
LIBERTÉ en 2005.
Le reste du pays n’était cependant pas du tout
en reste. Partout des communautés naissaient ;
des mouvements nationaux les regroupaient, ainsi
le mouvement des COMMUNAUTÉS CHRÉTIENNES
POPULAIRES. Divers regroupements se sont aussi
constitués au plan régional. Tous sentaient bien
la nécessité d’une plus grande coordination.
Face à l’involution de plus en plus accentuée
ces dernières années de la Conférence Episcopale,
qui s’était déjà fortement repliée sur elle-même
lors de la transition démocratique, après la
mort de Franco en 1975, le besoin de faire
connaître un autre visage de l’Église, de rendre
plus visible une nouvelle manière de vivre sa
foi et l’engagement qui en résulte se faisait
sentir.
Patiemment, des fils se sont rencontrés, puis
noués. REDES CRISTIANAS (Réseaux chrétiens) se
mettait en place. Il publiera son premier
communiqué dès octobre 2006. Il y en aura 7
jusqu’à ce jour, qui sont autant de prises de
position claires et précises, souvent suite à
des affirmations ou des décisions officielles
inacceptables prises par la Conférence
Episcopale.
REDES CRISTIANAS
réunit pas moins de 160 mouvements, groupes et
communautés de toute l’Espagne. Il ne s’agit
nullement d’uniformiser cette multitude de
groupes. Chacun reste lui-même, qu’il soit ou
non membre d’un mouvement présent dans tout le
pays, ou simplement, dans une région, une ville.
Il fallait aussi éviter que tout parte de
Madrid, au risque de niveler les formes
originales des grandes régions (autonomies, au
plan politique) qui constituent l’Espagne : les
catalans, les basques, les galiciens, les
andalous… Une coordination d’une douzaine
personnes se mit en place à l’automne 2006,
assistée d’une assemblée de représentants.
Les membres de REDES CRISTIANAS entendent donner
ensemble une réponse au besoin de la
transformation démocratique de l’Église et de la
société. À partir de leur option pour les
pauvres et les exclus, ils veulent faire
entendre une autre voix chrétienne, critique et
alternative, qui jaillisse de l’intérieur même
de l’Église.
C’est ainsi que se sont réunis les 10 et 11
novembre, 600 délégués de tout le pays issus de
tous ces groupes et mouvements… Quel bonheur de
travailler ensemble et de se retrouver en
communion ! Après l’approbation du manifeste,
dont nous donnons ci-dessous la seconde partie,
nous sommes allés rejoindre une « concentration
d’appui à l’immigration », au centre ville, en
plein quartier populaire. « GLOBALISONS LA
DIGNITÉ HUMAINE » était le thème de notre
assemblée. Elle l’est, en effet, tout autant
pour eux que pour nous…
(Pour lire
un
extrait du Manifeste de Redes cristianas)
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