|
Le
2
mai
2011
Monsieur
Réjean
Plamondon
Secrétaire
Réseau Culture et
Foi
C.P. Les Atriums
B.P.
32095
Montréal (Québec)
H2L 4Y5
Monsieur,
Votre lettre du
29
avril
2011,
reçue par
courriel,
questionne la décision prise récemment de
contremander
les interventions publiques prévues en Ontario
par l'Organisation catholique canadienne pour le
développement et la paix
(OCCDP)
de la part du directeur du Centre
PRODH,
du Mexique. Permettez-moi de revenir un peu en
arrière pour clarifier différents aspects de
cette question. Au printemps
2009,
un comité d'enquête de la Conférence des évêques
catholiques du Canada
(CECC)
avait conclu que le Centre
PRODH
faisait partie d'un groupe d'organismes
mexicains qui avaient
« fait
preuve d'imprudence en signant un rapport des
Nations Unies sur la situation des droits
humains au Mexique, qui contenait des
orientations non conformes
à
l'enseignement de l'Église catholique ».
Néanmoins, un peu plus tôt cette année, parce
qu'une autre personne-ressource invitée pour le
Carême de partage n'avait pu obtenir de visa, un
membre du personnel de Développement et Paix a
demandé au directeur du Centre
PRODH
de remplacer au pied levé cet autre
conférencier. Dès qu'a été connue cette nouvelle
invitation, des questions et des protestations
se sont fait entendre. Après mûres réflexions,
l'Archevêque d'Ottawa et le Directeur général de
Développement et Paix ont décidé de concert
d'annuler les interventions prévues, pour éviter
que la controverse ne détourne l'attention du
programme du Carême de partage. Par la suite,
les autorités de l'Église au Mexique ont
confirmé nourrir de sérieuses inquiétudes au
sujet du Centre
PRODH.
Cette information a été portée à l'attention du
Secrétaire général de la
CECC,
qui se devait de la communiquer
à
tous les évêques, notamment a l'Archevêque
d'Ottawa, ainsi
qu'à
Développement et Paix.
Quelles que soient les questions ou les
objections soulevées par l'un ou l'autre des
« groupes
conservateurs ou intégristes »,
ce qui importe pour les évêques canadiens et
pour Développement et Paix, c'est que le Centre
PRODH
ne reçoit pas l'appui sans réserves de l'évêque
local au Mexique.
Il
faut distinguer deux problèmes différents mais
importants : les difficultés et les défis que
posent non seulement à l'Église mais à toute
notre société certaines voix polarisées à
l'extrême qui se servent des médias sociaux, et
les efforts que fait actuellement Développement
et Paix pour veiller
à
ce
que sa priorité et son objectif principal
demeurent le développement humain.
Je vais revenir un peu plus loin sur le défi des
communications. Mais je voudrais commencer par
ce qui concerne
l'OCCDP.
Développement et Paix a été fondé par les
évêques canadiens en réponse à l'Encyclique
Populorum Progressio
sur le développement des peuples, publiée par le
Pape Paul VI en
1967.
Ce thème allait être repris et développé par le
Pape Jean-Paul II et il a reçu récemment une
impulsion nouvelle avec la parution de
l'Encyclique du Pape Benoît
XVI Caritas
in
Veritate,
sur le développement humain intégral dans la
charité et la vérité.
Axée sur l'idée que
« l'ouverture
à la vie est au cœur du vrai développement »
(n° 28),
l'Encyclique apparaît à
l'OCCDP
et aux évêques du Canada comme une occasion
décisive pour renforcer et
redynamiser
Développement et Paix.
Au-delà des accusations portées contre
l'OCCDP
par quelques sites
Internet,
c'est bien plutôt l'approche
holistique
du développement humain dans l'Encyclique qui
est au cœur de notre réflexion sur Développement
et Paix. Lors de notre Assemblée plénière
2009,
les évêques ont souligné les liens étroits qui
les unissent a
l'OCCDP,
ils ont exprimé leur profond désir de lui voir
continuer sa mission, dit leur appréciation pour
l'excellent travail accompli depuis des années,
confirmé leur intention de collaborer à son
renouveau à la révision de son mandat à la
lumière de
Caritas
in
Veritate.
C'est pourquoi, à notre Assemblée plénière
2010,
nous avons décidé, vu l'importance de l'agence
et de sa mission, de créer, au lieu d'un comité
ad hoc, un Comité permanent sur
Développement et Paix. Le Comité permanent a
pour but de conseiller
à
la fois la Conférence et
l'OCCDP,
de leur offrir
« une
tribune où partager l'information et collaborer
plus étroitement à réaliser leur objectif
commun, qui est de venir en aide aux personnes
les plus vulnérables de notre monde ».
Ces faits sont tous documentés sur le site
Internet
de la
CECC,
www.cccb.ca.
Ainsi, les évêques de tout le pays, du Québec
comme du reste du Canada, ont participé à cette
confirmation de Développement et Paix et de sa
mission. Le Comité permanent lui-même comprend
actuellement deux évêques du Québec (Mgr André
Gaumond,
archevêque de Sherbrooke, et Mgr Pierre-André
Fournier, archevêque de Rimouski) et deux
évêques du Canada anglais (Mgr John
Boissonneau,
évêque auxiliaire à Toronto, et Mgr
Fred
Henry, évêque de Calgary). En outre, le Comité
est conseillé par deux évêques nommés par notre
Conférence pour la représenter au Conseil
national de Développement et paix
:
Mgr Claude Champagne,
0.M.I.,
évêque
d'Edmundston,
et Mgr. Richard
Grecco,
évêque de Charlottetown. Au cours des prochains
mois
--
la chose a été approuvée par le conseil national
de
l'OCCDP --
ces deux évêques deviendront aussi membres de
plein droit du Comité permanent.
Vous
faites référence dans votre lettre à
« des
groupes conservateurs ou intégristes ».
Que
la critique que vous formulez soit fondée ou
non, le fait est que toute l'Église et toute
notre société doivent relever aujourd'hui un
énorme défi, surtout en matière de
communication. Les
« médias
sociaux » offrent de nouvelles façons,
emballantes, de partager l'information et
d'échanger des points de vue. Mais comme toute
forme de communication, qu'elle soit socialement
« conservatrice »
ou « progressiste »,
ils
peuvent aussi manipuler et induire en erreur,
diffuser des conclusions simplistes voire
erronées. Les évêques du Canada ont conscience
du potentiel de ces outils aussi bien que de
leurs dangers. À notre Assemblée plénière
2009,
une
séance spéciale en soirée a été consacrée aux
conséquences pastorales des
blogues
et
des sites
Internet,
aux
possibilités nouvelles qu'ils offrent mais aussi
à leur radicalisation et
à
la
division qu'ils peuvent introduire dans le
discours et les relations sociales et
ecclésiales. C'est pourquoi notre
Conférence
travaille à instaurer un climat plus positif,
qui nous permettra, nous l'espérons, de
dialoguer avec l'un ou l'autre au moins des
groupes en cause. Mais une grande partie de la
solution consistera pour les institutions et les
agences ecclésiales à être plus efficaces dans
leur usage des médias sociaux et
à
veiller
à
y
faire une place non seulement à divers points de
vue catholiques mais aussi à l'autorité
enseignante de l'Église – que sont le pape et
les évêques. Aussi la
CECC va-t-elle
bientôt adopter une nouvelle approche de la
technologie des communications et de
l'information. Notre Secrétaire général en aura
plus à dire à ce sujet dans les semaines qui
viennent.
J'espère que cette réponse vous fournit des
renseignements que vous pourriez ne pas avoir
eus en main jusqu'ici et qu'elle vous aidera à
comprendre le profond désir qu'a notre
Conférence de voir
l'OCCDP
continuer l'excellent travail qu'elle accomplit
dans le monde d'aujourd'hui.
Dans le Christ Notre Seigneur,
Pierre
Morissette
Évêque de Saint-Jérôme
Président de la Conférence des évêques
catholiques du Canada
c.c.
:
Mgr
Terrence Prendergast
Mgr Martin W.
Currie
Mgr François
Lapierre
Mgr Claude Champagne
Mgr Richard
Grecco
Mgr Patrick Powers
M. Michael Casey
[
RETOUR ]
|