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Le 29 avril 2011
Mgr Pierre Morissette, évêque de Saint-Jérôme
Président de la Conférence des évêques
catholiques du Canada
2500, promenade Don Reid
Ottawa (Ontario)
K1H 2J2
Cher Monseigneur,
Le Réseau Culture et Foi tient à vous dire
combien ses membres ont été consternés et
scandalisés par la décision de Mgr Terrence
Prendergast, s.j., archevêque d’Ottawa,
d’annuler les conférences du P.
Luis Arriaga, s.j.,
directeur du Centre mexicain pour la défense des
droits humains (PRODH), que
l’Organisation catholique canadienne pour le
Développement et la Paix
avait eu la bonne idée d’inviter, ce printemps,
pour sa campagne «Carême de partage». Le geste
de votre collègue est l’expression publique d’un
manque total de confiance envers le Conseil
d’administration et le directeur général de
Développement et Paix. Cela est éminemment
regrettable et condamnable.
Le geste est d’autant plus inacceptable que
Développement et Paix
a été créé en 1967 par les évêques canadiens,
dans la foulée du concile Vatican II, pour
lutter contre la pauvreté et les injustices
sociales en partenariat avec des organisations
populaires reconnues des pays du sud, et que son
objectif a toujours été de s’attaquer aux causes
structurelles de l’appauvrissement plutôt que
d’éponger indéfiniment les conséquences
désastreuses des exclusions économiques et
sociales. Vous nous pardonnerez de ne pas
comprendre que des évêques s’en prennent à un
organisme qu’ils ont eux-mêmes créé et qu’ils
demandent aux catholiques canadiens d’appuyer.
Comme si cela n’était pas suffisant, la
Conférence des évêques catholiques du Canada,
suite à des accusations portées contre
l’organisme Développement et Paix auquel
on reprochait de soutenir des organisations non
gouvernementales partenaires, comme le
Centre mexicain pour la défense des droits
humains (PRODH), parce que celles-ci auraient eu
des liens avec des groupes pro-avortement, avait
créé un Comité d’enquête pour examiner ces
allégations. Celui-ci
était composé de Mgr Martin W. Currie,
archevêque de St. John’s et évêque de Grand
Falls, à Terre-Neuve et Labrador, et de Mgr
François Lapierre. P.M.É., évêque de
Saint-Hyacinthe, au Québec, qui ont été aidés
dans leur tâche par Mgr Mario Paquette, P.H.,
alors secrétaire général de la C.E.C.C., et Mgr
Carlos Quintana Puente, C.S.S., directeur de la
Collecte pour l’Église en Amérique latine, à la
Conférence des évêques catholiques des
États-Unis. Trois représentants de
Développement et
Paix étaient aussi présents pour
aider au bon déroulement de la visite au Mexique
et faciliter les rencontres avec les divers
intervenants. Il s’agit de MM. Michael Casey,
directeur général; Paul Cliche, directeur
adjoint (Service des programmes internationaux);
et André Charlebois, chargé de programmes pour
l’Amérique latine.
Or, le Comité d’enquête de la C.E.C.C. a, en
juin 2009, rendu public son rapport, qui portait
sur cinq organismes non gouvernementaux
mexicains, dont certains projets sont financés
par
Développement et Paix. Il rejette
les allégations et accusations portées contre
Développement et Paix et affirme que
les subventions de l’organisme de l’Épiscopat
canadien n’ont pas servi à des projets reliés à
la promotion de l’avortement. De toute évidence,
ce rapport n’a pas convaincu Mgr Prendergast,
d’Ottawa, qui ne fait confiance à personne de
son organisation.
Ce qui est, pour nous, encore plus scandaleux
que le geste posé par Mgr Prendergast, c’est le
silence total de la Conférence des évêques
catholiques du Canada. Celle-ci, par son
mutisme, se rend complice de la conduite
irresponsable de leur collègue évêque et laisse
tomber le Conseil d’administration et le
directeur de Développement et Paix. Nous
ne vous demandons pas une condamnation à mort;
nous vous invitons seulement à faire preuve d’un
peu de courage et à prendre publiquement la
défense de votre organisme de solidarité
internationale dont la qualité des programmes et
des interventions est reconnue largement au
Canada et dans les pays du Sud, et à l’assurer
de votre appui et de votre solidarité. Quand nos
évêques sont interpellés par des groupes engagés
et représentatifs, nous avons l’impression
qu’ils n’ont jamais d’autre réponse que le
silence, mais la situation paraît bien
différente quand ils sont interpellés par des
groupes conservateurs ou intégristes peu
représentatifs. Dans ce cas, tout est mis en
œuvre pour répondre à leurs questions et les
satisfaire. Craint-on une dénonciation à
Rome? La peur est, nous semble-t-il, une bien
mauvaise conseillère.
Nous appuyons de tout coeur
l’Organisation catholique canadienne pour le
Développement et la Paix et nous sommes
solidaires de ses objectifs de promotion de la
justice sociale et du service des pauvres. Nous
souhaitons que la Conférence des évêques
catholiques du Canada cesse de remettre
constamment en cause le bien-fondé de la mission
de Développement et Paix et lui accorde
l’appui que l’organisme mérite si largement.
Je vous vous prie de recevoir, cher Monseigneur
Morissette, l’expression de la considération du
Réseau Culture et Foi.
Le secrétaire,
Réjean Plamondon
C.C. :
Mgr Terrence Prendergast, archevêque d’Ottawa ;
Mgr Martin W. Currie,
membre du comité qui a visité le Centre PRODH ;
Mgr François Lapierre, P.M.É.,membre du comité
qui a visité le Centre PRODH ;
Mgr Claude Champagne, représentant de la C.E.C.C.
au Conseil national de Développement et Paix ;
Mgr Richard Grecco, représentant de la CECC au
Conseil national de Développement et Paix ;
Mgr Patrick Powers, P.H., secrétaire générale de
la Conférence des évêques catholiques du
Canada ;
M. Michaël Casey, directeur général de
Développement et Paix.
C.P. Les Atriums
B.P. 32095
Montréal (Québec)
H2L 4Y5
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