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«L’écoute de la Parole de Dieu dans l'Écriture
Sainte» fait partie depuis le Concile Vatican II
(1962-1965) des convictions fondamentales de
l'Église catholique.
Selon le Mouvement International Nous sommes
Église, il ressort de nombreux textes du
magistère romain que la théologie de la
Parole de Dieu développée dans la
Constitution Dogmatique sur la Révélation du
Concile Vatican II (Dei Verbum) était
passée à peu près inaperçue (et n’était
évidemment pas attendue).
Le dernier Concile a éveillé à la compréhension
de la Bible de manière déterminante mais la
tâche reste inachevée. C'est pourquoi Nous
sommes Église invite les évêques qui
participeront au Synode mondial de 2008 à ouvrir
la discussion sur les problèmes suivants et à
prendre des décisions ouvrant la voie à des
solutions d'avenir.
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La Bible ne doit pas être vue comme un
répertoire d’arguments pour justifier la
doctrine de l’Église.
Elle n'est pas un manuel de dogmatique ou
d'éthique. Il en est trop peu tenu compte
dans l'annonce ecclésiale (voir le
Catéchisme de l'Église catholique): des
phrases provenant de contextes et de genres
différents s'y trouvent combinées; des
méthodes d'interprétation de l'Écriture et
certains principes qui en commandent la
compréhension sont souvent ignorés. Les
tendances historisantes et la présentation
de textes bibliques isolés (tel l’évangile
de Jean) comme exprimant la vérité absolue
sont en contradiction avec la Constitution
Dogmatique sur la Révélation adoptée par le
Concile.
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Le Nouveau Testament comporte des passages
de caractère antijuif.
L'histoire de la réception de ces textes et
l'influence qu'ils ont exercée depuis leur
origine ont été désastreuses. La hiérarchie
doit donc discerner, reconnaître et
combattre ces préjugés à l’égard des juifs.
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Les formulations bibliques incorrectes
(comme «les pharisiens hypocrites», «le Dieu
de la vengeance de l'Ancien Testament» et
«le Dieu d’amour du Nouveau Testament»)
doivent être écartées.
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L'interprétation historico-critique demeure
un facteur important de juste compréhension
des textes bibliques.
Cette approche utilise diverses méthodes qui
devraient être adoptées aussi pour les
citations bibliques des documents et la
proclamation de la Parole dans l'Église.
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Les nouvelles approches de la Bible ouvertes
par l’«exégèse féministe» devraient être
prises en considération bien davantage.
Cette lecture de la Bible fait ressortir que
de nombreux textes bibliques axés sur les
personnages ou le point de vue masculins ne
prennent en compte qu'occasionnellement les
expériences féminines du Dieu d'Abraham,
d'Isaac et de Jacob. De nombreux textes de
la Bible ont été écrits pour légitimer le
patriarcat ou on en a abusé par la suite à
cette fin.
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L’interprétation des textes bibliques à
partir de la psychologie des profondeurs ne
jouit encore que d'une considération trop
rare.
Elle part des problèmes, des questions, des
peurs, de l'espoir, des émotions, des rêves
de la journée et de la nuit, des opinions et
des valeurs du lecteur, c'est à dire de tout
ce qui affecte les lecteurs de la Bible.
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L’interprétation canonique de la
Bible qui a la faveur de quelques exégètes
d'aujourd'hui ouvre de nouvelles
perspectives pour l'Église.
En appréhendant le canon de
l'Écriture dans son ensemble, on devrait
s'affranchir de toute intention totalitaire
et uniformisante et découvrir le canon de la
Bible comme une construction diverse,
pluraliste et porteuse de pluralisme. La
Bible peut alors devenir une «école de
pluralité» (Ottmar Fuchs).
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L’«unité dans la diversité» a une énorme
importance pour la compréhension de l'Église
et de l'œcuménisme
chrétien.
Dès lors que l'ensemble multiforme des
écritures hébraïques et grecques est vu
comme unité désirée, la pluralité est
renforcée. Dans ce contexte, la Bible
devient pour l'Église modèle d'œcuménisme
comme unité dans la diversité.
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Il n'y a pas de concept clair de la
«révélation».
Le concile Vatican II n'a pas expliqué
comment la révélation de Dieu peut être
reçue par l'homme dans son historicité d'une
manière qui préserve la liberté de Dieu et
celle de l’homme, en évitant un mode
d'expression mythologique.
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La révélation de Dieu dans les religions du
monde et son rapport à la révélation
judéo-chrétienne sont des questions pour une
large part irrésolues.
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L’«inspiration de la Bible» a été et est
souvent mal comprise par les gens.
Dieu – plutôt l'Esprit saint – aurait
soufflé les paroles à l'oreille des auteurs
bibliques. Une idée à réviser d'urgence.
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Dans la pratique de l'Église, il y a souvent
une «double» Bible:
la Bible des exégètes, fruit d'un travail
scientifique, et la Bible des lecteurs
ordinaires, peu informés de ces travaux mais
qui manifestent un intérêt religieux.
Le document de la Commission biblique
pontificale L’interprétation de la Bible
dans l'Église (1993) présente d'une
manière objective les différentes voies
d'accès à la Bible et en fait une critique
constructive. L'inculturation de
l'interprétation de la Bible est
explicitement encouragée, étant souligné que
les textes de la Bible sont reliés à des
situations spécifiques. Les approches
fondamentalistes de la Bible sont
explicitement condamnées comme fausse route.
Pour ne pas aggraver le risque d'une
«double» Bible, il faudra un dialogue
fécond entre les deux parties, poursuivi
dans une atmosphère d’égalité, au cours du
synode et à l’avenir. À cette fin, il faudra
découvrir de nouveaux moyens d’échanger et
d’aborder les diverses méthodes
d’interprétation des textes bibliques.
Traduction : Hubert Tournès
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