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Pendant 3 mois la prieure Sœur Christine
Vladimiroff a été en pourparlers avec le Vatican
qui lui avait donné « l'ordre d'interdire à Sœur
Joan Chittister la participation à la Conférence
de Dublin pour laquelle elle était prévue comme
une des intervenantes principales ». La prieure
a tenu à faire connaître publiquement ce fait.
Elle est d'ailleurs allée à Rome pour dialoguer
avec le Vatican. Elle a voulu discuter de cela
avec des évêques, d'autres responsables
religieux, d'autres prieure. Mais elle a surtout
réfléchi avec sa propre Communauté des Sœurs
Bénédictines (OSB) d'Erie. Puis elle a publié le
Communiqué de presse qui suit…
Depuis trois mois j’ai été en pourparlers avec des
responsables du Vatican au sujet de la
participation de Sœur Joan Chittister à la
Conférence du "Réseau Mondial pour
l’Ordination des Femmes" (WOW) du 29 juin au
1er juillet 2001, à Dublin, Irlande. Le Vatican
jugeait que cette participation était en
contradiction avec le décret Ordinatio
Sacerdotalis selon lequel l’ordination
presbytérale ne sera jamais conférée aux femmes
dans l’Église Catholique Romaine et ne doit donc
pas faire l’objet de débats. Le Vatican m’a
donné l’ordre d’interdire à Sœur Joan la
participation à la Conférence pour laquelle elle
était prévue comme une des intervenantes
principales.
J’ai discuté de longues heures avec Sœur Joan et
suis partie à Rome pour dialoguer sur le sujet
avec les autorités du Vatican. J’ai cherché
conseil auprès d’évêques, responsables
religieux, spécialistes en Droit canon, auprès
d’autres prieures, et surtout auprès de ma
communauté religieuse, les Sœurs Bénédictines
d’Erie. J’ai passé un grand nombre d’heures en
prière communautaire et personnelle sur ce
sujet.
Après beaucoup de réflexions et de prières, je suis parvenue
à la décision d'opposer un refus à la requête du
Vatican. C'est à partir de la tradition
bénédictine ou monastique de l'obéissance que
j'ai pris ma décision. Il existe une différence
fondamentale entre la conception de l'obéissance
selon la tradition monastique et celle qui est
utilisée par le Vatican pour exercer pouvoir et
contrôle, et pour produire une impression de
fausse unité inspirée par la peur. L'autorité et
l'obéissance bénédictines se construisent à
travers le dialogue entre un membre de la
Communauté et sa supérieure prieure dans un
esprit de co-responsabilité. Le rôle de la
prieure dans une communauté bénédictine est
celui d'être un guide dans la recherche de Dieu.
Bien que vécue dans la communauté, la recherche
est l'affaire de l'individu.
Sœur Joan Chittister qui a vécu 50 ans de vie monastique dans
la foi et la fidélité doit prendre elle-même sa
décision fondée sur sa conception de l'Église,
sa profession monastique et son intégrité
personnelle. Je ne dois pas accepter d'être
utilisée par le Vatican pour transmettre des
ordres de silence. Je ne considère pas sa
participation à ce Congrès comme "une source de
scandale pour les fidèles", comme l'affirme le
Vatican, mais je pense plutôt que les fidèles
peuvent êtres scandalisés lorsque sont
interdites des tentatives honnêtes pour discuter
de questions importantes pour l'Église.
J'ai fait part de ma décision à la communauté et j'ai lu la
lettre que j'allais envoyer au Vatican. 127 des
128 membres de la Congrégation des sœurs
bénédictines d'Erie, ayant la faculté de le
faire, ont librement donné leur appui à cette
décision en ajoutant leur signature à cette
lettre. Sœur Joan a parlé à ce Congrès avec la
bénédiction des Sœurs Bénédictines d'Erie.
Ma décision ne doit en aucun cas être comprise comme un
manque de communion avec l'Église. J'essaie
d'être fidèle au rôle joué dans l'Église plus
large par une tradition monastique vieille de
1.500 ans. Notre tradition remonte aux Pères et
Mères du désert du 4éme siècle qui vivaient en
marge de la société afin d'être une présence de
prière et de questionnement aussi bien dans
l'Église que dans la société. Les Communautés
bénédictines d'hommes et de femmes n'ont jamais
voulu être partie intégrante du statut
hiérarchique et clérical de l'Église, mais se
trouver à l'écart de cette structure pour offrir
une voix différente. Ce n'est que si nous le
faisons que nous pouvons vivre le don que nous
sommes pour l'Église. Ce n'est que de cette
manière que nous pouvons être fidèles au don que
les femmes ont dans l'Église.
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