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Regard sur un Vendredi…
Clermont Rainville

 

 


On peut être pour, on peut être contre, mais il me semble bon de se donner un certain regard sur un Vendredi pas tout à fait comme les autres…  Oui, on souligne encore un tel Vendredi. Plusieurs ont alors congé, d’autres s’arrêtent un moment. C’est un Vendredi qui peut nous amener à aller davantage dans les profondeurs de notre être. C’est un Vendredi qui peut nous questionner, qui peut nous bousculer, qui peut nous faire réfléchir, au moins, un petit peu. C’est, ainsi, le Vendredi de nos difficultés de vivre, c’est le Vendredi de nos misères et de nos souffrances, c’est le Vendredi de la mort qui fait mal…  C’est alors le Vendredi qu’on ose appeler le « Vendredi-Saint ».

Oui, on peut y être indifférent, on peut s’en foutre,  mais on peut aussi se donner un moment pour réfléchir à toute cette question du mal et de la souffrance qui est une question tellement existentielle et qui finit par nous toucher tous et toutes. Non, il n’est pas facile de prendre le temps de s’arrêter sur une telle question! Elle nous dérange, elle nous fait peur, elle nous fait si souvent mal… On la repousse, encore et encore… Mais,  même si nous ne le voulons pas, elle est là, à un moment ou l’autre, pour nous-même, ou pour quelqu’un qui nous est proche, ou pour un coin ou l’autre de notre planète. Les chemins qui sont les nôtres, les chemins humains, sont parfois, on le sait bien, si difficiles… Et ils font mal, très mal…

Jésus de Nazareth, Jésus le Galiléen, a, lui aussi, marché sur des chemins qui lui ont fait mal, à lui et à son entourage. Dans un moment d’intériorité et de prière, alors qu’il avait tellement peur et qu’il était angoissé : « Père, a-t-il dit, si c’est possible, que ce calice s’éloigne de moi. » Et, à ce moment, il a alors sûrement repensé à sa vie, à ce qu’il croyait bon, à ses engagements auprès de tant de personnes qui avaient mal, à tous ces gens qu’il avait tellement aimés… Et c’est ainsi, en comprenant que nos chemins sont les chemins de notre Dieu, par amour, par beaucoup d’amour, il a aussi compris qu’il devait continuer à marcher son chemin, et jusqu’à la mort…

Son chemin a été difficile et brutal comme les chemins qui sont les nôtres. Pas plus, pas moins…  Et, ce qui lui a permis de le marcher, c’est sûrement cette intimité qu’il a su partager avec Dieu qu’il a appelé son Père. Ça été une confiance et un amour inconditionnel qui lui ont donné la force de se relever. Ça été son espérance. Ça été le chemin de la Résurrection, non seulement pour lui, mais pour tous les humains, d’hier et d’aujourd’hui,  blessés et brisés par le poids de la vie.

On peut y croire, on peut ne pas y croire… Personnellement, je trouve ça bon d’y croire, de savoir qu’au-delà de toutes nos limites, nous sommes appelés à la vie.  Oui, nous aussi, nous pouvons nous relever, et redonner un sens à la vie. Non, ce n’est pas facile et pas évident, mais, petit à petit,  c’est possible. Et si c’était là notre espérance, pour que nous également, quand la vie est si dure, nous sachions vaincre le mal et tout ce qui nous empêche de vivre…

 

Chicoutimi, mars 2008

 

 

 

 

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