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On peut être pour, on peut être contre, mais il
me semble bon de se donner un certain regard sur
un Vendredi pas tout à fait comme les autres…
Oui, on souligne encore un tel Vendredi.
Plusieurs ont alors congé, d’autres s’arrêtent
un moment. C’est un Vendredi qui peut nous
amener à aller davantage dans les profondeurs de
notre être. C’est un Vendredi qui peut nous
questionner, qui peut nous bousculer, qui peut
nous faire réfléchir, au moins, un petit peu.
C’est, ainsi, le Vendredi de nos difficultés de
vivre, c’est le Vendredi de nos misères et de
nos souffrances, c’est le Vendredi de la mort
qui fait mal… C’est alors le Vendredi qu’on ose
appeler le « Vendredi-Saint ».
Oui, on peut y
être indifférent, on peut s’en foutre, mais on
peut aussi se donner un moment pour réfléchir à
toute cette question du mal et de la souffrance
qui est une question tellement existentielle et
qui finit par nous toucher tous et toutes. Non,
il n’est pas facile de prendre le temps de
s’arrêter sur une telle question! Elle nous
dérange, elle nous fait peur, elle nous fait si
souvent mal… On la repousse, encore et encore…
Mais, même si nous ne le voulons pas, elle est
là, à un moment ou l’autre, pour nous-même, ou
pour quelqu’un qui nous est proche, ou pour un
coin ou l’autre de notre planète. Les chemins
qui sont les nôtres, les chemins humains, sont
parfois, on le sait bien, si difficiles… Et ils
font mal, très mal…
Jésus de
Nazareth, Jésus le Galiléen, a, lui aussi,
marché sur des chemins qui lui ont fait mal, à
lui et à son entourage. Dans un moment
d’intériorité et de prière, alors qu’il avait
tellement peur et qu’il était angoissé : « Père,
a-t-il dit, si c’est possible, que ce calice
s’éloigne de moi. » Et, à ce moment, il a alors
sûrement repensé à sa vie, à ce qu’il croyait
bon, à ses engagements auprès de tant de
personnes qui avaient mal, à tous ces gens qu’il
avait tellement aimés… Et c’est ainsi, en
comprenant que nos chemins sont les chemins de
notre Dieu, par amour, par beaucoup d’amour, il
a aussi compris qu’il devait continuer à marcher
son chemin, et jusqu’à la mort…
Son chemin a été
difficile et brutal comme les chemins qui sont
les nôtres. Pas plus, pas moins… Et, ce qui lui
a permis de le marcher, c’est sûrement cette
intimité qu’il a su partager avec Dieu qu’il a
appelé son Père. Ça été une confiance et un
amour inconditionnel qui lui ont donné la force
de se relever. Ça été son espérance. Ça été le
chemin de la Résurrection, non seulement pour
lui, mais pour tous les humains, d’hier et
d’aujourd’hui, blessés et brisés par le poids
de la vie.
On peut y
croire, on peut ne pas y croire…
Personnellement, je trouve ça bon d’y croire, de
savoir qu’au-delà de toutes nos limites, nous
sommes appelés à la vie. Oui, nous aussi, nous
pouvons nous relever, et redonner un sens à la
vie. Non, ce n’est pas facile et pas évident,
mais, petit à petit, c’est possible. Et si
c’était là notre espérance, pour que nous
également, quand la vie est si dure, nous
sachions vaincre le mal et tout ce qui nous
empêche de vivre…
Chicoutimi, mars 2008
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