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Edward
Collins Vacek, s.j., professeur de théologie
morale à la Weston
Jesuit School of Theology, est l’auteur de Love,
Human and Divine (Georgetown University Press).
Il
y a quarante ans, la plupart des Américains
condamnaient l’activité homosexuelle. On était
loin d’envisager le mariage entre personnes de même
sexe, idée avec laquelle de nombreux citoyens
canadiens et américains jonglent aujourd’hui.
La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF)
n’a pas manqué de prendre position dans ce débat,
et s’est opposée à la reconnaissance juridique
de telles unions dans un texte de juin 2003
intitulé « Considérations à propos des
projets de reconnaissance juridique des unions
entre personnes homosexuelles » (1).
Comment
une chose naguère impensable a-t-elle pu devenir
légale dans au moins douze pays ? C’est la
question à laquelle je veux réfléchir ici, sans
prendre parti pour le mariage homosexuel. J’ai
en effet grandi dans l’Église d’avant Vatican II
et suis prédisposé, par ma formation de jésuite
et l’étude de la philosophie thomiste, à une
certaine tournure d’esprit « essentialiste ».
J’ai donc une inclination pour les idées
claires et nettes, et tends à penser que la
meilleure solution est la seule acceptable en
toute chose. En outre, je trouve habituellement
que les positions morales du Vatican s’appuient
sur des arguments intelligents. En somme, mon
bagage me porte à souscrire à l’approche de
l’Église sur la question du mariage entre
homosexuels. Pourtant, comme prêtre, j’ai
appris que la vie humaine n’est pas simple, et
que le mieux est souvent l’ennemi du bien.
C’est pour cela que les prêtres combinent
depuis toujours les règles de la morale avec une
« approche pastorale ». Et à certains
moments, celle-ci s’est imposée comme norme.
Adossée
au point de vue essentialiste qui lui dicte sa
position, la CDF donne de la sexualité une définition
claire dont elle tire des conclusions sans ambiguïté
sur le mariage et les actes sexuels moralement
bons ou mauvais. Ce mode de raisonnement n’est
pas celui de l’esprit « post-moderne » :
à l’aide de catégories aux contours flous,
sachant la sagesse humaine incertaine, celui-ci
aborde le réel dans sa mouvance et sa complexité.
La pensée essentialiste a la tête dans les
livres, la pensée post-moderne trouve son chemin
et ses questionnements dans le journal du matin.
À cet égard, se dissociant de la récente décision
de la Cour suprême d’abroger la législation du
Texas sur la sodomie, le juge Antonin Scalia a
fait remarquer que, si la loi s’accommode au
mieux de la stricte logique, la vie quotidienne a
souvent avantage à s’en passer.
Pour
les essentialistes, il y a un « ordre de
l’univers », et des distinctions claires
qu’il convient de préserver. Ainsi, c’est
Dieu qui a institué le mariage, dont il
n’appartient pas à l’homme de changer les
modalités. Soit l’activité sexuelle est
conforme à la nature, donc bonne, soit elle est
contraire à la nature, donc mauvaise. Selon l’Écriture,
il répugne à Dieu qu’une femme s’habille en
homme. De même, il répugne qu’un homme aille
au lit avec un autre homme comme avec une femme.
Au sein du cosmos ordonné de Thomas d’Aquin, pécher
contre la sexualité voulue par la nature équivaut
à pécher contre Dieu. Tous les péchés
d’ordre sexuel, même mineurs, ont ensuite été
considérés par la tradition comme « mortels »,
parce que contraires au plan du Créateur pour la
survie de l’espèce humaine.
Pour
un esprit post-moderne, nos catégories de pensée
ne sont pas parfaitement adéquates : ce sont
des découpages abstraits opérés pour des
raisons pratiques. Cette conception le rend
sensible à des similitudes entre mariage
homosexuel et mariage hétérosexuel, là où la
CDF ne voit « aucun fondement pour assimiler
ou établir des analogies, même lointaines, entre
les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur
le mariage et la famille » (paragraphe 4).
L’esprit essentialiste perçoit la moralité des
actes sexuels en noir et blanc, l’esprit
post-moderne en tons et demi-teintes.
Dans
le « plurivers » (mot d’Henry James)
morcelé de l’esprit post-moderne, le monde
n’est pas ordonné; c’est à nous (et non à
Dieu ou à l’ordre cosmique) qu’il revient
d’établir, de façon toujours provisoire, les
pratiques et institutions qui peuvent nous aider
à vivre ensemble et à nous épanouir. L’homme
doit, tantôt se soumettre aux limites inscrites
dans son corps, tantôt les dépasser. Par
exemple, il ne peut voler, mais il peut prendre
l’avion. La biologie n’est pas une contrainte
finale.
La
CDF réclame une condamnation vigoureuse et sans
appel du mariage entre homosexuels, parce qu’il
est contraire à la nature et au bien commun. La
mentalité post-moderne entrevoit la
reconnaissance de ce type d’union comme un moyen
d’aider les personnes homosexuelles à s’épanouir
humainement et à contribuer au bien commun, au même
titre que les autres membres de la société.
Tandis que la CDF, avec sa pensée essentialiste,
déclare qu’il est mal d’invoquer le respect
ou la non-discrimination des personnes pour
autoriser des pratiques objectivement mauvaises,
l’esprit post-moderne exige le respect des
orientations sexuelles.
Défini
de façon traditionnelle, le mariage est un état
de vie comportant l’union sexuelle d’un homme
et d’une femme et la procréation. Cela paraît
tout simple. Mais l’histoire nous apprend que
les choses se compliquent lorsque la définition
s’incarne dans des personnes réelles, et des
cultures et des époques différentes. Cette
diversité pousse l’esprit post-moderne à
envisager ce qui lui apparaît comme une simple
extension de l’institution, englobant une
nouvelle version du mariage : l’union de
deux personnes de même sexe.
Six
critères ou aspects, qui se recoupent, servent
habituellement à établir s’il y a ou non
« mariage » entre deux personnes :
1) la différence sexuelle; 2) la
capacité de procréer; 3) la conformité des
actes sexuels à la « nature »; 4) la
reconnaissance institutionnelle de l’union; 5) les
objectifs du mariage; 6) le fait d’élever
des enfants. Je vais les passer en revue, espérant
atténuer l’incompréhension mutuelle qui creuse
le fossé entre position essentialiste et point de
vue post-moderne.
La
différence sexuelle
Dans
le texte signé par le cardinal Joseph Ratzinger,
préfet de la CDF, on lit : « Aucune idéologie
ne peut effacer de l’esprit humain cette
certitude : le mariage n’existe qu’entre
deux personnes de sexe différent »
(paragraphe 2). Cela suppose, évidemment,
qu’hommes et femmes diffèrent sur les points
qui importent. Pourtant, en dehors du domaine de
la reproduction, la plupart des gens peinent à énoncer
des distinctions fondamentales entre femmes et
hommes. Certaines femmes peuvent accomplir presque
tout ce que font les hommes, et vice versa. Peu
d’hommes pourraient l’emporter sur Annika
Sorenstam au golf, ou diriger Hewlett Packard
mieux que Carly Fiorina. Aujourd’hui, des épouses
à l’esprit combatif se rendent chaque
matin à leur bureau d’avocats, et des époux au
cœur tendre restent au foyer pour veiller sur
leurs enfants. Autant il nous est difficile de
cerner les différences psychologiques et
spirituelles entre hommes et femmes, autant il
nous est difficile de dire en quoi, au plan
essentiel des relations interpersonnelles,
l’accord liant un homme et une femme qui se
marient diffère d’un accord liant, disons, deux
femmes.
Cette
absence de distinction décisive a beaucoup
d’importance, car aux États-Unis la plupart des
gens se marient d’abord et avant tout parce
qu’ils veulent passer leur vie ensemble; la
dimension sexuelle ne vient qu’en second lieu.
Le poète John Milton, opposé à l’idée de
considérer l’adultère comme seul motif de
divorce, a fait observer de façon pénétrante
que cette position restrictive recèle un effet
pervers, en ramenant le mariage à la sexualité.
La complémentarité qui se manifeste entre les
époux dans leurs jeux, leurs discussions, leur
travail commun est plus significative que la façon
dont ils s’unissent sexuellement. Dans les
faits, le rôle des rapports sexuels est
habituellement
bien plus de souder l’union entre les
partenaires que d’entraîner la conception.
Comme les homosexuels peuvent tout à fait vivre
ensemble et s’unir physiquement, la logique
post-moderne admet difficilement que la différence
biologique puisse fonder la légitimité d’un
type d’union et l’illégitimité d’un autre.
Les
frontières entre hommes et femmes sont d’autant
plus incertaines que certains individus se sentent
comme enfermés dans un corps masculin ou féminin
alors qu’intimement ils ont l’impression
d’appartenir à l’autre sexe. J’ai entendu récemment
une femme commenter le changement de sexe d’un
parent à elle : elle n’avait rien contre
le fait, mais se récriait parce que cet homme
« laid à faire peur » était devenu
« belle à mourir »… Je me suis
demandé sur quels critères moraux on pouvait
s’appuyer, avant et après la chirurgie, pour décider
si il-elle devait se marier avec un homme ou avec
une femme.
La
capacité de procréer
La
raison « normale » de définir le
mariage comme l’union d’un homme et d’une
femme est bien entendu la complémentarité des
sexes aux fins de la reproduction. La CDF soutient
que l’union homosexuelle ne saurait être un
mariage puisqu’elle ne peut déboucher sur le
don de la vie et ne satisfait donc pas à ce critère.
Le raisonnement est limpide.
Vingt-cinq
ans après la naissance du premier bébé-éprouvette,
les choses sont moins claires. Les nouvelles
technologies de reproduction (NTR) sont si
largement acceptées que de nombreux États
obligent les compagnies d’assurances à offrir
une couverture aux gens qui y recourent. Elles
nous amènent en tout cas à réviser notre idée
de la procréation. La conception et la mise au
monde d’un enfant peuvent aujourd’hui nécessiter
un apport de quatre personnes différentes (pour
le sperme, l’ovule, la nidification et la
gestation). La manipulation des embryons est de
nature à rendre nos origines encore plus
difficiles à retracer. Or, les parents adoptifs
affirment, avec raison, être de vrais parents.
Dans les circonstances, il paraît moins anormal
à l’esprit post-moderne que deux personnes
homosexuelles assument le rôle de parents.
La
position officielle de l’Église catholique est
que la conception d’un enfant doit résulter du
rapprochement sexuel d’un homme et d’une femme
unis par le mariage. La logique post-moderne ne
trouve là rien de déraisonnable, mais pose la
question de savoir pourquoi ce mode de procréation
est le seul qui soit moral. Comprenons-nous :
il ne s’agit pas de consentir à toutes les
possibilités ouvertes par les NTR et
l’adoption, mais de saisir le processus par
lequel, au fil des changements des vingt dernières
années, nourri des concepts de la logique floue,
l’esprit post-moderne en est venu à envisager
l’acceptation de la famille dirigée par un
couple homosexuel. Autre est la question de
savoir s’il nous faut, comme société, repenser
la manière dont nous faisons les enfants.
Actes
sexuels licites et illicites
Pour
la pensée essentialiste, la nature même de la
sexualité suppose que l’organe mâle qui
convient se joigne à l’organe femelle qui
convient, de la façon qui convient, dans les
circonstances qui conviennent et pour les
raisons qui conviennent. Tout le reste est
contraire à la nature, et par conséquent à la
morale.
Il
est douteux que les hétérosexuels mariés s’en
tiennent à cela. Maris et femmes s’embrassent,
se caressent, prennent leur douche ensemble,
pratiquent le cunnilingus, la fellation, la
masturbation
voire le coït anal. Ces actes ne sont pas
seulement des préliminaires, les partenaires les
choisissent pour se procurer mutuellement du
plaisir. Aujourd’hui, bien des gens ne les
trouvent pas « contre-nature », mais
considèrent qu’ils font partie du domaine de
l’acceptable, et seraient mal à l’aise de les
déclarer mauvais venant des homosexuels.
À
vrai dire, il y a longtemps que la tradition
essentialiste s’embourbe dans la définition des
actes sexuels authentiquement « naturels ».
Pour Augustin et Thomas d’Aquin, les actes
sexuels fermés à la procréation sont plus
contraires à la nature que les rapports avec des
prostituées susceptibles d’entraîner une
grossesse. On sait aujourd’hui que la plupart
des actes sexuels, même au sein du mariage, sont
inféconds et, à la lecture d’Humanae vitae,
on croit comprendre que, désormais, « naturel »
équivaut à peu près à « non fermé à la
procréation par une intervention humaine délibérée ».
On peut dire que cette définition s’applique
aux rapports homosexuels… Lorsque, après
Vatican II, les catholiques ont commencé à
lier plus étroitement le rapprochement sexuel à
l’expression de l’amour qu’à la procréation,
il est devenu plus difficile de voir en quoi les
actes homosexuels diffèrent absolument des actes
hétérosexuels.
Le
reconnaissance institutionnelle de l’union
La
CDF fait remarquer avec raison que, si le droit
civil accorde une reconnaissance institutionnelle
au mariage, c’est parce que celui-ci garantit la
suite des générations et sert ainsi le bien
commun. Logiquement, un mariage hétérosexuel infécond
ne devrait pas jouir de la même reconnaissance.
Néanmoins, l’Église et la société ont décidé
qu’il était « assez proche » de la
norme pour bénéficier d’avantages et
protections importants de la part du système. Or,
on voit maintenant des couples homosexuels
solliciter la reconnaissance légale de leur
union, pour assurer justement légitimité et
stabilité à leurs enfants. Devant cette diversité
de situations, la Cour suprême du Vermont a statué,
en 1998, que les couples homosexuels ont droit,
sinon au même « mariage », du moins
aux mêmes privilèges que les couples hétérosexuels.
Dans
sa forme actuelle, le mariage remplit bien
d’autres fonctions que la procréation :
c’est un lieu d’engagement entre deux
personnes, de relations permanentes,
d’exclusivité sexuelle, de droits économiques.
À première vue, ces avantages sont aussi bons
pour les homosexuels que pour les hétérosexuels
et supposent, à ce titre, une reconnaissance équivalente.
La
CDF plaide avec de bons arguments contre une
acception trop large du mariage. Pourtant, l’Église
elle-même a toujours eu du mal à cerner les
conditions nécessaires pour qu’un mariage
puisse être contracté et, surtout, jugé valide.
Force est de constater, à tout le moins, que
certains couples légalement mariés ne réunissent
pas toutes les conditions : vivre ensemble,
avoir des relations sexuelles, des enfants, un
seul partenaire… D’ailleurs, l’Église
affirme que les conjoints séparés (divorcés)
restent mariés, même s’ils n’ont rien en
commun, hormis les mauvais souvenirs.
Quant
à la pensée post-moderne, c’est son aversion
pour les définitions restrictives qui lui
complique la tâche de déterminer quand il y a
mariage. Si, comme on l’affirme, le mariage
tient à l’intimité et à la durée de la
relation, alors, une fille qui se consacre à sa mère
vieillissante pourrait épouser cette dernière.
Les esprits post-modernes sont donc partagés.
Certains sont ouverts au mariage homosexuel, y
voyant simplement une variante nouvelle au sein
d’une institution toujours en évolution.
D’autres trouvent un terrain d’entente dans
l’idée d’un « partenariat officialisé ».
D’autres encore pensent qu’il y a des bornes
à ne pas dépasser et que cette idée mérite, au
mieux, la tolérance.
Les
objectifs du mariage
Il
serait plus facile d’évaluer la possibilité de
l’union homosexuelle si les « objectifs »
du mariage pouvaient être établis. Au fil des siècles,
beaucoup de choses de valeur inégale ont été
dites sur cette question. Pour Augustin et la plus
grande partie de la tradition catholique, la but
premier du mariage est la procréation. Jean
Chrysostome, dans son « Homélie sur le
mariage », écrit que le premier but du
mariage n’est pas d’assurer la procréation
mais d’empêcher la fornication. Pour de
nombreux théologiens contemporains, le but du
mariage est la formation d’une alliance
amoureuse
pouvant trouver son expression dans la rencontre
sexuelle.
Supposons
trois couples, candidats au mariage. Le premier
avoue ne pas s’aimer mais veut avoir des
enfants. Le deuxième se sent coupable d’avoir
des relations sexuelles et aimerait les
légitimer.
Le troisième s’aime et souhaite la vie commune
mais n’aura jamais d’enfants, pour des raisons
génétiques. Chacun de ces couples poursuit
l’un des buts reconnus au mariage. La plupart
des catholiques américains écarteraient la
demande du premier, exprimeraient de fortes réticences
à l’égard du deuxième et se rendraient au vœu
du troisième. L’union homosexuelle correspond
au deuxième et au troisième cas.
Élever
des enfants
Finalement,
qui doit élever les enfants ? La réponse de
la CDF est claire : leurs parents
biologiques.
Le cardinal Ratzinger écrit qu’on leur ferait
violence en les insérant dans une union
homosexuelle au moyen de l’adoption, les privant
ainsi d’un père ou d’une mère; « une
telle pratique serait gravement immorale »
(paragraphe 7).
C’est
oublier que les classes aisées ont toujours confié
leurs enfants à d’autres : nourrices,
gouvernantes, autres familles, pensionnat. La
monoparentalité, qu’elle résulte du divorce,
du décès de l’un des parents ou de
l’adoption, est fréquente et viable.
L’essentiel est de savoir si certains types de
couples parentaux sont susceptibles d’influencer
négativement les enfants. Pour le cardinal
Ratzinger, le fait d’avoir des parents
homosexuels entrave de façon injustifiable la
croissance normale de l’enfant. Mais bien des
gens ont constaté que les parents homosexuels
peuvent donner la vie et l’amour à des enfants
qui, sans eux, seraient privés de ces trésors.
Il
faut donc poursuivre un dialogue sincère sur la
nature du mariage, entre courants d’idées et
entre personnes. Sinon, la logique de la CDF sera
en décalage par rapport à la réalité qu’appréhende
l’esprit post-moderne. Et ce que celui-ci éprouve
comme « raisonnable » ne sera que pensée
molle aux yeux de la CDF.
Au
cours de l’histoire, le visage du mariage a
souvent été refaçonné par l’évolution
culturelle. Certaines règles, telle
l’obligation faite au violeur d’épouser sa
victime, ne cadrent pas avec la réalité
actuelle. D’autres, comme la nécessité d’une
alliance amoureuse, semblent aller de soi. Nous
verrons si l’union homosexuelle est propre à
faire reculer ou avancer cette institution
centrale entre toutes qu’on appelle mariage.
1.
On peut en lire le texte sur
le site du Vatican.
COMMONWEAL,
24 octobre 2003
©2003
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(Traduction
: Johanne Archambault)
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