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Les services essentiels pour une communauté chrétienne du 3ème millénaire 
Richard Guimond

I. LES SERVICES ESSENTIELS

A.    Le service de la confiance 

Que nous souhaiter en priorité dans nos manières de faire Église? À ce genre de question, il y a une réponse qui me plaît énormément. C’est celle que propose le théologien et psychothérapeute Eugen Drewermann dans le livre La parole qui guérit (éd. Du Cerf, 1991 : pp.107-108).

L’Église, comme le fait remarquer Eugen Drewermann, n’a pas à être forteresse solide – cela, c’est à Dieu de l’être. Elle devrait plutôt consister en une petite communauté d’hommes et de femmes capables de se rencontrer sans angoisse, une communauté qui ouvrirait un espace de confiance tel que ses membres se réengendreraient eux-mêmes dans la confiance que Dieu a déposée dans notre cœur. Un service, me semble-t-il, tout-à-fait essentiel : le service de la confiance. Dans notre monde de maintenant comme dans celui d’hier, il y a beaucoup de détresses, de maladies cruelles et de peurs lancinantes et terrifiantes. Ce qui a toujours existé, mais est aujourd’hui davantage médiatisé.

Dans ce contexte, le service de la confiance ne devrait-il pas consister tout d’abord en une insertion au cœur des détresses spirituelles et autres qui nous tenaillent?

B.     Le service de l’accompagnement 

Deuxième service essentiel : l’accompagnement des sœurs et des frères dans la foi. Un accompagnement qui peut prendre bien des formes. On a beaucoup parlé, il n’y a pas si longtemps, de « direction spirituelle ». Il y avait alors de nombreux directeurs spirituels-prêtres disponibles. Cette espèce est maintenant très rare, pour ne pas dire pratiquement disparue. Ce service était devenu ambigu. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de grands cheminements de foi et d’intériorité, malgré un vocabulaire pas très heureux. Il y a eu des maîtres spirituels tout-à-fait respectueux. J’en ai fréquenté un de ce genre au milieu des années cinquante. Mais chez Jean de la Croix, Thérèse d’Avila et d’autres, il y a toujours eu des inquiétudes quant au rôle joué par certains « directeurs spirituels ».

La personne accompagnée n’est pas d’abord un numéro chanceux pour celle qui l’accompagne. La perspective est plutôt d’aider, d’apprendre à se tenir debout et de guider par la découverte en soi d’un dynamisme par trop ignoré. Ainsi faisait Jésus dans ses rencontres avec des personnes angoissées, enchaînées et prisonnières des étroitesses institutionnelles. C’est un guide qui n’impose pas; il accompagne d’une manière discrète qui respecte totalement la liberté de la personne accompagnée. Tout en criant casse-cou au moment opportun, l’accompagnateur doit être d’une confiance tranquille et sans air préoccupé. C’est à la personne accompagnée de faire le tracé et de décider du parcours.

Une Église de l’accompagnement, c’est une Église de cette parole et de cette présence qui ne nous laisse jamais isolés sur les chemins de Dieu. C’est une Église qui nous rappelle de manière crédible que le seul compagnon qui ne nous manque jamais, c’est le Christ lui-même. Même quand il se fait plus absent que présent et qu’il nous donne l’impression de dormir à l’arrière de la barque alors qu’à l’avant nous sommes au comble de l’agitation.

Dans ce contexte, voici trois des enjeux que le document Risquer l’avenir proposait à l’église du Québec :

§         Réussir à faire grandir, chez les baptisés pratiquants adultes une foi personnelle, vivante et critique qui en fasse des disciples de Jésus.

§         Réussir à reproposer Jésus Christ et son Évangile aux personnes éloignées de l’Église mais engagées dans une recherche spirituelle.

§         Réussir à former des agents de pastorale qui soient capables de vivre et d’encourager la co-responsabilité et de soutenir les membres des communautés dans leur démarche spirituelle.

C. Le service de la connaissance mutuelle   

     Cette connaissance mutuelle me semble d’une très grande urgence. Car, en pastorale comme ailleurs, on ne fait rien de vraiment valable sans connaissance mutuelle par le cœur et non seulement par la raison et les statistiques. Ne conviendrait-il pas de revenir tout simplement à ce qui est écrit du bon pasteur, au chapitre dixième de l’Évangile selon Jean : « Je suis le bon pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » La note de pied de page de la Bible de Jérusalem fait remarquer ceci : dans la Bible, la connaissance « procède non d’une démarche purement intellectuelle, mais d’une expérience, d’une présence ». Donc, une écoute, une attention, un respect, un amour.

       La prise très au sérieux des propos de l’Évangile selon Jean pourra nous inciter à soigner davantage la rencontre interpersonnelle ou de petits groupes, dans laquelle le récit de la vie en joyeux cours, en débat ou en combat sera respecté. De ces rencontres et de la ferme décision de leur faire place, pourront jaillir des initiatives et des qualités de présence  que la seule gestion dite rationalisée ne pourra jamais susciter. Que les sœurs et frères se connaissent par le cœur et qu’ils connaissent leur pasteur de la même manière.  Et qu’il en soit ainsi du pasteur vis-à-vis ses frères et sœurs dans la foi. Un chemin tout simple. Mais le plus grand et le plus prometteur.

       J’avais un oncle prêtre. Il est décédé en 1969. Il était le frère de ma mère qui était critique quant au style de certaines interventions de son frère en chaire. Il y faisait des colères vibrantes dont certaines sont restées dans les mémoires. Après la mort de mon oncle, j’ai eu l’occasion de parler avec quelques uns de ses anciens paroissiens de son style d’intervention. J’ai même évoqué ses colères; on m’a répondu ceci : « Bien sûr que le curé Lord se fâchait en chaire. Mais on le connaissait. Il était si bon. » Ce qui suppose connaissance mutuelle et par le cœur. À ce régime, on est gagnant de part et d’autre.

D. Le service de la réflexion 

Étudier n’est pas apprendre comment être intelligent mais comment écouter, soulignait le Maître de l’Ordre des Dominicains. Il citait alors Simone Weil : « la formation de la faculté d’attention est le but véritable et presque l’unique intérêt des études ». L’étude ainsi conçue devient alors un volet indispensable de la vie en Église, s’il est vrai que le rôle de l’Église est d’être présente au monde et à son écoute pour y reconnaître la fécondité de la Parole d’avenir déjà à l’œuvre.

Nous avons peut-être à nous refaire des convictions quant au rôle de l’étude dans la vie de foi en Église. L’étude ne peut-elle pas nourrir la contemplation? L’étude ne peut-elle pas écarter certaines bévues, niaiseries ou regrettables contrefaçons causées par l’ignorance? L’étude ne peut-elle pas contribuer à former le jugement pratique? Est-ce que la vie en Église ne pourrait-elle pas beaucoup changer si l’étude devenait une dimension incontournable de la pastorale? Est-ce que l’étude, la réflexion, la lecture ne créent pas des solidarités qui aident à articuler l’espérance? Toutes les disciplines – littérature, poésie, histoire, philosophie, théologie, psychologie, sociologie, physique, biologie, économie, etc… peuvent être des alliées dans notre recherche de Dieu et des manières de vivre selon ses priorités.

L’étude : un plaisir

Il faut retrouver la joie de l’étude sous toutes ses formes. « L’intelligence, écrivait Simone Weil, ne peut être menée que par le désir. Pour qu’il y ait désir, il faut qu’il y ait plaisir et joie… La joie d’apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs ». « Étudier, poursuivait Timothy Radcliffe, devrait être une simple partie de notre joie d’être pleinement vivants. La vérité est l’air que nous sommes faits pour respirer… La doctrine ne doit pas endoctriner, mais nous rendre libres pour poursuivre notre route. »  

Que pouvons-nous faire de mieux en Église que de partager une vie qui respire bien, une vie libérée et la joie de poursuivre une recherche studieuse, contemplative et fraternelle enracinée dans une sagesse qui fait notre joie?  

L’étude : passion et courage

Je voudrais évoquer un témoin de l’étude comme passion et courage : Marie-Joseph Lagrange, dominicain, fondateur en 1890 de l’École Biblique de Jérusalem. Une grande intuition. Débuts très humbles : presque pas d’instruments de travail, quatre professeurs, cinq étudiants. Le but du Père Marie-Joseph Lagrange : faire place à la modernité historique et critique dans les études bibliques. Cette visée a été lourde de conséquences pour le Père Lagrange : interdictions de parler et d’écrire sur certains sujets afin de ne pas froisser les tenants de l’orthodoxie malgré tout, même le bon sens! Comme le fait remarquer Gilles-Dominique Mailhiot, dominicain, qui a étudié durant trois années à l’École Biblique de Jérusalem, le Père Lagrange a ouvert « des voies au renouveau biblique dans l’Église… en acceptant de relever le défi posé par l’exégèse rationaliste qu’il entendait combattre en utilisant les mêmes armes que ses adversaires.» (L’Église canadienne, mars 1991). Le Père Lagrange s’est battu pour l’honneur des bonnes études dans l’Église. Pour lui, rien n’était plus navrant que l’inculture doctrinale, l’incompétence intellectuelle et l’insuffisance scientifique du clergé. « Je suis trop passionnément attaché à l’Église romaine pour ne pas espérer que nous sortirons de la situation d’infériorité intellectuelle où nous sommes sur certains points. L’évidence qui s’impose à mon esprit de nouvelles méthodes et un ardent désir de contribuer à ce qu’on sorte d’une stagnation peu honorable sont aussi des forces. » (Propos du Père Lagrange, cités par Bernard Montagnes, Le Père Lagrange, éd. Du Cerf, 1995, p.62).

Pour Marie-Joseph Lagrange, le vrai, issu de la révélation biblique, ne peut être en contradiction avec le vrai, découvert par la critique historique. Pour lui, les « niaiseries » de certains auteurs soi-disant orthodoxes font autant de tort à l’Église que certaines audaces. Un savant croyant n’a pas le droit, par esprit de parti, de porter au pinacle les médiocres productions plus pieuses que vraies de ceux qui croient ainsi servir l’Église.  

Le défi

Pour Lagrange, le défi consistait à recevoir la Bible comme Parole de Dieu en jouant à fond le jeu de la critique. Rigueur scientifique et visée théologale. Au sujet de l’absence de rigueur scientifique, le Père Lagrange, évoquant Monseigneur Merry del Val, secrétaire d’État au Vatican, disait que ce dernier serait plutôt porté à croire que la baleine a été avalée par Jonas plutôt que de laisser mettre en doute le contraire!  

Le Père Lagrange a toujours tenu très fort à ce que l’École biblique et le couvent dominicain St-Étienne de Jérusalem aient partie liée. L’École devait trouver dans le couvent son cadre spirituel et le couvent, dans l’École, son cadre apostolique. Bref, un va et vient entre l’oratoire et le laboratoire. L’idéal, c’est que prière et étude, sans confondre leurs formalités, ne fassent qu’un seul et même vécu.  

L’étude et la vie de l’Église

Dans l’Église du début de ce 20e siècle comme dans celle du début du 21e siècle, un même défi à continuer de relever : faire place à l’étude sérieuse. Cette étude peut revêtir tant de formes, même fort simples, selon les besoins et les aptitudes. Cette priorité devrait être inscrite sur le portail de l’Église du troisième millénaire. Il se trouve de plus en plus de croyantes et de croyants qui n’acceptent plus et avec raison qu’on répète un certain nombre de niaiseries au nom de la Parole de Dieu proclamée et commentée. Les discours vides et sans intelligence passent de moins en moins, sauf dans les sphères obscures du fondamentalisme. C’est dire qu’un objectif s’impose de plus en plus clairement. Connaître et comprendre davantage les manières de s’exprimer de la Bible, en vue d’une prédication et de partages plus actualisés. Une priorité passionnante. Ceux qui craignent que Dieu y perde de la pertinence peuvent se rassurer. La vérité n’a jamais fait ombrage au vrai Dieu. Au contraire!  

 

II.  À LA FAVEUR DE LA PÉNURIE D'OBJECTIFS

A . Retrouver la fonction de l’assemblée       

Après une période d’endeuillement, voire de frustration, les membres des communautés chrétiennes, maintenant privées de la présence régulière du pasteur-prêtre traditionnel, auront à réfléchir au sens des assemblées qu’ils entendent tenir. Souhaitons qu’on en vienne à cette conviction tout à fait traditionnelle que la priorité chrétienne dominicale pourrait être moins identifiée à la messe dominicale.. Ce qui est une situation que la pénurie de prêtres peut contribuer à corriger. Sans faire l’apologie de la pénurie, elle peut être occasion de revenir à la fonction plus globale de l’Assemblée du dimanche.

 « Ne déchirez pas l’Église de Dieu en ne nous rassemblant pas »

Ainsi était formulée dès le troisième siècle dans un texte de la didascalie des Apôtres, l’invitation insistante à participer régulièrement à l’assemblée dominicale. C’était pour le bien d’une Église à garder vivante, vitalisante et agissante qu’on misait sur la présence des frères et sœurs dans la foi. Du reste, la première tâche de l’évêque, auquel le document de la Didascalie s’adressait, était de voir à ce que des assemblées aient lieu, afin de rassembler l’Église. Le principal objectif du rassemblement n’était pas individuel mais communautaire : construire l’Église quelque part et la rendre, en ce lieu, agissante à la manière de Jésus. D’où la nécessité de se rassembler afin d’entrer davantage dans la mentalité de Jésus. Premier souci, par conséquent : faire exister l’Église, ici et maintenant. En un lieu précis. Dans une conjoncture déterminée. Pour réaliser cela, on s’invitait avec empressement à ne pas se priver de la parole annoncée, de la prière commune et de l’eucharistie. Cette dernière, tout sommet qu’elle soit, n’était pas l’élément qui retenait toute l’attention : il y avait aussi, à ne pas oublier, d’autres éléments qui contribuaient à donner à l’assemblée une fonction plus globale répondant aux nécessités de la vie chrétienne en plein monde et fournissant en retour à la dimension eucharistique une meilleure surface portante.

La fonction globale de l’assemblée dominicale

Le chapitre 2ème du Livre des Actes des Apôtres fournit comme une sorte de sommaire de la vie en Église. Deux faits y sont à noter. D’abord, le relief du rassemblement des sœurs et des frères qui semblent se retrouver fréquemment au même lieu. Deuxième fait : l’assemblée est, selon une expression du jésuite Joseph Gelineau, artisan du mouvement liturgique, une instance englobante, c’est-à-dire qu’y est offert ce qui est essentiel à la vie en Église : un enseignement, une entraide fraternelle, une eucharistie, de la prière, de la mise en commun des biens et un envoi en mission. Quelque chose d’assez différent de ce que nous avons expérimenté et qui est plus fragmenté : l’eucharistie avec un service de la parole en ration congrue et certaines insistances, selon les dimanches et les besoins, sur la dimension caritative, catéchétique, fraternelle et missionnaire.  

La globalité de la fonction de l’assemblée dominicale nous est quelque chose d’étranger, pour ne pas dire d’étrange et de non avenu, ne serait-ce qu’en raison du temps que cela prendrait peut-être. Nous touchons là un point concret, à une habitude qui devra sans doute changer si nous voulons investir dans la tenue d’assemblées significatives. Peut-être sommes-nous appelés à expérimenter qu’un certain « temps perdu » dans la gratuité peut devenir du « temps gagné » et du sens partagé pour un meilleur bonheur!  

Grâce à une qualité d’animation et de présence peut se réaliser ce miracle du temps qui paraît court, parce qu’arrimé à notre vie. Alors que certaines rencontres de quarante minutes peuvent être si lassantes!

Une assemblée dominicale sans messe n’est-elle qu’un pis-aller?

Il faut dire d’emblée que nous ne favorisons pas toujours par certains discours réducteurs la création d’une appréciation honnête des assemblées d’Église autres que la messe. Par exemple, quand on écrit et répète sans cesse que l’eucharistie est un sommet, que la messe est la forme la plus parfaite de l’expérience chrétienne et liturgique, ne risque-t-on pas, ce faisant, de prôner l’acceptation à n’importe quelle condition d’une messe célébrée tant bien que mal? Et du même coup, ne dévalorise-t-on pas tout effort qui concourt à donner davantage de sens à nos assemblées? Est-ce qu’un tel effort ne pourrait pas donner à l’Eucharistie, lorsqu’elle pourra être célébrée, une portée plus intense?

Tout faire pour se trouver un prêtre malgré tout et l’user jusqu’à la corde, est-ce un bon discernement? Ce n’en est même pas du tout. On ne se préoccupe guère alors de l’état de santé et de surmenage de ce pasteur-prêtre pour la circonstance ni de sa capacité de s’investir dans une homélie signifiante. Il y a pourtant une éventualité qui ne semble pas réversible. Dans dix ans ou moins, il se peut que bien des communautés se trouvent soudainement dans le désarroi parce qu’elles n’auront pas développé d’autres manières de se rassembler que de faire eucharistie. Même si certaines célébrations eucharistiques laissaient sur l’appétit et le désir inassouvi. Le débat à tenir, et le vrai, pourrait donc se formuler ainsi : faut-il à tout prix et n’importe où participer à une messe plutôt qu’à un rassemblement de sa communauté locale? La réponse de la grande tradition, c’est la participation au rassemblement de sa communauté, car c’est là que la Bonne Nouvelle peut prendre corps dans un milieu concret de première et quotidienne appartenance.  

B . Favoriser la créativité :            

Le bon usage de pénurie

Les assemblées d’Église animées par des baptisé(e) non-prêtres seront peut-être difficiles à accepter par certains. Sans doute faut-il prendre acte de la nécessité de vivre, à cet égard, un certain deuil. Or, on sait que le deuil se vit selon certaines étapes de l’ordre du refus, de la colère, de la frustration, du marchandage, de la dépression et finalement d’une acceptation qui ouvre à une croissance dans une situation donnée. Mais rien de tout cela n’est magique. Je connais une communauté chrétienne où nous étions présents, les dominicains, depuis un certain nombre d’années. Quand nous avons décidé de nous retirer, faute d’effectifs, les responsables de la communauté ont vécu avec les membres les étapes de ce deuil, ce qui leur a permis de nommer ce qu’ils vivaient et de le porter dans une prière et un partage créateur non seulement de réconfort mais de nouvelle imagination.

Le bon usage de la soi-disant pénurie de prêtres, s’il comporte des limites et des manques, est aussi porteur de lignes de force. On apprend aussi, dans la pénurie, et parfois des choses déterminantes. J’en mentionne quelques unes :  

§         Le motif du rassemblement selon des modalités plus « naturelles », comme on se reçoit dans la vraie vie. Cela, il peut être fort bienfaisant de l’expérimenter en se donnant du temps, surtout dans les débuts.

§         La possibilité de réinventer la prière tant dans ses contenus que dans ses formulations. Il y a d’ailleurs de belles suggestions qui nous sont faites dans cette direction.

§         Le partage de la Parole selon des manières adaptées au format du groupe et à son cheminement. Là aussi, prendre ce temps du partage de la Parole pourra s’avérer une expérience positive.

§         La possibilité de cultiver une mentalité de louange et d’action de grâce nourrie d’un sens de l’émerveillement selon l’invitation de l’apôtre Paul : « soyez eucharistiques » et dans la vie et à même la vie. Ce qui pourra être fort précieux pour redonner à l’Eucharistie, quand elle sera célébrée, un envol à même une prise sur le réel, la découverte de beaux dons et charismes chez des membres de la communauté. Et de là, la possibilité d’appeler des ministres à remplir les fonctions nécessaires à la vie d’une église locale heureuse et présente à son milieu à travers des membres impliqués et transparents.

Richard Guimond, o.p.

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