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Dans le
Manifeste qui suit, je dis tout haut, contra
spem omnium, ce que j’espère de l’Église qui
est vivante dans le cœur de la majorité des
chrétiens et chrétiennes du monde.
Je m’identifie à
l’Église, Peuple de Dieu, qui met en pratique
toutes les orientations pastorales du Concile
Vatican II, spécialement le décret sur
l'œcuménisme « Unitatis redintegratio », la
déclaration sur les religions non-chrétiennes « Nostra
Aetate », la déclaration sur la liberté
religieuse « Dignitatis humanae » de même que la
constitution pastorale sur l'Église, dans son
document « Gaudium et Spes ».
Je suis
solidaire de l’Église qui rejette toute forme
d’intégrisme et tout groupe conservateur qui
avilissent et infantilisent des chrétiens et des
chrétiennes à travers le monde.
J’appuie
l’Église qui ne détient pas le monopole de
l’Esprit Saint, même si elle se sait protégée
par une grâce spéciale dans ses enseignements
doctrinaux, alors que ceux-ci sont toujours
réformables, afin de ne pas empêcher toute
évolution de la foi et son approfondissement
dans l’avenir.
J’appuie
l’Église qui refuse d’imposer le silence et de
faire ce celui-ci le moyen par excellence pour
régler les controverses ou contrer les opinions
dissidentes de théologiens et de pasteurs.
Je soutiens
l’Église qui s’engage à écouter les pauvres qui
osent parler de leur libération et dénoncer
l’injustice structurelle qui les écrase,
spécialement en Afrique et en Amérique Latine.
Je lutte avec
l’Église qui reconnaît l’égalité des droits
entre les femmes et les hommes et leur libre
accès aux différents ministères ecclésiaux.
Je m’identifie à
l’Église respectueuse du célibat volontaire,
mais qui refuse qu’un état de vie soit
spiritualisé au détriment d’un autre, au point
d’être imposé à ceux et celles qui veulent
exercer un ministère dans l’Église.
Je m’engage à
construire l’Église qui respecte la fragilité et
la dignité humaine, dans laquelle évolue et
s’épanouit la sexualité dans ses différentes
expressions hétérosexuelles et homosexuelles.
Je travaille
avec l’Église participative et démocratique qui
désire élire ses ministres responsables de
communautés locales et diocésaines.
Je collabore
avec l’Église qui respecte la Nature, défend
l’environnement et protège les ressources
naturelles de chaque pays et nation.
Je soutiens
l’Église accueillante, compréhensive qui, fidèle
à sa tradition millénaire fait mémoire
quotidiennement de l’amour et de la compassion
de Dieu en sa liturgie, ses sacrements et ses
engagements sociaux sur le terrain.
J’accompagne
l’Église qui refuse de condamner et
d’excommunier afin de permettre le cheminement
et la conversion.
Je m’identifie à
l’Église qui reconnaît la primauté de l’évêque
de Rome lorsqu’il respecte les Conférence
épiscopales et défend les décisions prises lors
des grands Conciles œcuméniques.
Je suis
solidaire de l’Église humble et fidèle qui
reconnaît ses fautes et qui demande pardon pour
ses erreurs et ses péchés commis à travers
l’histoire.
Je contribue à
l’Église multiculturelle qui veut s’enrichir au
contact des différentes expressions de foi à
travers le monde et qui cherche de nouveaux
chemins pour se rapprocher de Dieu.
Je soutiens
l’Église œcuménique qui reconnaît l’apport de
toutes les Églises chrétiennes et qui les
considère comme des sœurs dans la foi.
Je collabore
avec l’Église qui travaille avec les
intervenants et les groupes sociaux, dans leur
lutte pour la justice sociale, l’égalité, la
paix et la liberté de tous les êtres humains.
J’appuie
l’Église qui reconnaît la société laïque pleine
et entière, où l’autonomie et la séparation du
religieux et du politique sont définies dans
des lois claires et précises.
Je plaide pour
l’Église qui ne revendique aucun privilège
confessionnel et qui rejette tout « signe
religieux » (hormis les bijoux ou parures),
porté dans l’espace public par les responsables
de la santé, de l’éducation, de la politique,
de l’ordre public et militaire, tout en
respectant les normes du travail établies dans
les lois de chaque société.
Je défends le
droit de parole de l’Église et des autres
confessions religieuses dans les moyens de
communication, et j’affirme par ailleurs que la
liberté d’expression n’est pas absolue et sans
limite, pour n’importe quelle instance
juridique, médicale, éducationnelle, politique,
sociale ou religieuse.
Je m’éloigne de
l’Église qui refuse toute forme d’unions en
dehors du mariage sacramentel et traditionnel,
qui refuse le baptême aux chrétiens non
pratiquants, proscrit toute contraception,
condamne tout avortement thérapeutique et
rejette l’orientation sexuelle des gays et
lesbiennes.
J’appuie
l’Église qui se démarque du capitalisme
néolibéral qui lutte contre le développement
durable et la créativité des peuples : en les
affamant, en limitant leurs naissances, en
contrôlant leurs économies, en pillant leurs
matières premières, en leur imposant des
dictatures, en provocant des guerres meurtrières
entre eux, en détruisant l’environnement par la
déforestation et l’exploitation éhontée des
ressources naturelles de la planète.
Je collabore
avec l’Église qui travaille à mettre sur pied
une Éthique planétaire respectueuse des grandes
valeurs du christianisme et de l’humanité en
général (comme la dignité de l’être humain,
l’égalité entre les hommes et les femmes, la
liberté de conscience, la justice et le partage
avec les pauvres, l’amour et la compassion
envers le prochain, le pardon des ennemis, la
non violence, etc.), incluant la Déclaration
des droits humains, le respect de la terre et de
tous les êtres vivants.
Je m’engage
envers l’Église qui a l’audace de ses
convictions et qui témoigne de la présence
vivante et agissante du Christ crucifié qui
transforme toute chose jusqu’à son parachèvement
dans une Union-totale-en-Dieu.
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