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Plaidoyer pour une Église vivante
Marius Morin, m.s.a.

 

 


 

Dans le Manifeste qui suit, je dis tout haut, contra spem omnium, ce que j’espère de l’Église qui est vivante dans le cœur de la  majorité des chrétiens et chrétiennes du monde.

Je m’identifie à l’Église, Peuple de Dieu, qui met en pratique toutes les orientations pastorales du Concile Vatican II, spécialement le décret sur l'œcuménisme « Unitatis redintegratio », la déclaration sur les religions non-chrétiennes « Nostra Aetate », la déclaration sur la liberté religieuse « Dignitatis humanae » de même que la constitution pastorale sur l'Église, dans son document « Gaudium et Spes ».

Je suis solidaire de l’Église qui rejette toute forme d’intégrisme et tout groupe conservateur qui avilissent et infantilisent des chrétiens et des chrétiennes à travers le monde.

J’appuie l’Église qui ne détient pas le monopole de l’Esprit Saint, même si elle se sait protégée par une grâce spéciale dans ses enseignements doctrinaux,  alors que ceux-ci sont toujours réformables, afin de ne pas empêcher  toute évolution de la foi et son approfondissement dans l’avenir.

J’appuie l’Église qui refuse d’imposer le silence et de faire ce celui-ci le moyen par excellence pour régler les controverses ou contrer les opinions dissidentes de théologiens et de pasteurs.

Je soutiens l’Église qui s’engage à écouter les pauvres qui osent parler de leur libération et dénoncer l’injustice structurelle qui les écrase, spécialement en Afrique et en Amérique Latine.

Je lutte avec l’Église qui reconnaît l’égalité des droits entre les femmes et les hommes et leur libre accès aux différents ministères ecclésiaux.

Je m’identifie à l’Église respectueuse du célibat volontaire, mais qui refuse qu’un état de vie soit spiritualisé au détriment d’un autre, au point d’être imposé à ceux et celles qui veulent exercer un ministère dans l’Église.

Je m’engage à construire l’Église qui respecte la fragilité et la dignité humaine, dans laquelle évolue et s’épanouit la sexualité dans ses différentes expressions hétérosexuelles et homosexuelles.

Je travaille avec l’Église participative et démocratique qui désire élire ses ministres responsables de communautés locales et diocésaines.

Je collabore avec l’Église qui respecte la Nature, défend l’environnement et protège les ressources naturelles de chaque pays et nation.

Je soutiens l’Église accueillante, compréhensive qui, fidèle à sa tradition millénaire fait mémoire quotidiennement de l’amour et de la compassion de Dieu en sa liturgie, ses sacrements et ses engagements sociaux sur le terrain.

J’accompagne l’Église qui refuse de condamner et d’excommunier afin de permettre le cheminement et  la conversion.

Je m’identifie à l’Église qui reconnaît la primauté de l’évêque de Rome lorsqu’il respecte les Conférence épiscopales et défend les décisions prises lors des grands Conciles œcuméniques.

Je suis solidaire de l’Église humble et fidèle qui reconnaît ses fautes et qui demande pardon pour ses erreurs et ses péchés commis à travers l’histoire.

Je contribue à l’Église multiculturelle qui veut s’enrichir au contact des différentes expressions de foi à travers le monde et qui cherche de nouveaux chemins pour se rapprocher de Dieu.

Je soutiens l’Église œcuménique qui reconnaît l’apport de toutes les Églises chrétiennes et qui les considère comme des sœurs dans la foi.

Je collabore avec l’Église qui travaille avec les intervenants et les groupes sociaux, dans leur lutte pour la justice sociale, l’égalité, la paix et la liberté de tous les êtres humains.

J’appuie l’Église qui reconnaît la société laïque pleine et entière, où l’autonomie et la séparation du religieux et du politique sont définies dans des  lois claires et précises.

Je plaide pour l’Église qui ne revendique aucun privilège confessionnel et qui rejette tout « signe religieux » (hormis les bijoux ou parures), porté dans l’espace public par les responsables de la santé, de l’éducation, de la  politique, de l’ordre public et militaire, tout en respectant les normes du travail établies dans les lois de chaque société.

Je défends le droit de parole de l’Église et des autres confessions religieuses dans les moyens de communication, et j’affirme par ailleurs que la liberté d’expression n’est pas absolue et sans limite, pour n’importe quelle instance juridique, médicale, éducationnelle, politique, sociale ou religieuse.

Je m’éloigne de l’Église qui refuse toute forme d’unions en dehors du mariage sacramentel et traditionnel, qui refuse le baptême aux chrétiens non pratiquants, proscrit toute contraception, condamne tout avortement thérapeutique et rejette l’orientation sexuelle des gays et lesbiennes.

J’appuie l’Église qui se démarque du capitalisme néolibéral qui lutte contre le développement durable et la créativité des peuples : en les affamant,  en limitant leurs naissances, en contrôlant leurs économies, en pillant leurs matières premières, en leur imposant des dictatures, en provocant des guerres meurtrières entre eux, en détruisant l’environnement par la déforestation et l’exploitation éhontée des ressources naturelles de la planète.

Je collabore avec l’Église qui travaille à mettre sur pied une Éthique planétaire respectueuse des grandes valeurs du christianisme et de l’humanité en général (comme la dignité de l’être humain, l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de conscience, la justice et le partage avec les pauvres, l’amour et la compassion envers le prochain, le pardon des ennemis, la non violence, etc.),  incluant la Déclaration des droits humains, le respect de la terre et de tous les êtres vivants.

Je m’engage envers l’Église qui a l’audace de ses convictions et qui témoigne de la présence vivante et agissante du Christ crucifié qui transforme toute chose jusqu’à son parachèvement dans une Union-totale-en-Dieu.

 

 

 

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