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L'exercice de la primauté
Le prix à payer pour l'unité des chrétiens (suite)
Mgr John R. Quinn

V. Le système de la curie et l'épiscopat

Un thème dominant du concile Vatican II et de l’enseignement du pape Jean-Paul Il a été la participation des évêques dans le triple rôle du Christ comme prêtre, comme roi et comme prophète15. Ce rôle s'appelle également le triple rôle de sanctification, de gouvernement et d'enseignement. Dans le dialogue sur les formes et les manières d'exercer la primauté, on doit alors accorder une place importante au dialogue sur la manière dont le style et les politiques de la curie papale affectent à la fois le ministère du pape comme chef du collège épiscopal et le ministère collégial des évêques en communion avec lui.

La doctrine de la collégialité épiscopale est fermement en vigueur dans l'Église, explicitement affirmée par le concile Vatican II et fréquemment invoquée par le pape Jean-Paul II. En tout dialogue réaliste sur la primauté, on a porté quelque attention à la manière dont la collégialité est vécue et à la manière, non seulement en théorie, mais aussi dans la réalité, dont la curie papale – structure administrative – se rattache à la collégialité et favorise celle-ci, qui est une doctrine de foi.

La curie, c'est le bras du pape. Mais la curie court toujours le risque de se considérer elle – même comme un tertium quid. Quand cela se produit, au lieu de la structure dogmatique constituée du pape et du reste de l'épiscopat, on voit surgir une nouvelle structure, triple: le pape, la curie et l'épiscopat. Ce qui rend possible à la curie de se regarder comme exerçant surveillance et autorité sur le collège des évêques, de se voir comme subordonnée au pape, mais supérieure au collège des évêques. Dans la mesure où il en est ainsi et que cela se reflète dans les politiques et les actions de la curie, tant la doctrine que la réalité de la collégialité épiscopale en sont obscurcies et diminuées.

Et pourtant, le concile du Vatican indique explicitement que la curie est au service des évêques. "Ceux-ci [les départements de la curie romaine], par conséquent, accomplissent leurs tâches en son nom et avec son autorité [i.e., au nom et avec l'autorité du pape] pour le bien des Églises et au service des pasteurs sacrés16." Le même risque se retrouve également par rapport aux nonces papaux, qui peuvent facilement prendre sur eux un pouvoir directif exagéré par rapport à l'épiscopat d'une nation, affaiblissant la collégialité authentique de cet épiscopat. Les nonces, évidemment, peuvent aussi se révéler une source de grande force pour les épiscopats sous contrainte, en les encourageant et les appuyant, lorsqu'ils prennent des positions qui dénoncent l'injustice ou l'oppression d'une nation. Et les nonces peuvent jouer un rôle efficace de réconciliation dans des pays où l'épiscopat est divisé17.

15. Voir concile Vatican II, Dogmatic Constitution in the Church, 21.

16. Concile Vatican II, Decree on the Bishops' Pastoral Office in the Church, c. I, 9.

17. Voir ibid., n. 10.

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