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Soline Vatinel, co-fondatrice de B.A.S.I.C.
et autrefois porte-parole et membre du noyau
fondateur de l’organisme (elle s’est
retirée de ces postes lors de l’assemblée générale
annuelle d’avril 2002) a prononçé le
discours d’ouverture de la Conférence MODELER
LE CHANGEMENT (Shaping Change) : les femmes,
le diaconat et l’ordination à la prêtrise dans
l’Église catholique romaine, organisée
par OCW
(Ordination of Catholic Women) à Hobart, en
Tasmanie, du 22 au 24 novembre 2002.
Que
la paix et la joie du Christ ressuscité soit avec
vous.
C’est
à la fois un grand plaisir et un grand privilège
d’avoir été invitée à ouvrir cette conférence :
Modeler le changement : les femmes, le
diaconat et l’ordination à la prêtrise dans
l’Église catholique romaine.
Je suis pour cela profondément
reconnaissante aux courageux organisateurs.
Cela dépasse certainement ce dont
j’avais rêvé…
ce qui démontre une fois de plus que
l’imagination de Dieu est plus grande que la nôtre!
Bien, certainement plus que la mienne!…
C’est
merveilleux d’être ici ce soir, dans cette
magnifique partie de la planète terre de Dieu.
Je suis venue d’un pays situé de
l’autre côté du globe, une autre île, mais
c’est partout le même Esprit qui souffle.
Puisse
l’Esprit Saint ouvrir nos esprits et nos cœurs,
nos bouches et nos oreilles, afin que cette conférence
soit véritablement fructueuse à travers notre
partage. Et
puisse-t-elle être source d’une riche bénédiction
de joyeuse espérance pour nous tous.
Ce
qui m’est d’abord venu à l’esprit quand
j’ai commencé à réfléchir sur ce que
j’allais dire ce soir, c’est cette exhortation
passionnée de sainte Catherine de Sienne :
« Prêchez la vérité
comme si vous aviez un million de voix.
C’est le silence qui tue le monde. »
Et elle pourrait avoir ajouté :
c’est le silence qui tue l’Église! Eh bien, Catherine n’est certainement pas restée
silencieuse.
C’est
aussi ma responsabilité ce soir de partager avec
vous la petite part de vérité qui est la mienne.
Je vous l’offre, consciente qu’elle est
à la fois partiale (partielle) et personnelle –
et certainement pas infaillible – mais aussi
consciente que je ne peux pas vous la cacher.
Vous pourrez alors en faire ce que vous
voulez : la rejeter, la questionner, y réfléchir,
l’accepter, la nuancer.
J’ai
un message très simple pour cette conférence sur
la façon de donner forme au changement en ce qui
a trait à l’ordination des femmes et c’est
celui-ci : N’attendez plus.
C’est le temps maintenant.
Je répète : N’attendez pas.
J’ai la ferme conviction, par expérience,
qu’aussi longtemps que nous sommes prêts à
attendre, on nous fait attendre.
Et si nous sommes prêts à attendre indéfiniment,
eh bien nous serons en effet tenus d’attendre à
jamais. Cette
attente n’est pas une vertu : c’est de la
timidité déguisée en patience, un manque de foi
et d’amour sous couvert d’humilité.
La
meilleure définition de l’humilité,
certainement celle qui m’a été la plus utile
dans mon parcours, est celle-ci : l’humilité
c’est de connaître sa place… et de la
prendre. Oui,
et de la prendre.
Ne
pas la demander, ne pas mendier la permission,
mais la prendre.
Cette définition de l’humilité est basée
sur le Magnificat de Marie : « Dieu,
le tout-puissant, a fait pour moi de grandes
choses. »
Le 25 mars, fête de l’Annonciation, a été
choisi comme jour mondial de prière pour
l’ordination des femmes.
Et pour de nombreuses très bonnes raisons.
Mais
considérez seulement pendant quelques minutes
cette version alternative :
Marie
est informée par l’ange qu’elle a été
choisie pour
apporter le plus grand changement possible, de
fait le changement le plus radical : donner
naissance au Messie.
Ce
n’est pas un appel ordinaire.
Qu’est-ce que Marie dit? « Excusez-moi,
Ange Gabriel, mais je dois demander aux autorités
religieuses la permission de dire oui? Vous
comprenez, elles ont peut-être d’autres
projets! Et je devrai aussi consulter Joseph…. »
Et
donc Marie s’en va consulter les scribes qui se
moquent de ses présomptions et lui expliquent que
cela est complètement impossible : cela ne
s’est jamais produit auparavant, comment donc
cela pourrait-il arriver maintenant?
Et ils l’exhortent à chasser ces
grandioses idées de sa jolie petite tête.
Alors
Marie tente d’obtenir un rendez-vous avec le
Sanhédrin et le Grand Prêtre. Elle est finalement informée par un personnage religieux méprisant
que « le grand prêtre ne reçoit pas de
gens comme elle… »
Après tout, elle n’est personne, et ce
propos au sujet du Messie est tout simplement
ridicule. Qui
a besoin d’un Messie?
Certainement pas eux.
Nous nous en tirons très bien, merci.
Nous avons un bon système en place.
Un messie ne viendrait créer que plus de
complications et de bouleversements.
Alors
on fait attendre Marie.
Non,
elle ne peut pas répondre « oui » à
l’Ange Gabriel.
C’est bien dommage, mais elle n’en a
pas la permission.
Pas encore de toute façon, mais elle va
continuer d’essayer de persuader les autorités
religieuses que c’est une bonne idée.
Chaque
année elle refera sa demande à Jérusalem.
Entre-temps elle offre ses souffrances pour
le bien de son âme et pour le bien des gens.
C’est ce qu’un scribe érudit lui a
conseillé de faire.
Après tout, Dieu peut bien se permettre
d’attendre pour envoyer le Messie, si c’est réellement
ce que Dieu veut.
C’est une décision importante; on ne
voudrait pas se presser, etc.
Et
alors le Grand Prêtre, bien déterminé à faire
taire cette
Marie fautrice de troubles déclare une fois pour
toutes qu’il n’y aura jamais de Messie.
C’est la volonté de Dieu. Et il est l’expert
en volonté de Dieu.
Qu’est-ce qu’une femme pourrait
possiblement connaître de la volonté de Dieu?
Fin
de la discussion.
Eh
bien, ne sommes-nous pas drôlement contents que
Marie n’ait pas attendu, n’ait pas
demandé de permission et qu’elle ait simplement
dit oui : « Qu’il me soit fait selon
votre Parole. » Maintenant. Pas quand
tout le monde et spécialement ceux qui étaient
au pouvoir seraient d’accord.
Vous pouvez être assurés que si elle ne
l’avait pas fait, nous attendrions encore
l’Incarnation.
Merci mon Dieu pour l’humilité de Marie!
Cette
merveilleuse histoire de l’Annonciation montre
aussi clairement que Dieu n’a pas pris la peine
d’envoyer l’Ange Gabriel pour informer les
autorités religieuses, encore moins pour demander
leur opinion.
Et même à Joseph, le plus proche de
Marie, on a présenté un fait accompli.
Comme ce fut cavalier, de la part de Dieu,
de contourner toutes les autorités mâles pour
cet événement qui devait changer le monde!
Un dangereux précédent…
Je
vous demande ceci :
Quelle
est la plus grande vocation pour une femme :
être la mère de Dieu ou bien être prêtre, ou
diacre –ou évêque, de Rome ou de n’importe où
ailleurs? Si
Marie n’avait besoin de la permission de
personne pour accepter sa vocation, pourquoi en
aurions-nous besoin alors que notre vocation est
considérablement moindre que la sienne?
Je crois honnêtement que nous n’en avons
pas besoin.
À
ce point certains d’entre vous peuvent penser
que je m’aventure en terrain très dangereux,
que je prêche la révolution et la subversion.
Si c’est le cas, vous avez bien raison.
C’est exactement ce que je suis en train
de dire. Mais
alors, je me mentirais à moi-même si je disais
n’importe quoi d’autre.
Et je n’ai définitivement pas voyagé
aussi loin pour prononcer des paroles dans le
dessein de rassurer les puissants sur leurs trônes
ecclésiastiques à Rome ou dans leurs palais épiscopaux.
Il
y a une révolution en marche dans l’Église en
ce qui a trait à l’ordination des femmes – ne
vous méprenez pas. Et voici en quoi la révolution
consiste : les femmes disent oui à leurs
vocations. Et
il n’y a rien de plus révolutionnaire.
Si les femmes disaient seulement non aux
autorités religieuses, elles seraient de simples
rebelles et ce ne serait là qu’acte de défiance.
C’est ennuyeux mais on peut arrêter ça.
Mais on ne peut arrêter des femmes qui
disent oui à Dieu et c’est pourquoi elles sont
très dangereuses.
Nous
ne sommes pas des rebelles;
nous sommes remplies de foi.
Nous avons osé croire en la Parole de Dieu
pour nous. Un
changement réel, un changement radical survient
quand les gens disent oui à Dieu.
Ce oui a bien sûr des implications.
Il engage tout notre être et nous rend
totalement dépendants de Dieu.
Je peux vous dire par expérience qu’il
serait beaucoup plus facile de se conformer aux
autorités religieuses et de mettre un terme à
notre vocation, comme elles voudraient que nous
fassions au nom de Dieu,
que de dire oui à Dieu.
Je
me rappelle juste trop bien ma prière quand, âgée
de 17 ans, j’ai entendu pour la première fois
l’appel au ministère sacerdotal : « Ne
m’appelle pas, Ton Église ne veut pas de moi. »
Il m’a fallu de nombreuses années de
lutte contre l’ange avant de pouvoir répondre
oui; 16 ans en fait!…
Mais après cela il n’y a plus de retour
en arrière.
Plus de retour de soumission obéissante
aux hommes, même ceux des plus hauts rangs ecclésiastiques,
devant l’obéissance à Dieu.
Il devient alors impossible de nier ce que
Dieu a fait et fait présentement en nous.
Même si cela veut dire abandonner d’être
« de bonnes filles catholiques »’,
et tous les avantages et privilèges qui viennent
avec la connaissance de nos places aux pieds de
nos maîtres ecclésiastiques, en nous soumettant
à « la vérité infaillible » qui
fait taire la voix de Dieu en nous.
Je
veux affirmer que le fait de dire oui à Dieu rend
des femmes très désobéissantes. Et cette bonne nouvelle est en effet très mauvaise nouvelle
en ce qui regarde l’actuel statu quo du
gouvernement mâle sur les femmes dans l’Église.
Il est en train de s’effondrer sous le
poids de tous ces petits ouis, et tous les efforts
frénétiques du monde ne parviendront pas à le
sauver. Engageons-nous de tout notre cœur dans la Sainte Désobéissance!
Le service de l’Évangile en a besoin –
en fait il le demande.
Quand la vérité est dite, ce qui est
rare, on peut voir combien de femmes saintes ont été expertes à
le faire… Votre
propre Mary McKillop a eu le privilège d’être
excommuniée!…
Les
gens me demandent souvent : « Quand y
aura-t-il des femmes prêtres, des femmes diacres? »
Ma réponse est : « Il y a des
femmes prêtres et diacres.
La question est quand seront-elles
reconnues officiellement? »
Partout dans le monde un nombre croissant
de femmes catholiques romaines, laïques et
religieuses, mariées et célibataires, exercent
les ministères de prêtres et de diacres.
Je veux dire qu’elles administrent les
sacrements – oui, tous les sacrements – et prêchent
l’Évangile.
Dans les hospices, les hôpitaux, les
couvents, les prisons, les écoles, les maisons de
retraite, dans la brousse – et même souvent
dans les chapelles et les églises.
Je
parlais récemment à un prêtre jésuite des
femmes qui président à l’Eucharistie, et de
toute évidence l’idée ne lui était jamais
venue que cela pût se produire. Il me demanda incrédule : « Et prononcent-elles
les mots? » en pensant aux paroles de consécration. Oui, sur tous les continents, nous, femmes, prononçons les
mots. Pourquoi
ne le ferions-nous pas?
Pourquoi ne ferions-nous pas ce qui, par la
grâce de Dieu et le don de l’Esprit, est en
notre pouvoir de faire?
Il
vaut la peine de citer encore une fois le poème
bien connu de Frances Croake Franck sur ce sujet
de « Les Paroles »!
La
Femme a-t-elle dit
La
femme a-t-elle dit,
Quand elle l’a tenu pour la première fois dans
l’obscurité humide d’une étable,
Après la douleur et le sang et les larmes,
« Ceci est mon corps, ceci est mon sang »?
La
femme a-t-elle dit,
Quand elle l’a tenu pour la dernière fois dans
la pluie sombre sur une colline,
Après la douleur et le sang et la mort,
« Ceci est mon corps, ceci est mon sang »?
Eh
bien! qu’à lui alors elle l’ait dit,
Pour de vieux hommes secs,
Cachant leur stérilité sous des tuniques de
brocart,
À elle, interdit maintenant de le dire pour lui.
Mon
ami jésuite peut avoir eu un choc en entendant
une révélation comme celle-là, mais l’évêque
irlandais que j’informai il y a six ans du fait
que je présidais maintenant régulièrement l’Eucharistie
a été loin d’être bouleversé; à son tour il
me dit qu’il connaissait des femmes irlandaises
qui faisaient précisément la même chose depuis
au moins 10 ans.
Faire cela ne signifie pas qu’on cède à la satisfaction
de son amour-propre.
C’est répondre à un appel urgent de
l’Esprit, souvent à contrecoeur , et parfois la
réponse coûte beaucoup.
Ici, je pense tout particulièrement à Irène McCormack, une
religieuse missionnaire australienne au Pérou.
Aujourd’hui, je veux me souvenir d’elle
avec gratitude, comme prêtre et martyre.
Elle fut exécutée par le Sentier lumineux
en 1991. Quelques
mois avant d’être tuée par balle elle écrivait
une lettre qui fut publiée.
Il ne restait plus de prêtres dans le
village où elle était, elle était la seule
demeurée derrière, la seule ayant choisi de
rester avec les gens que Dieu lui avait confiés,
malgré le fait que sa vie était en danger.
Elle baptisait et célébrait avec eux,
mais il n’y avait pas d’Eucharistie.
Ils vinrent vers elle et lui dirent :
« Donne-nous l’Eucharistie. »
Au début elle n’a pas voulu.
Elle était femme et n’était pas ordonnée. Mais bientôt elle réalisa que Dieu l’appelait à le faire
et elle écrivit : « Ils
m’affranchirent pour que j’exerce le ministère
de l’Eucharistie parmi eux. »
Je la cite encore… « Non seulement est-ce un démenti
de la proclamation de Jésus qu’il n’y a pas
de distinction entre mâle et femelle, mais
c’est aussi un manque de considération pour les
difficultés de villageois comme les nôtres
partout dans le monde, ce fait que notre Église
continue de refuser son ministère officiel qui
est par nature « communion ».
Au moment où nous nous réunissons en mémoire
de Jésus dans nos petites communautés des Andes,
il n’y a aucun pouvoir ou aucune autorité sur
la terre capable de me convaincre que Jésus
n’est pas présent en personne… »
Suivant l’exemple de Jésus, Sœur Irène
McCormack a versé son sang pour les gens
qu’elle aimait.
Ainsi la vérité au sujet de la situation actuelle est
qu’un nombre croissant de femmes de l’Église
catholique romaine partout dans le monde exercent
un ministère de manières officiellement considérées
non seulement illégales mais aussi invalides.
Elles peuvent être illégales et invalides
selon les critères de la loi canonique, mais il y
a une loi plus grande, la loi de l’amour. Et cette loi de l’amour autorise les ministères de femmes
et les rend fructueux.
Ça ne finit jamais de m’étonner qu’on
puisse mettre en question la convenance que des
femmes soient ministres de la Parole et des
Sacrements, étant donné le fait que ce fut une
femme, Marie de Nazareth, qui nous donna Jésus,
l’unique grand sacrement.
Mais en ce temps-là, comme je l’ai dit plus tôt, cela ne
s’est pas fait avec la permission des autorités
religieuses mâles… Le sein d’une femme
n’aurait pas été jugé un lieu convenable pour
le Fils de Dieu…
Justement comme nos dirigeants officiels
d’aujourd’hui enseignent que les mains et les
voix des femmes ne sont pas assez bonnes…
contrairement à celles de leurs frères.
Comment pouvons-nous encore tolérer ce non-sens révoltant,
cet enseignement scandaleusement destructeur qui
revient à nous dire que le sexisme est un péché
dans le monde, mais que c’est la volonté de
Dieu dans notre Église?
Si nous croyons que ce n’est pas la
volonté de Dieu, nous sommes tenus par devoir, en
conscience, d’agir en conséquence.
Nous sommes appelés à la fois à demander
de changer tous les enseignements, lois et règlements
discriminatoires pour les femmes et en même temps
à y désobéir.
Continuer de fonctionner avec la discrimination après avoir
jugé en conscience qu’une telle discrimination
était injuste et contre la volonté de Dieu,
c’est se faire complice de cette injustice.
Par action ou par omission.
Moralement, nous ne pouvons pas attendre
que les autorités officielles nous donnent la
permission pour en finir avec ce péché contre
les femmes, la communauté de l’Église et Dieu.
Nous devons permettre à Dieu de nous
changer et de faire des changements maintenant.
Autrement nous abdiquons notre
responsabilité de membres baptisés et confirmés
de l’Église.
À ce propos, nous devons tous faire un
examen de conscience, en tant qu’individus et
que communautés.
Il y a quelques mois, on m’a demandé d’officier à un
mariage. C’était
l’intense désir de la mariée et de l’époux
de voir leur union bénie par une femme.
Ma première réaction fut proche d’une
certaine panique : un mélange de colère et
de peur. Pourquoi
moi? Et puis pendant que je priais à cette intention, j’ai
compris ce
qui m’arrivait réellement quand je me suis
entendue dire « Mon heure n’est pas venue. »
Et je songeai à Jésus aux noces de Cana.
Je me suis demandé s’il s’était senti
ainsi quand sa mère l’avait mis sur la sellette
pour lui demander de faire quelque chose? J’ai
su alors que je recevais le même irrésistible
coup de coude de Marie.
J’ai dit oui et j’ai ressenti une
grande paix : toute anxiété m’avait quittée.
Le mariage eut lieu le 8 septembre, anniversaire de Marie…
J’ai demandé à un ami prêtre de présider
l’Eucharistie; j’ai présidé la cérémonie
du mariage. Cela
semblait la chose la plus naturelle au monde,
profondément juste et bonne.
En fait il m’a semblé que j’avais fait
cela toute ma vie.
Je n’ai pas eu à jouer un rôle; j’ai
seulement dû être la personne que Dieu voulait
que je sois et laisser l’Esprit souffler
librement dans ma vie.
Peut-être que c’est ce dont nous avons le plus peur… que
va-t-il arriver si nous laissons libre cours à
l’Esprit dans nos vies, dans notre communauté,
dans notre monde?
Et à nouveau je répète mon message, avec
un grand sentiment d’urgence :
« N’attendons pas pour nous ouvrir
et ouvrir nos communautés à la puissance de l’Esprit
sous prétexte que nous ne pouvons le faire sans
permission. Nous
vivons un temps de profond changement dans notre
Église et dans notre monde.
Un temps de crise. »
Cette citation d’Eric Hoffer semble appropriée : « Dans les époques de
changement, ceux qui apprennent ont la terre en héritage
pendant que les érudits se découvrent
magnifiquement outillés pour faire face à un
monde qui n’existe plus. »
Quand il s’agit de femmes et de ministère, notre magistère
officiel uniquement mâle appartient
indubitablement à cette dernière catégorie.
Je vois une nouvelle Église naître
d’une Église mourante.
Celle qui se meurt étant maintenue en vie
par toutes sortes de moyens de plus en plus désespérés
de respiration artificielle.
Mais le souffle de l’Esprit n’est pas
en eux et par conséquent ils ne vont pas
fonctionner.
Ils servent seulement à prolonger
l’agonie et à augmenter la souffrance de toute
l’Église.
Je pense tout particulièrement aux mesures
répressives prises pour faire taire les
consciences.
Mais en même temps une nouvelle Église
vient au monde : l’Esprit nous appelle à
être mères et sages-femmes.
Maintenant.
Donc n’attendons pas pour dire oui.
Je voudrais conclure sur les mots d’un poète irlandais,
Seamus Heaney, mots qui m’ont été source
d’encouragement comme à beaucoup d’autres au
cours de la dernière décennie.
L’histoire
dit : « N’espère rien de ce côté
de la tombe.
Pourtant, une fois dans une vie,
Le raz-de-marée de la justice ardemment désirée
peut se soulever
Et faire rimer espoir et histoire.
Ainsi,
espère un profond changement de l’autre côté
de la vengeance.
Crois au rivage lointain que d’ici tu peux
atteindre.
Crois aux miracles et aux remèdes et aux
fontaines guérisseuses. »
Rendons
grâce à Dieu !
(
Pour joindre l’auteur : solinevatinel@hotmail.com
)
Traduction par Pauline Ouellet
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